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La presse française se tait pour survivre…

Publié le 22 juin 2009 par Marc Vasseur

nullAlors que le Courrier International consacre son dernier numéro à l’avenir de la presse ; au même moment en France, nous assistons impuissants à une presse qui se suicide en espérant juste pouvoir toucher quelques subsides de l’Elysée…

Vite fait, on planque sous le canapé une affaire qui pourrait toucher un président en exercice… Si Médiapart a fait son boulot sur l’attentat de Karachi et l’implication en son temps du duo Balladur-Sarkozy, on voit toute la bande de pleutres traiter celle-ci avec une certaine gène ou pire l’ignorer… Pensez donc, il a un Congrès lundi… super important, ça…

A en croire John Carlin d’El Pais, cet avenir semble particulièrement sombre si on s’attache uniquement à l’aspect économique de la presse où parallèlement à une baisse des titres, on assistera à une raréfaction du nombre de plumes vivant du journalisme. La « faute » en revient à la part grandissante d’Internet dans la circulation et l’interprétation de l’information. Aussi, la question porte bien sur de l’adaptation de la presse ce « nouveau » média.

Dans cet article, l’auteur n’en vient pas à se tourner vers la puissance publique comme nos misérables ; oui indéniablement, ça change de nos pisses papiers du cru se rendant la queue entre les jambes à des assises de la Presse convoqués par le Maître.

Non pour lui, si effectivement, cette nouvelle presse doit jumeler au mieux « l’instruire et le divertir », son existence repose aussi sur notoriété des « Plumes » d’un journal. Pour lui l’important c’est qu’un journal «  compte dans ses rangs de grandes plumes qui savent raconter des histoires, des journalistes qui vont sur le terrain, écoutent, sentent, réfléchissent, évaluent, confirment des faits et suivent sciemment la tradition populaire et pourtant intelligente de Charles Dickens ».

Ce devenir de la presse n’est pas neutre pour le citoyen mais aussi pour le blogueur que je suis.
Non parce que je suis l’égal d’un journaliste, tout au plus plus chroniqueur engagé du quotidien mais parce que j’entretiens un rapport particulier avec cette presse. Je suis fatalement un gros consommateur d’infos mais ce que je constate dans ma « pratique » quotidienne c’est la réalité de deux flux… l’un que je considère comme celui de dépêches brutes provenant de Libé, Le Monde, du Nouvel Obs, 20 minutes et l’autre qui apporte une réelle plus value à l’information mais à ma propre réflexion avec contreinfo, l’observatoires des inégalités, telos..., et c’est désormais là où je retrouve ces fameuses plumes et non plus dans ces canards sans fond, sans âme.

La presse française bien évidemment se gardera bien de prendre ce chemin, on gardera nos bonnes vieilles gloires de l’information, celles du siècle d’avant… Les Joffrin, Duhamel, Barbier…

Et pour faire bonne mesure dans la soumission, nos patrons vont signer sans trop rechigner la nouvelle mesure du petit roi (pas tous mais les plus importants). En effet, pour manier la carotte devant ces ânes, Sarkozy introduit une TVA à 2% pour les éditeurs en ligne (jusque là ils sont assujettis à un taux de 19,6%), bien entendu il y a le bon gros bâton pour y prétendre… le contrôle des commentaires à priori… belle manière de censurer encore un peu plus la liberté d’expression… Quand on aime, on ne compte pas…
De mémoire, Corinne Lepage parlait de pré dictature… ça se précise….

Alors si certain « assure que malgré la pression et l’angoisse qui règnent aujourd’hui dans le secteur, il n’avait jamais vu une telle fièvre de créativité. », on peut néanmoins être rassuré, cette créativité semble épargner une grande partie de la presse hexagonale.

Et surtout, messieurs, profitez bien du buffet à Versailles… on ne voudrait pas vous priver.

Article réalisé dans le cadre d’un partenariat avec Courrier International.


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