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Barack Obama sous le reproche de "Carterisation"

Publié le 17 juin 2009 par Exprimeo
Le Parti Républicain cherche à se remettre en forme en présentant Obama comme le nouveau "Jimmy Carter". Est-ce efficace ? Le raccourci était facile : profiter de l'Iran pour reprocher à Obama d'être sur la route de la faiblesse en l'assimilant à Jimmy Carter. Cette tactique peut refaire l'unité du Parti Républicain mais elle ne devrait pas impacter le Président Américain. L'actuel Parti Républicain c'est un socle de valeurs avec un manque de nouveau leadership. Le socle de valeurs repose sur trois priorités. Tout d'abord, c'est l'affirmation de l'indépendance, des valeurs de rêve de l'ouest, du sud-ouest contre la domination de la côte est. Cette logique est celle de la défense militante contre l'intervention gouvernementale, contre la permissivité, pour la famille. Ensuite, c'est l'affirmation d'un unilatéralisme dans les relations internationales. C'est la logique de Reagan, défenseur inflexible de la fierté et de la puissance dans des clichés dignes de Rambo. Enfin, le dernier aspect concerne la dimension religieuse. C'est une approche qui se soucie moins des fautes de comportements individuels que des déviations théoriques ou doctrinales. Ce volet, pour partie paradoxal, explique la popularité d'une Sarah Palin. Dans ce creuset conceptuel, le Parti Républicain est uni, motivé, conquérant. Mais aujourd'hui sa faiblesse naît d'un manque de leader. Tout d'abord, George W Bush est classé au titre de l'Histoire. Il a été zappé. Dick Cheney occupe le devant de la scène. Il est la caricature de l'impopularité. Ensuite, ce néo-conservatisme est tourné vers le passé. Le Parti Républicain recherc he sa nouvelle génération. Sarah Palin est à cet égard l'exception qui cache le désert. Le Parti Républicain c'est aujourd'hui des plus de 60 ans blancs et aisés et peu au-delà. Enfin, c'est un courant qui repose sur le besoin de sécurité. Le monde est dangereux de façon généralisée. L'islam fondamentaliste est le nouvel ennemi irréductible. Iran, Pakistan, Afghanistan, Soudan, et à une moindre mesure l'Arabie Saoudite sont les géographies des risques extrêmes. Des pays où des jeunes intellectuels, souvent formés dans des écoles occidentales d'ingénierie, sont devenus des militants d'un Islam politique contemporain qui est l'ennemi absolu. Dans ce contexte, la puissance retrouvée grâce à Reagan ne doit pas être menacée par une " nouvelle innocence " irresponsable incarnée par Barack Obama. Cette représentation du monde repose sur des repères simples et manichéens : - les ennemis sont diaboliques, - les alliés sont ingrats et fragiles, - les Etats-Unis ne peuvent donc compter que sur eux-mêmes. C'est cet univers de fantasmes et d'images d'Epinal qui a conduit à l'échec en Irak. Tant qu'il reste sur de telles bases, il semble peu probable que le Parti Républicain puisse rapidement retrouver une belle courbe de popularité.

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