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Encore une erreur qui pourrait engendrer de serieux degats planetaires

Publié le 15 juin 2009 par Maaxtal
Eau: des concentrations préoccupantes d'antibiotiques

12 juin 2009 - Les agents antibiotiques, antimicrobiens et antifongiques qui s'infiltrent dans les cours d’eau et les nappes souterraines atteindraient des concentrations préoccupantes, selon une enquête publiée par des chercheurs de l'Université de Montréal et d'Environnement Canada. La prise croissante d’agents anti-infectieux par les humains et leur utilisation en agriculture serait en grande partie responsable de leur présence accrue dans les eaux usées.

Sébastien Sauvé, professeur de chimie analytique et environnementale à l'Université de Montréal, s’inquiète de l’effet potentiel de ces produits sur le développement de bactéries résistantes. « Les concentrations d’anti-infectieux retrouvés sur les sites analysés sont suffisantes pour induire des résistances qui peuvent facilement se transmettre à la faune et la flore aquatique environnante. Cela pourrait avoir un impact indirect sur la santé humaine », indique le chercheur et coauteur de l’étude.

La production agricole à grande échelle et l'utilisation accrue d’agents anti-infectieux dans les fermes portent à croire que ces produits pharmaceutiques seront de plus en plus abondants dans les eaux usées agricoles. « Cette analyse invite à envisager des solutions avant que la situation ne devienne plus alarmante », estime Sébastien Sauvé.

« D’une part, nous devrions réduire la surconsommation d’anti-infectieux autant chez les humains que chez les animaux de ferme, afin de réduire leur concentration dans les déchets urbains et agricoles. D’autre part, poursuit-il, les systèmes de traitement des eaux peuvent être améliorés ». Actuellement, la plupart des usines d’épuration des eaux au Québec laissent passer les antibiotiques.

« Des technologies plus efficaces, par exemple les systèmes d’épuration par ozonation comme celui que la Ville de Montréal veut acquérir, devraient être implantées dans les grands centres », illustre Sébastien Sauvé. Les auteurs de l’étude ont mis en lumière que les campagnes d’économie d’eau potable en milieu urbain pourraient réduire le volume des eaux usées, ce qui signifierait une dilution moindre, donc une plus grande concentration d'agents anti-infectieux dans les eaux usées.

Les chercheurs québécois ont compilé les données de 143 études, publiées au cours des 24 dernières années, concernant trois catégories d'antibiotiques (macrolides, quinolones et sulfamides) et le triméthoprime, présents dans les eaux usées en Extrême-Orient, en Europe et en Amérique du Nord. Certains anti-infectieux se trouvaient sous leur forme originale, d’autres sous forme de métabolites, c’est-à-dire partiellement dégradés par le corps humain ou les animaux.


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