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Suppression d'emploi chez Michelin : On nous refait le coup de la Logan !

Publié le 21 juin 2009 par Slovar
Suppression d'emploi chez Michelin : On nous refait le coup de la Logan !En 1995, Renault rachetait DACIA et lançait le projet X90. Ce projet qui devait aboutir à la DACIA Logan et qui concernait EXCLUSIVEMENT les pays de l'Europe de l'Est s'est traduit en 2008 par plus d'un million de Logan vendue depuis 2004. Devant ce succès, Renault décidé d'élargir sa gamme low-cost en lançant le Sandero dans toute l'Europe.
Depuis, on connaît les menaces qui pèsent sur les usines françaises du groupe dont celle de Sandouville qui n'a obtenue un sursis que grâce au plan d'aide financier gouvernemental (Renault s'est engagé à y produire un véhicule utilitaire)
Néanmoins, entre temps, en 2008, Renault et Nissan avaient lancé la construction d'une usine en Inde : Ce site doit permettre de produire 400.000 véhicules à partir de son entrée en activité en 2010. L'alliance Renault-Nissan prévoit d'y investir au moins 780 millions d'euros.- Source La Tribune
Sommes-nous en train de vivre un nouveau scénario identique en ce qui concerne Michelin ?
Le 16 juin, ce n'est pas si loin et pourtant, au rythme des annonces de licienciements ou de fermetures, on a l'impression que c'est très loin. A cette date, Le Monde publiait l'article suivant :
Michelin prépare un plan de suppression d'emplois qui, avant d'ultimes négociations, devait aller jusqu'à 1 500 postes en France. L'annonce du chiffre exact, qui devrait toutefois être inférieur, sera faite le 24 juin, lors d'un comité central d'entreprise. La direction a refusé, mardi 16 juin, de commenter l'information. Comme il avait dans un premier temps refusé de commenter la construction d'une usine ... en Inde
Pourtant, le quotidien indien The Economic Times écrivait : Michelin pourrait investir 1 milliard d’euros en Inde : le groupe leader mondial du pneu pourrait investir 1 milliard d’euros en Inde, sur dix ans. Citant une source proche du dossier, le quotidien indien indique que Michelin aurait demandé aux autorités indiennes l'autorisation d'« acquérir 100% d'une nouvelle compagnie, Michelin India Tamil Nadu Tyres, créée en avril 2009 ».
Michel Rollier, dirigeant du groupe Michelin s'était justifié sur RTL en expliquant que ces décisions n'avaient « rien à voir avec la crise ». « Ce n'est pas la crise qui motive notre décision », a-t-il répété. Source Actualité Française
Cette usine devrait fabriquer des pneus pour poids lourds et des pneus pour engins de génie civil, deux domaines où "le marché indien est prometteur et sur lesquels nous sommes pratiquement absents. Nous ne voulons pas rater le démarrage du marché indien", a expliqué M. Rollier ... il s'est défendu de vouloir délocaliser la production de Michelin en Inde, rappelant que son groupe investissait actuellement dans les usines de fabrication de pneus poids lourds et génie civil en France.
Oui, mais on apprend tout de même que : La direction table sur le départ d'environ 1.800 personnes dans ce cadre d'ici à trois ans. Toutes ne seront pas remplacées. « Ce mouvement pourrait se traduire par la disparition de 500 à 600 postes supplémentaires ». Au total, ce sont donc près de 1.700 postes qui pourraient être supprimés, surtout dans les usines, sur un total actuel de 25.000 salariés en France.- Les Echos
Suppression d'emploi chez Michelin : On nous refait le coup de la Logan !Et justement, dites donc, c'est probablement dans 3 ans que l'unité de production indienne devrait être opérationnelle ! Il n'y aura que les plus naïfs d'entre pour croire que Monsieur Rollier est victime d'une coïncidence ... Dites donc, ça vous rapelle pas la stratégie d'un constructeur automobile cité plus haut ? ....
Que dit-on au gouvernement où deux ministres sont des élus d'Auvergne qui espèrent bien reprendre la région aux socialistes en 2010 ?
Le gouvernement est «préoccupé» par l'annonce d'un plan de plus 1.000 suppressions d'emplois chez Michelin, a déclaré mercredi le secrétaire d'Etat à l'Emploi Laurent Wauquiez, à l'issue du Conseil des ministres. «Michelin met tout sur la table pour que ça se passe le mieux possible et on va travailler tout de suite pour être sur le pont et éviter que qui que ce soit reste au bord de la route, a-t-il poursuivi.
Luc Chatel, porte-parole du gouvernement et secrétaire d'Etat à l'Industrie, déplore ces suppressions, mais en modère les conséquences, en rendant compte des travaux du Conseil : «Ce que je constate, c'est que ce ne sont pas des licenciements secs, qu'il y a le choix de faire des mesures de départs volontaires et qu'il y a en parallèle, de la part de l'entreprise, un choix stratégique de continuer à investir à Clermont-Ferrand, en France, dans le domaine des pneumatiques.» - Le Parisien
Il est "amusant" de constater que Laurent Wauquiez qui affirmait de façon véhémente qu'il n'étyait pas question de remettre en route la machine à préretraite :
"La pression est énorme pour nous dire: 'allez, on réenclenche la machine à préretraites et on remet les seniors de côté'", a-t-il affirmé lors du Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI, expliquant qu'elle émanait de "tout le monde", des "entreprises", des "partenaires sociaux" et des "différents cas qu'on peut avoir sur le terrain".
Il est cependant "hors de question de céder sur ce sujet", a déclaré M. Wauquiez, confirmant que les entreprises s'exposeraient à une pénalité de 1% des rémunérations à compter de janvier 2010 si elles n'adoptaient pas dans l'année "des accords et des dispositifs de plan d'action pour favoriser l'emploi des seniors"- Nouvel Obs
Ne trouve rien à redire sur le fait que : "En parallèle, Michelin engage en effet un plan de départs volontaires à la préretraite, ouvert cette fois-ci à tous les salariés français du groupe en âge d'en bénéficier" soit 495 personnes sur 1.093 concernées.
D'ailleurs, Laurent Wauquiez en bon élu local a déclaré : « qu'il n’y aura pas de licenciement et que chaque salarié dont le poste est supprimé se verra proposer deux emplois au sein du groupe. J’y veillerai, j’ai d’ailleurs des contacts quotidiens avec le DRH de l’entreprise ». Le secrétaire d’État précise « qu’il s’agira d’un vrai travail de dentelle », les propositions seront adaptées à chacun.
Dentelle qu'auraient apprécié les salariés de Continental et de Good Year qui n'ont cependant pas la chance d'avoir un traitement de cette qualité !!!
Les salariés français dans leur ensemble préféreront sans nul doute la réaction de Christine Lagarde, la ministre de l’Économie, qui a, elle, rappelé qu’il « s’agit d’une réorganisation pour le maintien en France d’une base industrielle solide ».
Pour Jean-Claude Trichet : "nous devrions enregistrer la reprise de l'activité positive dans le courant de l'année prochaine (2010)", tout en précisant que "c'est ce que dit tout le monde".
En clair : Pour ceux qui sont ou vont être au tapis en 2009 ou 2010, patience, le nirvana est pour ... 2010 (en 2011, il n'ya pas d'élections) puisque pour maintenir une base industrielle solide en France, il est nécessaire de diminuer les effectifs et que la reprise est annoncée cette année là puisque "c'est ce que dit tout le monde".
Attention : La reprise, oui mais pas pour tout le monde comme le dit un certain DSK, Président du FMI : "Quoi qu'il arrive (...) la croissance reviendra au début de l'année 2010". Ce qui se traduira par "un pic de chômage" début 2011, à cause du décalage d'un an entre la reprise économique et son impact sur le marché du travail"
Moralité : Il fallait que quelqu'un paye la crise financière et économique. Soyez "rassurés", ce seront les salariés et exclusivement eux qui en payeront le prix ! Quant aux banques et aux actionnaires, ne vous inquiétez pas, ils devraient bien voir une reprise de leurs bénéfices ...
Merci qui ?
Crédit image
Offshore en Inde

Libellés : chomage, crise économique, economie, industrie


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