Magazine Société

Barack Oussama Obama : "Dites toujours la vérité"

Publié le 04 juin 2009 par Tanjaawi

Le discours de Barack Obama salué à Ramallah
Le discours prononcé par Barack Obama à l’université du Caire est un "bon début" sur la voie de la réforme de la politique américaine au Proche-Orient, a jugé Nabil Abou Rdainah, proche conseiller du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.
"Son appel à l’arrêt de la colonisation et à la création d’un Etat palestinien, ainsi que ses propos sur les souffrances des Palestiniens (...) signifient clairement à Israël qu’un Etat palestinien avec Jérusalem pour capitale est le fondement d’une paix juste", a-t-il déclaré.
"Le discours du président Obama est un bon début et un pas important vers une nouvelle politique américaine", a ajouté Nabil Abou Rdainah.
Interrogé sur ce discours, un représentant du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu n’a fait aucun commentaire. Le chef du gouvernement n’est pas favorable au gel du développement des colonies et à la création d’un Etat palestinien prônés par Obama.
Le Hamas, qui a évincé les forces fidèles à Abbas de la bande de Gaza en juin 2007, n’a quant à lui noté aucun changement dans l’approche de Washington.
"Dire qu’il faut poursuivre la guerre contre l’extrémisme et oeuvrer en faveur de deux Etats pour les peuples de Palestine ne le démarque pas de la politique de son prédécesseur, George Bush", a commenté Aïmane Taha, représentant du mouvement islamiste à Gaza.

Barack Obama veut un nouveau départ entre USA et musulmans
Barack Obama, dans un discours jeudi à l’université du Caire, a plaidé pour un "nouveau départ" dans les relations entre les Etats-Unis et le monde musulman.
Voulant tourner la page des années Bush, le président américain a affirmé que les relations entre Washington et les pays musulmans devaient être fondées sur le respect et l’intérêt mutuels, non sur la compétition.
L’islam, a-t-il ajouté, a son rôle à jouer dans le monde pour combattre l’extrémisme et favoriser les efforts en faveur de la paix. "Les extrémistes ont exploité les tensions" entre l’Ouest et l’islam et ont trouvé un écho chez une "petite mais puissante minorité de musulmans", a-t-il déploré.
"Nous nous rencontrons à un moment de tension entre les Etats-Unis et les musulmans à travers le monde - une tension qui a des racines historiques qui remontent plus loin que le débat politique actuel", a-t-il dit.
"Je suis venu ici pour rechercher un nouveau départ entre les Etats-Unis et les musulmans du monde entier, fondé sur l’intérêt commun et le respect mutuel", a ajouté Barack Obama. "L’Amérique et l’islam ne doivent pas s’exclure, ne doivent pas être en compétition."
Le chef de la Maison blanche n’a avancé aucune initiative nouvelle pour résoudre le conflit israélo-palestinien.
Evoquant la situation en Cisjordanie, il a redit son opposition aux colonies juives mais a aussi demandé à tous les Palestiniens à renoncer à la violence et à reconnaître le droit d’Israël à l’existence.
Il a estimé qu’une course aux armements nucléaires au Proche-Orient entraînerait la région dans "une voie extrêmement dangereuse", tout en reconnaissant le droit de l’Iran à se doter du nucléaire civil "s’il assume ses responsabilités dans le cadre du traité de non-prolifération nucléaire".

Israël/Palestiniens : une solution à deux Etats est la seule réponse, déclare Obama
Le président américain Barack Obama a défendu jeudi la solution de "deux Etats" pour résoudre le conflit israélo-palestinien, seul moyen selon lui de mettre fin à la violence au Proche-Orient.
Tout en qualifiant d’"inaltérables" les liens unissant les Etats-Unis à Israël, le président américain a estimé que "la situation pour le peuple palestinien est intolérable".
"Les Etats-Unis n’acceptent pas la légitimité de la poursuite de la colonisation israélienne", a souligné M. Obama, notant que "la crise humanitaire en cours à Gaza ne sert pas la sécurité d’Israël".
Obama a ajouté que les Palestiniens, notamment le Hamas, devaient renoncer à la violence et qu’Israël devait, pour sa part, reconnaître à "la Palestine" le droit d’exister.

Barack Obama défend la liberté religieuse
"La liberté de religion est cruciale pour permettre aux gens de vivre ensemble", a estimé le président américain Barack Obama dans son discours à l’Université du Caire.
"Les gens dans tous les pays devraient être libres de choisir et de vivre leur foi", a-t-il plaidé.
"Parmi certains musulmans, il y a une tendance à mesurer sa foi à l’aune du rejet de la foi des autres", a observé le président américain.
Il s’est inquiété de la situation des coptes en Egypte, des maronites au Liban ou encore des tensions entre chiites et sunnites, notamment en Irak.

Barack Obama plaide pour l’éducation des filles
Le président américain Barack Obama a estimé jeudi que les femmes devraient pouvoir décider si elles souhaitent l’égalité avec les hommes.
Dans son discours à l’Université du Caire, il a assuré respecter les femmes qui choisissent des rôles traditionnels mais il a insisté pour que toutes les femmes aient ce choix. Pour cela, les filles doivent avoir accès à l’éducation, a-t-il plaidé.
Les Etats-Unis vont donc oeuvrer en partenariat avec les pays musulmans pour combattre l’illettrisme et encourager les femmes à travailler grâce à des programmes de micro-crédits.

Obama fait référence à ses racines musulmanes et au Coran
Le président américain Barack Obama a fait plusieurs fois référence à ses racines musulmanes et au Coran jeudi dans son discours au monde musulman à l’Université du Caire.
Barack Obama a notamment cité un passage issu du Coran : "Ayez conscience de Dieu et dites toujours la vérité". Il a ensuite précisé qu’il partageait cette conviction "enracinée dans ma propre expérience".
A un autre moment de son discours, il a de nouveau fait référence à ses racines musulmanes. Le président Obama a ainsi souligné que, s’il est chrétien aujourd’hui, son père était issu d’une famille kényane qui "inclut des générations de musulmans".
Il a également mentionné le nom d’un parlementaire américain, Keith Ellison, premier musulman à se faire élire au Congrès, et a noté que ce démocrate du Minnesota avait prêté serment "sur le même Coran que celui que l’un de nos Pères fondateurs, Thomas Jefferson, conservait dans sa bibliothèque personnelle".
Dans son discours, M. Obama a également cité la Bible et le Talmud juif pour appuyer son appel à de meilleures relations entre les Etats-Unis et le monde musulman.

Des réactions

Union européenne
Le discours du président américain "va ouvrir une nouvelle page dans les relations avec le monde arabo-musulman" et pour le règlement des conflits au Proche-Orient, a estimé le diplomate en chef de l’UE Javier Solana.

La France a salué le discours au Caire, y voyant une déclaration "majeure" tant du point de vue "symbolique" que "politique". "Il montre des Etats-Unis d’Amérique résolument tournés vers le dialogue, la tolérance, le respect mutuel, le refus de toute perspective de tensions entre cultures, entre civilisations", a déclaré le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Eric Chevallier.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a réuni ses proches conseillers à Jérusalem pour préparer une réaction au discours un haut responsable gouvernemental. Selon un haut responsable gouvernementa qui a requis l’anonymat, Netanyahu a ordonné à ses ministres de ne pas s’exprimer pour l’instant. La présidence du Conseil doit publier en guise de réaction un communiqué vers 16H00 locales (13H00 GMT).
Les relations entre les Etats-Unis et Israël traversent une phase très délicate en raison du refus du gouvernement de Benjamin Netanyahu de geler la colonisation et du principe de l’Etat palestinien.

En dépit de l’interdit de Netanyahu, le ministre israélien des Sciences Daniel Herschkowitz, du parti Foyer Juif (nationaliste religieux) a déclaré que "nos relations avec les Américains sont fondées sur l’amitié et non sur la soumission. Sur la question de la croissance naturelle dans les implantations, il faut dire aux Américains de ne pas dépasser les bornes".
"Ce discours nous fait craindre une remise en question de l’équilibre entre les Etats-Unis et Israël", a indiqué le chef du parti Foyer Juif Zevoloun Orlev. "J’ai le sentiment douloureux que nous sommes entraînés vers une dégradation des engagements traditionnels américains pour la sécurité, l’avenir et l’indépendance d’Israël", a-t-il dit.

L’Autorité palestinienne a salué comme un "bon début" ce discours dans lequel il a soutenu la quête des Palestiniens pour leur Etat. "C’est un discours clair et franc. Il constitue un pas politique innovateur et un bon début sur lequel il faudra bâtir", a déclaré Nabil Abou Roudeina, porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas.
Il a estimé que Obama avait rompu dans son discours avec "la précédente politique américaine partiale" en faveur d’Israël. "Ses propos sur la situation palestinienne intolérable sont un message qu’Israël doit bien comprendre", a-t-il ajouté.

Le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a relevé jeudi "un changement tangible" dans le discours du président américain, mais aussi "des contradictions". "Une des contradictions réside dans le fait qu’il a dit que le Hamas était soutenu par le peuple palestinien mais il n’a pas appelé au respect de la légitimité du Hamas qui a été démocratiquement élu", a déclaré le porte-parole du mouvement islamiste, Fawzi Barhoum.
Dans son discours, le président Obama a reconnu que le Hamas jouissait du soutien d’une partie de la population palestinienne, mais il a affirmé que pour "jouer un rôle dans la réalisation des aspirations palestiniennes" le mouvement devait "mettre fin à la violence, accepter les accords (israélo-palestiniens) passés et reconnaître le droit d’Israël à l’existence".

( Jeudi, 04 juin 2009 - Avec les agences de presse )http://www.aloufok.net


Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Tanjaawi 215 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazine