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Toi le (mon) père

Publié le 21 juin 2009 par Didier54 @Partages
Toi le (mon) pèreC'est ta fête, aujourd'hui, et je me doute que ça ne te plaît pas plus que cela.
Tu n'aimes pas trop recevoir les marques d'affection, ça ne colle pas trop avec le bourru dont tu te drapes quand les émotions frappent à la porte.
Porte : un mot qui te sied bien, finalement.
Qu'est-ce que tu as pu me dire, me gueuler dessus parfois, ferme la porte bordel, lorsque l'enfant que j'étais oubliait consciencieusement l'hiver et les courants d'air.
Porte de ta chambre, de ton bureau, fermées le matin, claquées parfois, fureur, ou simplement message, pendant que dans tes volutes de gauloises, puis de gitanes, tu bossais. Lisais le journal. Ne voulais pas de bruit. Pas de bruit d'enfants. Chut, devant la télé, le journal de 20 heures. Je t'avais apporté une tisane. Porte derrière lesquelles nous parlions de toi, aussi. Comme on se cache. Tu y entretenais ta parano.
Porte fermée lorsque tu étais mon prof au collège et que j'essayais, plus malin que les autres bien sûr, de connaître à l'avance une note, un devoir, faisant chou blanc à chaque fois. Malin. J'appris par la suite que cette année-là, tout était resté là-bas, au bahut. Tu savais donc que je fouinerais ? ;-)
Porte ouverte à la culture, à la littérature, aux amis, aux familles, à la vie de la cité. Des gens, des moments, des blagues, des services, des affichages. Tu as toujours été entouré, même quand certaines amitiés mourraient. D'autres naissaient. Tu as toujours été actif, et tu l'es encore. Devos est ton mentor. Le dico ton trésor. C'est fort.
Porte du garage, toujours abimée, que tu as réparé des dizaine de fois, sans succès.
Alors que j'écris ce texte, je m'aperçois que je ne t'ai jamais dit je t'aime. Je pense que je ne te le dirai jamais. Je n'en ai pas la force.
Restent d'autres mots, des regards, des pensées. C'est mon cadeau pour toi aujourd'hui. De ces mots qui font l'écriture serre-tripe. Chaque jour, je mesure un peu plus comme ta vie a été forte, brisée par fois, toujours tendue vers demain, au risque d'y louper des aujourd'hui.
Te dire que tu as su transmettre à tes enfants des valeurs, des valeurs fortes, et que nous t'en remercions.
Je suis fier de toi.
J'aimerais juste pouvoir te convaincre d'une chose : arrête de penser que tu n'as pas su être un bon père.
Father, Son - OVO: Millennium Show - Peter Gabriel

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