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Enfin un coup de coeur!

Par Mango
Enfin un coup de coeur!
Enfin un coup de coeur!Adrien GOETZ: Intrigue à Versailles
(Grasset, 2009, 397 pages)
Voilà longtemps que ça ne m’était pas arrivé ! Un livre comme un cadeau du ciel ! Un régal ! Un vrai divertissement : j’ai lu toute la nuit. Je n’ai pas tout à fait fini mais j’ai envie d’en parler sans plus attendre.
Il s’agit du second volume des enquêtes de Pénélope par Adrien Goetz : Intrigue à Versailles, policier très actuel, dans une ville à la pointe de la modernité, malgré son glorieux passé encore très présent !
D’abord l’auteur :
Il est né à Caen et a été élève à l’ENS de la rue d’Ulm. Agrégé d’histoire, il enseigne maintenant à la Sorbonne. Il est aussi le rédacteur en chef de : « Grande Galerie. Le Journal du Louvre » et défend le patrimoine oublié des pays en guerre actuellement.
En 2004, il recevait le prix des Deux-Magots et celui de Roger Nimier pour « La Dormeuse de Naples » et en 2007 le prix Arsène Lupin pour : « Intrigue à l’anglaise ». Cette même année, l’Académie française lui a décerné le prix François-Victor Noury pour l’ensemble de son œuvre.
L’intrigue :
Qui a tué la jeune fille chinoise dont le cadavre a été découvert au château de Versailles, dans le bassin de Latone, ce lundi matin 22 novembre 1999 ? Un de ses doigts a été coupé et Pénélope, la jeune conservatrice du patrimoine, le retrouve dans le tiroir secret d’une superbe « table à écrire » dans les petits appartements de la reine Marie-Antoinette, seulement cette table du XVIIIe siècle n’a rien à faire là, d’où vient-elle ? Elle semble authentique !
Il n’a l’air de rien ce tout début de l’histoire : juste un crime dans un lieu célèbre ! Pour un amateur de roman policier, ce n’est qu’un début banal. Il suffira de trouver l’assassin et tout sera dit. C’est du moins ce que je pensais après le premier chapitre mais heureusement je me trompais. La suite est une succession de surprises et d’enchantements. C’est irracontable. Il se passe trop de choses ! C’est un livre trop riche, plein de détails réels , connus des seuls spécialistes et initiés mais si légèrement intégrés dans le récit qu’on ne s’ennuie pas une seconde tout en apprenant plein de faits ignorés mais véridiques.
Tout s’y mêle : le glorieux passé historique de Versailles, bien sûr, mais aussi le présent artistique ,économique et touristique de la ville, avec ses problèmes très actuels quant à la restauration et à l’entretien de ces lieux illustres . Faut-il ne garder que les meubles et objets authentiques quitte à laisser les pièces vides ou accepter les copies et les rénovations des peintures, meubles et tissus, grâce au travail très minutieux et précieux des jeunes artisans issus des diverses écoles d’Art ? Les haines sont vives entre les différents clans, à quoi s’ajoutent les dissensions entre les jardiniers « écolos » du Potager du Roi et ceux
du Grand Parc qui , à la suite de Le Nôtre ne cessent de tailler, couper, réglementer les allées et les bosquets pour retrouver l’architecture idéale. Mais, on le découvre peu à peu, les enjeux sont bien plus importants encore que cette apparente opposition. Entrent en jeu aussi la religion et de curieuses sectes liées à un passé prestigieux, la politique et quelques partis extrémistes, la grande tempête qui détruisit les grands arbres centenaires du parc , l’avenir avec l’arrivée de riches Chinois capables de reproduire à l’identique les chefs d'oeuvre du château et le château lui-même. Tout cela est passionnant !

Mais pour une lectrice à tous crins comme moi, le plus émouvant est l’évocation de Pascal et de Port-Royal. . Les Jansénistes ont-ils vraiment disparu
totalement de par la volonté de sa Majesté le Roi Tout-Puissant , au début du XVIIIe siècle ? Le Livre commence la veille du 23 novembre 1999. Bientôt un nouveau millénaire commencera, bientôt une grande tempête détruira le Parc du Château, bientôt une nouvelle monnaie, l’euro, remplacera les monnaies nationales, bientôt un grand bug informatique menacera , croit-on, l’économie mondiale , mais le 23 novembre, c’est avant tout l’anniversaire de la nuit d’illumination qui , en 1654, a converti Blaise Pascal. Je ne résiste pas à l’envie d’écrire le texte qu’il écrivit cette nuit-là et qui le bouleversa jusqu’à sa mort :

« Mémorial de Blaise Pascal,
L’an de grâce 1654, lundi 23 novembre, jour de saint Clément,
Depuis environ dix heures et demie du soir jusques environ minuit et demie,
FEU,
Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob
Non des philosophes et des savants,
Certitude. Certitude. Sentiment. Joie. Paix.
Père juste, le monde ne t’a point connu, mais je t’ai connu.
Joie, joie, joie, pleurs de joie,
Dereliquerunt me fontem aquae vivae
Ils m’ont abandonné, moi la fontaine d’eau vive. »
Bien que l'intrigue elle-même se traîne un peu vers la fin, le livre est très agréable à lire; le style y est léger et les personnages sont attachants. Rien à voir avec les habituelles histoires sur fond d évocation historique que j’ai rarement appréciées jusqu’ici!
Est-ce le début d’une longue série d’intrigues se déroulant dans des endroits touristiques que résoudraient avec brio la jeune Pénélope et Wandrille, son ami journaliste dissipé et plein d’allant ? Je l’espère et d’emblée je sais que je les lirai toutes sans hésiter !

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