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De la démocratie en Europe

Publié le 09 juin 2009 par Careagit
Ce blog va bientôt souffler ses 4 bougies en Juillet prochain. 4 ans de découvertes, d'explications, de débats, de commentaires. Tout cela au nom de l'amour de la politique, du débat d'idées. La politique ce sont les idées, ce sont aussi les destins, les vies de ce que Cohn-Bendit appelle "les tueurs", ces hommes et ces femmes engagées sans relâche pour assoiffer un irrémédiable besoin de pouvoir, soutenir une position, un raisonnement, servir un cause, un parti, ou son pays.
Au delà des résultats politiques, les mouvements d'opinions de notre pays et les destins politiques qui se nouent sous nos yeux m'émeuvent. En la matière, les résultats eux élections européennes du PS et du Modem sont précieux.
Il ne s'agira pas ici de disserter sur les raisons du transfert de voix, de mesurer le rôle présumé du film Home d'Arthus Bertrand, ou même de railler la quête de "renouveau" sans cesse inachevée du PS. Point du tout.
Ainsi François Bayrou s'est planté. Il le confesse à demi mots, timidement caché derrière des arguments que personne, par gentillesse, n'ose vraiment détruire. Marielle de Sarnez, Corinne Lepage ou l'ensemble des "petites fourmis" qui bossent chaque jours pour le Modem, tous, se questionnent à présent sur le leader. Lui, réagissait ce matin sur Europe 1. La vidéo est disponible ici. L'homme paraît heurté, tel un enfant terrible d'une classe après une mauvaise note aux examens de fin d'année. Il a été puni.
Abstention ignorée, la démocratie brille de sa puissance. Le peuple, en désaccord - pour une raison ou pour une autre - sanctionne gravement dans les urnes des positions jugées inadéquates. Ce système n'est, certes, pas parfait, mais il est redoutable.
Au PS, le même mal agit. Hier, avec une certaine empathie, je me suis questionné. Quelle serait donc ma position si j'étais au PS ? Ressentirais-je du dégoût pour un parti sans cesse en chantier ? De l'espoir ? de la haine ? Sur ces points, je pense notamment à quelques compères blogueurs qui, comme moi, s'échinent chaque jours à comprendre, lire, apprendre, démonter et raconter des rapports, enquêtes, des chiffres ou statistiques. Ces citoyens qui, sans que les partis ne s'en soucient une minute, font encore l'effort de suivre l'activité de la cité. Ils ne sont plus nombreux. Ils sont en fait, de moins en moins nombreux.
Je ne suis pas d'accord avec eux sur un strict plan idéologique. Cela n'est pas une raison. "Je ne partage pas vos idées mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous puissiez les exprimer" disait Voltaire.
Point de sentiments mal placés, il ne s'agit pas là de pleurer le mauvais score du Modem, du PS, de plaindre la solitude d'un homme lourdement sanctionné par le Peuple. Il s'agit là de sauvegarder les fondements de la vitalité du système démocratique, la réflexion personnelle et l'engagement citoyen. Les partis français sont en train d'abattre la réflexion personnelle. L'UMP, dans son triomphalisme, a oublié l'abstention. De ce fait, il devrait, lui aussi, s'intéresser au sujet. Le PS devrait songer à changer têtes et idées avant de graver dans le marbre la scission avec son socle de citoyens actifs.
Même époque, autre dérive, Frednetick ajuste avec précision ce fabuleux paradoxe, ô combien révélateur. Brice Hortefeux, élu lors du scrutin européen, ne siégera pas au poste pour lequel il s'est présenté devant le Peuple.
Nous vivons une époque formidable.

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