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Compte-rendu de la réunion de Clermont-avant-tout sur "Le commerce en ville"

Publié le 23 juin 2009 par Jean Noël Delorme


Intervenants :
- Danielle Blineau (ancienne commerçante)
- Nicole Barbin (conseillère municipale)
- Stanislas Rénie (Président de Clermont commerce)
- Didier Muller (conseiller municipal)
- Alain Soreau (chef d’entreprise)
- Jean Pierre Brenas (conseiller municipal)

Nous avons pu, à l’occasion de l’after work de Clermont-Avant-Tout et sous l’impulsion de son Président, Jean Pierre Brenas, débattre de l’avenir du commerce en centre ville. La réunion s’est déroulée ce mercredi 10 juin 2009 au Lux (rue du Terrail) en présence de nombreux orateurs.

Malgré les 22500 ménages installés en centre ville, et les 1528 plates formes commerciales présentes, on dénote une baisse du chiffre d’affaires d’environ 4% par an depuis 2002 pour les commerces de centre ville, 13% des dépenses courantes du centre ville ont été effacées par les pôles commerciaux périphériques et 15 % du commerce de bouche a été perdu.

De nombreux facteurs peuvent expliquer la baisse de fréquentation des commerces du centre ville.

On peut notamment parler des problème de sécurité, Sophie Dupré, PDG de Croustipain a été obligée de mettre en place des vigils et des maîtres chiens pour assurer la protection de ses employés et des clients de ses établissements (coût supplémentaire d’environ 50 000 euros par an).

Les commerçants sont donc obligés de trouver des alternatives à la police, puisque le temps d’appeler les voleurs sont déjà partis, quant aux mineurs arrêtés, ils sont relâchés immédiatement, certains ne prennent même plus la peine de masquer leur visage. Il faut mettre en place une sécurisation différente, occuper les gamins l’été (le quartier St Jacques ne dispose pas de structure associative pour occuper les jeunes).

Stanislas Rénie, Président de Clermont Commerce se dit favorable à la mise en place de vidéo surveillance, mais les lois ne permettent que de filmer l’intérieur du commerce, un arrêté permet depuis mars 2009 de mettre également sous vidéo surveillance les parkings privés, l’investissement étant pris en charge à 50% par la préfecture.

On manque d’îlotiers, aujourd’hui, la nuit on ne dispose que de deux voitures de la police nationale, Clermont est dite « trop tranquille » pour voir ses effectifs de police nationale augmenter, tandis que la police municipale estime que ceci n’est pas sa compétence, seul Mr Godard, maire de Clermont Ferrand investi de prérogative de police pourrait demander à la police municipale d’intervenir, mais il semble que celui-ci soit plus sensible aux quotas de P.V.
L’insécurité augmente aussi autour du Palais de Justice comme le fait remarquer Didier Muller lieu devenu selon celui-ci une sorte de « cour des miracles ».

La ville de Clermont ne représente pas la métropole européenne qu’elle pourrait être aujourd’hui, elle pèche par un manque de communication et de lobbying au niveau européen, le seul lobbying fait avait été au profit de Vulcania impulsé par V.G. d’Estaing. A Clermont on ne sait pas utiliser les crédits européens…

La fiscalité locale influe également sur la dynamique commerciale.

La nouvelle taxe locale sur la publicité extérieure (TLPE) sera mise en place progressivement dès 2010 à Clermont Ferrand alors qu’elle ne sera obligatoire qu’à partir de 2014, de même le texte prévoyait une exonération possible pour les petits commerces dont la surface des enseignes ne dépassait pas 7 m², mais la municipalité clermontoise n’a pas jugé opportun de rendre effective cette exonération dont le but était la protection du commerce de proximité…

Pour Mac Donald cette taxe sur les enseignes représentera environ 6000 euros par site chaque année. La commune s’est par ailleurs lancée bille en tête dans cette nouvelle taxation, sans que les élus ne communiquent avec les commerçants, or la pose enseigne coûte cher (environ 10 000 euros pour une enseigne Croustipain) et celle-ci s’amortie en plusieurs année, les commerçants venant d’investir dans une enseigne neuve vont se trouver dans une situation inconfortable avec la venue de cette taxe dès l’année prochaine, situation qui aurait pu être éviter par le dialogue, tandis que la mairie prône la « démocratie participative ».

Anne Courtillé propose de remettre le sujet sur le tapis lors des prochains conseils municipaux afin d’épargner au moins les petits commerces (ceux de moins de 7 m² d’enseigne) et de repousser son application à 2014.

Le cas de la salle Gaillard, il faudrait une locomotive pour attirer du monde, comme le ciné dôme l’a été pour la zone Ernest Cristal. Il a été prévu qu’un restaurateur s’installe salle Gaillard, mais on peut se poser des questions sur la pertinence de ce choix. Oui un restaurateur peut être une locomotive dans certains quartiers, mais est-ce le cas dans un quartier disposant déjà de divers cafés, brasseries et restaurants… De plus une loi de 1973 impose lors de l’installation d’un nouveau restaurateur, l’accord des établissements licence 3-4 se trouvant à moins de 75 mètres, certains commerçants s‘oppose d’ores et déjà à cette installation qui n’attirera pas plus de clientèle, mais la divisera et ont déclaré que s’il devait y avoir division de la clientèle, ils se trouveraient dans l’obligation de licencier du personnel. Il faudrait une fois de plus instaurer un dialogue avec les commerçants avant de lancer un projet.

Quant au marché St Pierre, il est vide, mort, l’architecture est hideuse, il aurait du être « emballé » mais l’architecte de France s’y oppose. Il serait bénéfique que le marché St Pierre fasse l’objet d’une délégation de service public, tant qu’il n’y aura pas une gestion précise des commerçants, avec des règles précises, tant que ce sera l’ « anarchie » avec des horaires d’ouvertures changeants d’un commerçants à l’autre, on ne pourra pas fidéliser la clientèle.

Encore pour dynamiser les commerces de centre ville il faut les rendre plus accessibles, notamment en améliorant les dessertes par les transports publics (2ème ligne de tram, bus…), il faudrait également permettre un stationnement gratuit de 12h à 14h pour les emplacements soumis aux horodateurs, dans le but de récupérer une clientèle partant en périphérie à l’heure du déjeuner, enfin il serait bénéfique que soit installé une signalétique d’accès aux parking, les personnes extérieures à la ville disposent de trop peu d’informations pour se diriger facilement vers une place de stationnement, et cela limiterait peut être la baisse de fréquentation que connaissent ces derniers temps les parking de centre ville.

Les commerçants souhaitant changer les choses, être écouter, choisir doivent se réunirent afin de peser dans la balance. Pour cela des associations existent telles que Clermont commerce mais celles-ci ont besoin de plus d’adhérents pour être réellement indépendantes (aujourd’hui Clermont commerce est financé à 60% par la ville de Clermont, à 30% par la chambre de commerce et d’industrie (CCI) et seulement à 10% par les cotisations et partenaires).
De plus il faudrait que les organismes officiels tels que la CCI, la CGPME, et les diverses associations de commerçants parlent d’une seule voix.

Enfin, les commerçants devraient s’inscrire sur les listes électorales clermontoises même lorsqu’ils ne résident pas à Clermont pour être mieux considérés par la municipalité.


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