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Européennes : le PS n’a-t-il que ce qu’il mérite ?

Publié le 09 juin 2009 par Philippe Thomas

On a les électeurs qu’on mérite… et réciproquement ! Le désastre est tel pour le PS qu’il n’est pas niable et qu’il pose sérieusement la question de son identité et de son avenir. Martine Aubry, comme Bayrou pour le Modem, n’a pas nié l’évidence (le PS passant de presque 29 % en 2004 à moins de 17 % le 7 juin).  Mais qui aura-t-elle convaincu en appelant à la rénovation du parti ? Depuis le temps qu’on en parle de cette rénovation ! Avant 2007 c’était surtout le prétexte pour les quadras minoritaires (Peillon, Montebourg et d’autres) pour se faire une place au sommet du parti. Pour d’autres, c’était le moyen d’exister à côté du courant majoritaire ou de tel baron(ne) régional(e). La Rénovation est même devenue le mot d’ordre général à la fin du règne de François Hollande. Elle est encore brandie comme une urgence nécessaire par Martine Aubry, mais il y a gros à parier qu’on en restera comme d’habitude au stade de l’incantation…

Le Parti socialiste est devenu un parti d’élus locaux grâce à une image de marque encore progressiste et grâce en général à la proximité de ses élus et militants avec les populations. Pour les scrutins nationaux et pour le présent scrutin européen, il a surtout affiché ses querelles de chefs, cheftaines ou petits chefs mais son programme ou sa stratégie européenne sont demeurés illisibles. La kermesse de Rezé où Aubry et Royal sont apparues main dans la main n’était qu’un simulacre qui n’aura abusé personne. Quant à tout l’attirail idéologique ou programmatique du PS, il apparaît de plus en plus à l’électeur de base comme un anodin baratin social-démocrate, un rosé cousu de fil blanc sans vice ni vertu… Bref, c’est devenu le discours d’une droite molle à la ramasse derrière une droite sarkozyste décomplexée.

Dès lors, comment croire qu’en l’état actuel ce parti soit crédible pour l’alternance ? Le moteur d’une gauche plus attractive serait-il donc à trouver chez les Verts ? Et comment les Verts de Daniel Cohn-Bendit pourront-ils capitaliser pour les prochains scrutins ? La problématique environnementale est en tout cas un thème potentiellement bien plus rassembleur que la recomposition d’une gauche en pleine déliquescence. S’ils jouent bien, les Verts pourraient devenir la colonne vertébrale de l’alternance à la droite mais la partie ne s’annonce pas facile avec la vieille maison socialiste…


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