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Grenelle de la mer : changement de cap ou simple coup de barre ?

Publié le 09 juin 2009 par Greenpeacefrance

Aujourd’hui, les quatre présidents des groupes de travail du Grenelle de la Mer ont remis leur rapport au Ministre d’Etat, Jean-Louis Borloo. Un véritable dialogue a pu être engagé entre les parties invitées à cette table ronde qui a débouché sur de nombreuses propositions des quatre groupes de travail. A ce stade, le Grenelle de la Mer aura surtout permis de poser un constat sur les menaces qui pèsent sur les océans, leurs causes et les solutions qu’il convient d’explorer de toute urgence.
Si le débat est ouvert, l’ambition d’un changement de cap avec une approche écosystémique et la prise en compte des services écologiques sont loin d’être atteintes.


De réelles avancées…
Saluons de réelles avancées dans le domaine de la gestion intégrée des zones marines, de la nécessité d’outils d’urbanisme intégrant les zones marines et côtières, ou encore la priorité donnée à l’assainissement des eaux des collectivités notamment en Outremer. La mise en place de projets pilotes de gestion concertée par pêcherie (Unité d’Exploitation et de Gestion Concertée), une méthode commune de définition des aires marines protégées et de réserves marines, ou une gouvernance adaptée à l’approche écosystémique, par façade et/ou mers régionales, figurent parmi les propositions majeures. Cependant un accord sur des objectifs chiffrés concernant les aires marines protégées avec un calendrier et des étapes clefs manque encore. Ce qui reste inquiétant au vu du retard pris par la France dans la mise en place de ces dispositifs essentiels au maintien de la biodiversité.

…Et des désaccords qui subsistent.
Par ailleurs d’importants points de divergences subsistent, s’agissant notamment de la régulation des activités humaines, de l’urbanisme, des industries, de la navigation, de la pêche (chalutage de grand fond) ou encore de la plaisance. Ces désaccords subsisteront tant que ne seront pas posés autrement et collectivement les fins et les choix d’une économie fondée sur le maintien ou l’accroissement de la disponibilité des services écologiques.

La France dispose du deuxième domaine maritime au monde, d’où sa responsabilité immense et son devoir d’exemplarité. Dès lors, une forte volonté politique devrait s’exercer dans les directions suivantes :
• Préservation des écosystèmes marins avec la création d’aires marines protégées dans la zone économique exclusive à hauteur de 10% d’ici 2012 pour un objectif à 20% en 2020, des coopérations régionales, la protection de la Méditerranée, l’appui aux collectivités d’Outre-mers qui représentent 97% du domaine marin français ou celle de l’Arctique au moment où la fonte de la banquise s’accélère.
• Protection des espèces les plus menacées comme les grands prédateurs tels que les requins ou le thon rouge ;
• Lutte contre les pollutions et prise en compte des impacts des changements climatiques.

Le temps des arbitrages approche. Ils devront déboucher sur une refonte de la gouvernance des océans. Dans cette perspective, nous attendons du Ministre d’Etat Jean-Louis Borloo, qu’il jette les bases d’une vision stratégique, structurante et de long terme pour une politique marine ambitieuse, régionale et internationale de la France. Les ONG signataires: Bloom, Fondation Nicolas Hulot, Greenpeace, UICN et WWF attendent donc des mesures courageuses à l’issue de la table ronde de juillet.


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