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La douceur des mots, le choc des chiffres

Publié le 22 juin 2009 par Careagit
C'était donc cela, le grand discours du Président de la République devant les assemblées réunies. Pour être franc, je n'ai pas pu me rendre disponible pour écouter ledit discours. J'ai pris connaissance des retours ici ou . Ils ne sont pas bons. Le Président a exposé les lignes directrices de sa politique pour les deux prochaines années. Pour la faire simple, on va serrer les fesses très fort jusqu'à l'élection de 2012. Ensuite, il faudra passer à la caisse.
Ce discours, c'est en fait le retour de l'OVNI politique. Pas socialiste pour un sous, pas libéral non plus, Nicolas Sarkozy surfe dans son propre courant de pensée selon lequel la politique peut tout faire, tout le temps, dans tout les cas. Il s'est d'abord montré profondément optimiste sur les perspectives, avis tranchant avec les sombres comptes présentés hier par Eric Woerth. 2010 devrait par exemple se nouer autour du même gouffre que 2009, entre 7 et 7,5% de déficit public, soit environ, 150 milliards d'euros (et oui). Excusez du peu. Cette année, la dette publique de la France devrait atteindre 74% du PIB, de plus en plus loin des 60% que l'Europe impose aux membres de l'Union. 74% du PIB, c'est au delà des 1.200 milliards d'euros de dette (ou plus de 22.000 euros par français). Ces chiffres hallucinants, Nicolas Sarkozy les repousse d'un revers de main en raillant les conséquences de la mise en place d'une politique de rigueur. Pis même, il annonce un "grand emprunt national" levé sur les marchés ou auprès des français eux-mêmes...
Nicolas Sarkozy a raison de surfer sur les marchés, car les notes financières de la France permettent encore de lever de la dette pour financer je-ne-sais-quelles "priorités nationales". Nicolas Sarkozy est courageux, visiblement, il n'a pas, non plus, été échaudé par la récente actualité de la Grande Bretagne qui a vu sa note dévaluée. Cette note, sous son aspect innocent, est le coeur de l'attrait financier de la marque "France" et de ses entreprises. C'est primordial.
En guise d'économies, Nicolas Sarkozy présente les éternelles économies budgétaires qu'il est possible de réaliser. En deux ans pourtant, faibles furent les budgets équilibrés.
Le seul passage intéressant à mon sens, fut l'argumentation sur la nécessaire refonte du financement de notre système social. En ces jours où la concurrence du travail est devenue plus que pointue, il serait effectivement bienvenu, je le crois, de transférer "le lourd" fardeau du financement de notre système "à la française". Déception cependant, Nicolas Sarkozy n'entrevois que la solution "taxe carbone" comme seule et unique plausible. Une nouvelle taxe, heureusement que les impôts ne seront pas augmentés...
Au final ce discours demeure incomplet. En référence au caractère "exceptionnel" de cette séance à Versailles, Nicolas Sarkozy a pondu cette histoire de prêt national en prenant garde d'y associer l'adjectif "grand". C'est mieux. De grand, il n'y a pas grand chose. Les modalitès restent à fixer, autant que les fameuses "priorités nationales" qu'il faudra faire émerger d'un consensus entre le parlement, les partenaires sociaux, les milieux économiques et culturels. Ca promet.
En introduction de ce discours, le chef de l'Etat a avoué ne pas connaître avec précision la fin de "la crise" tout en souhaitant "se rendre plus libre d'imaginer un autre avenir".
Avec un budget de l'État en perpétuel déficit et une dette grimpante à 74% du PIB, je vois très bien de quel avenir parle Nicolas Sarkozy.

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