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Européennes… Au pays des aveugles…

Publié le 07 juin 2009 par Jfa

C’est fait l’Europe a voté. Soyons beau joueur, ne parlons pas de la participation électorale en Estonie et dans les pays nouvellement intégrés. Glissons sur celle de la Hollande (36,5%, à laquelle il convient d’ôter les blancs et nuls),… Partout en Europe, les peuples se désintéressent d’une construction qui se fait à leur détriment, qui enrichit les plus riches, bafoue les processus démocratiques nationaux et se mène en catimini.

Mais restons français. Certes, les résultats de cette élection sont à peine plus mauvais que ceux de l’élection de 2004 (une abstention à 57,2%), qui annonçait déjà le résultat du référendum constitutionnel. Là aussi, si l’on rajoute aux abstentionnistes les votes blancs et nuls, c’est impressionnant!

Mais si l’on examine le détail des chiffres, les couches populaires et les jeunes se désintéressent de cette élection bien plus massivement que ne le disent les chiffres de l’abstention… Et cela me semble tout à fait normal vu ce qu’est devenue la construction européenne.

Si l’on examine les résultats des  40% de votes exprimés, l’enfumage est total, permettant à l’UMP de clamer une grande victoire avec 28% de voix, c’est à dire en réalité autour de 10% des électeurs potentiels: les vieux majoritairement, comme aux présidentielles. Et, comme je le disais il y a quelques jours, (dans le cadre de 40% de votants, je le précise encore), la droite subit une cinglante défaite, la coalition (si elle est possible) des gauches est très majoritaire dans le pays, avec près de 45%, contre 40% aux droites.

Phénomène politique majeur, à gauche, dans le cadre  de cette répartition, et si ce fait se confirme, le PS n’est plus majoritaire et vient de perdre son rôle de pivot et référent.

Je vois trois  autres enseignements dans ce scrutin:

- La gifle que prend le PS qui, ayant abandonné ses électeurs au profit des luttes d’appareil et de la mise en scène de ses notables, avec un rôle ambigu sur les décisions européennes, reçoit la monnaie de sa pièce. Le Spectacle de Rézé apparaît maintenant dans toute sa vanité. Autour de 17%, le score de G. Marchais en 1981 n’est plus très éloigné et ce, même si les régionales devraient permettre, si le PS sait ouvrir largement ses listes et, localement se débarrasser de quelques planches pourries, de se refaire une petite santé. Localement toujours, la liste de l’homme de JN Guérini, le parachuté satisfait V. Peillon atteint difficilement les 15%, passant derrière la liste verte.

- La grande victoire de la coalition verte qui, nationalement, autour de 15% des voix, talonne de très près le PS, passant même devant lui dans le Sud-Est et en Ile de France.

- L’échec de la stratégie purement présidentielle de F. Bayrou qui, autour de 8% des voix devra se rabattre, au mieux, sur l’espoir d’un simple ministère.

Dans tous les cas, cela aura permis de recaser les exclus du gouvernement et de donner une situation à des battus des précédents scrutins… Des élus vraiment représentatifs.., d’un mauvais Spectacle.

Dans ce cirque des débats télévisés d’hier soir, j’ai au moins apprécié la parole digne, et qui me semblait vraie, d’une M. Aubry se rendant compte de l’état réel de son parti.

Historiquement, les enfumages les plus monumentaux s’usent presque toujours avec le temps et finissent par éclater, généralement à l’issue de saines colères. Attendons encore un peu…

- Les projets sarkoziens dans le domaine de la santé. Déchiffrages

- Mon respect le plus total au prix Nobel de littérature 1998 portugais José Saramago qui déclare, parlant de Silvio Berlusconi: “Depuis plusieurs années, la chose Berlusconi commet des délits de gravité variable mais toujours démontrée. Et qui plus est, il n’enfreint pas les lois, mais bien pire, il en fait fabriquer pour protéger ses intérêts publics et privés, d’homme politique, d’entrepreneur, d’accompagnateur de mineures”… “Cette chose, cette maladie, ce virus menace d’être la cause du décès moral du pays de Verdi, si un vomi profond ne parvient pas à l’arracher de la conscience des Italiens avant qu’il ne finisse par ronger les veines et détruire le coeur de l’une des cultures les plus riches du monde”. Le Cavaliere “est une chose dangereusement semblable à un être humain, une chose qui organise des fêtes, des orgies, et qui dirige un pays appelé Italie”. NouvelObs.


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