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Le Modem a la gueule de bois

Publié le 08 juin 2009 par Anakyne
Régis Soubrouillard | Lundi 08 Juin 2009 à 08:41

Un chef absent, des militants hagards, quelques hypothèses et des mises en cause sur la stratégie. C'est le spectacle d'une armée en déroute qu'a donné le Modem après l'annonce de ses résultats aux élections européennes. Une seule certitude. Tout est à refaire.



Le Modem a la gueule de bois

22h30. Les locaux du Modem se vident. L'ambiance a tout du pot de départ du salarié qui n'aurait pas demandé à partir. Quelques sourires, des accolades, mais le coeur n'y est pas. Chacun y va de ses hypothèses, « l'a-campagne », ou la non-campagne, la fin de campagne chahutée. Et un mot qui revient sur toutes les lèvres: « Home ». L'ultime plaidoyer pro-terre de Yann Arthus Bertrand diffusé deux jours avant l'élection sur France 2 qui aurait largement favorisé un vote émotionnel.

Dès le début de la soirée, l'atmosphère n'était pas à la fête. Comme un parfum de catastrophe annoncé flottait dans l'air. La gueule de bois avant que la soirée ne commence. Pas fréquent.
Les journalistes meublent mais n'ont à rien à dire, les leaders ne se montrent pas. Preuve que le parti a perdu tout ses repères, au Modem, on regarde...TF1. La chaîne autrefois honnie.

Les chiffres tombent: 8,5%. La douche est froide. Très froide.Il y a très peu de monde: «c'est une catastrophe», s'inquiète une militante qui se demande comment Cohn-Bendit a pu passer devant. Et pas seulement devant le Modem...


Bayrou K.O. debout

En quelques semaines, Bayrou, l'impétrant politique qui ambitionnait de s'imposer comme le centre de gravité politique de l'opposition à Sarkozy est devenu quantité négligeable. Le refuge au centre du vote protestataire a peut-être déjà vécu. Le vote anti-système à l'intérieur du système n'a pas trouvé sa place au centre. C'est vers les écolos que les regards se tournent désormais.

A 22 heures, François Bayrou, se montre enfin. Un passage éclair: « C'est une déception. De ce résultat, je prends ma part de responsabilité. J'ai pensé qu'on ne pouvait pas séparer les enjeux nationaux des enjeux européens. Je me suis laissé entrainer dans une polémique excessive qui a troublé ». Le président du Modem s'autorise un mea-culpa dans un discours de trois minutes. Puis repart. Sans un mot. Sonné. Les militants applaudissent et restent pour se parler.

Tout juste si une cellule de soutien psychologique pour la poignée de militants présents n'aurait pas eu son utilité. Du reste, les régionales, les présidentielles, l'avenir en somme. Personne ne dira mot. Tout est à refaire.

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