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Généralité du cancer

Publié le 25 juin 2009 par Marieclaude

Cancer : qu'est-ce que c'est?

Le cancer est souvent perçu comme une maladie incurable, sans issue, même si aujourd'hui, grâce au dépistage précoce et aux traitements, bon nombre de malades en guérissent.

Les tissus et les organes sont composés de millions de cellules. Chez les gens atteints du cancer, l'organisme est assailli par des cellules qui se multiplient de façon exagérée et envahissent les tissus avoisinants. Parfois, certaines d'entre elles peuvent se détacher et migrer vers d'autres régions du corps.

Divers facteurs, par exemple une irradiation, des substances cancérogènes présentes dans les aliments, dans l'air et la fumée de cigarette, ou une prédisposition génétique peuvent altérer la « mécanique » normale de ces cellules et les empêcher de fonctionner harmonieusement. Malades, elles se mettront à proliférer de façon incontrôlée. Normalement, le système immunitaire les élimine ou les empêche de devenir de véritables tumeurs, mais il arrive que ces cellules malades déjouent nos mécanismes de défense.

Mentionnons que les expressions tumeur maligne et tumeur cancéreuse sont aussi employées pour désigner un cancer. La tumeur bénigne n'est pas cancéreuse, et compromet moins la santé. Elle peut faire pression sur un organe ou un tissu, mais occupe un espace limité et ne se dissémine pas dans l'organisme.

Prévalence

D'après des prévisions établies en 2008 par la Société canadienne du cancer, environ 40 % des Canadiennes et 45 % des Canadiens seront atteints d'un cancer au cours de leur vie. Dans plusieurs pays occidentaux, au Canada et en France notamment, le cancer est la première cause de décès prématuré, c'est-à-dire avant l'âge de 65 ans.

L'augmentation de la prévalence du cancer s'explique en partie par le fait que la longévité augmente et que l'on détecte davantage de cancers qu'auparavant, grâce aux outils de dépistage. Ces facteurs expliqueraient environ le tiers de cette augmentation, estime-t-on.

De plus en plus d'enfants et d'adolescents sont touchés par le cancer : une large étude menée en Europe révèle qu'au cours des 30 dernières années, l'incidence du cancer a augmenté de 1 % par année chez les enfants, et de 1,5 % chez les adolescents.

Pronostic

Aucun médecin ne peut prédire, avec certitude, l'évolution du cancer ni les chances de survie pour une personne en particulier. Les statistiques dont on dispose donnent une idée du pronostic pour un large groupe de personnes, mais on ne peut transposer ces chiffres à un individu.

Cela dit, une proportion importante de malades guérit définitivement du cancer. Le taux de guérison dépend d'une multitude de facteurs : du type de cancer (à quel endroit la tumeur a pris naissance), de l'étendue du cancer au moment du diagnostic, de la malignité des cellules, de la présence ou non de métastases, de la disponibilité d'un traitement efficace, etc.

La méthode la plus utilisée pour déterminer la gravité d'un cancer est la classification TNM (Tumor, Node, Metastase), pour « tumeur », « ganglion » et « métastase ».

  • Le stade T (de 1 à 4) décrit la taille de la tumeur.
  • Le stade N (de 0 à 3) décrit la présence ou l'absence de métastases dans les ganglions voisins.
  • Le stade M (0 ou 1) décrit l'absence ou la présence de métastases à distance de la tumeur.

Causes

D'après les autorités de santé publique, les deux tiers des cas de cancer seraient causés par le mode de vie, essentiellement par le tabagisme et une mauvaise alimentation. Les facteurs héréditaires seraient responsables de seulement 5 % à 15 % des cancers. Dans les pays en développement, l'incidence du cancer augmente rapidement, suivant l'industrialisation et l'adoption d'un mode de vie à l'occidental. Mentionnons que certains experts tiennent un discours différent et considèrent la pollution comme l'une des grandes causes du cancer.

Les habitudes de vie : regard mondial

Les habitudes de vie jouent un rôle prédominant dans l'apparition du cancer. Cela est bien mis en relief par le phénomène de l'immigration. Les émigrés finissent généralement par avoir les mêmes maladies que la population de leur pays d'accueil.

Par ailleurs, les types de cancers les plus fréquents varient d'une région à l'autre du globe. En Asie, les cancers de l'estomac, de l'oesophage et du foie sont beaucoup plus fréquents, notamment parce que l'alimentation des habitants comporte une grande part d'aliments très salés, fumés et marinés. En Amérique du Nord ainsi qu'en Europe, les cancers du poumon, du côlon, du sein et de la prostate sont les plus fréquents, entre autres en raison du tabagisme, des mauvaises habitudes alimentaires et de l'obésité. Au Japon, la consommation de viande rouge, qui n'a cessé d'augmenter au cours des 50 dernières années, a fait augmenter de sept fois l'incidence du cancer du côlon3.

Formation d'un cancer

Un cancer peut se former dans n'importe lequel des tissus. Chez les adultes, il se développe habituellement sur plusieurs années, voire des dizaines d'années. On peut diviser la formation d'une tumeur maligne en trois étapes :

  • Initiation. Le matériel génétique d'une cellule est endommagé; il s'agit d'un événement fréquent. La fumée de cigarette, l'amiante, les substances cancérogènes présentes dans les aliments ou un surplus de radicaux libres peuvent causer un tel dommage. La plupart du temps, l'organisme répare l'erreur grâce à ses mécanismes naturels. Si l'erreur est irréparable, la cellule meurt. On parle alors d'apoptose ou de « suicide » cellulaire. Lorsque ces mécanismes ne fonctionnent pas, la cellule endommagée entre en phase de « promotion ».
  • Promotion. Des facteurs extérieurs vont stimuler ou non la formation d'une cellule cancéreuse. Il peut s'agir des habitudes de vie, comme le tabagisme, l'activité physique, l'alimentation, etc.
  • Progression. Les cellules prolifèrent et la tumeur se forme. Dans certains cas, elles peuvent envahir d'autres parties du corps. Dans sa phase de croissance, la tumeur commence à provoquer des symptômes : des saignements, de la fatigue, etc.

Les propriétés des cellules cancéreuses et de la tumeur

  • Une multiplication déréglée. Les cellules se reproduisent sans cesse et sont insensibles aux signaux d'arrêt de croissance en provenance des cellules voisines.
  • Une perte des fonctions d'origine. Les cellules n'ont plus d'utilité pour l'organisme.
  • L'immortalité. Le processus d'apoptose ou de « suicide » cellulaire, qui se déclenche normalement lorsqu'une cellule est déréglée, ne fonctionne plus.
  • Une résistance aux attaques du système immunitaire. Les cellules cancéreuses déjouent leurs « assassins », les cellules NK, ainsi que d'autres cellules censées limiter leur progression.
  • La formation de nouveaux vaisseaux sanguins, appelée angiogenèse tumorale. Ces vaisseaux sont indispensables à la croissance des tumeurs, car ils leur apportent des nutriments et de l'oxygène (sinon, les tumeurs ne peuvent croître au-delà de 1 mm)3.
  • Souvent, l'envahissement des tissus voisins et d'autres parties du corps. Les nouveaux foyers de cancer sont appelés métastases.

Les transformations génétiques qui surviennent dans la cellule, lorsqu'elle devient cancéreuse, sont transmises à ses cellules descendantes.

Les différents cancers

Chaque type de cancer a ses caractéristiques et ses propres facteurs de risque. Veuillez vous référer aux fiches spécifiques suivantes pour plus de détails sur ces cancers.

- Cancer colorectal (côlon et rectum)
- Cancer de l'endomètre (corps de l'utérus)
- Cancer de la peau
- Cancer du poumon
- Cancer de la prostate
- Cancer du sein

Symptômes du cancer

Le cancer se manifeste de manière très variable. Il évolue généralement sur de nombreuses années avant que les symptômes n'apparaissent. Les symptômes suivants peuvent être des signes de cancer. En leur présence, consulter un médecin.

  • Une masse palpable, surtout si elle augmente de volume : un nodule dans un sein, sous la peau, à un ganglion, etc.
  • Un grain de beauté ou une tache cutanée qui change d'aspect, de couleur ou de taille, ou qui saigne.
  • Un saignement : du sang dans les crachats, les urines ou les selles. Pour les femmes, des pertes sanguines vaginales en cours de cycle ou après la ménopause.
  • Des symptômes persistants : une toux et des enrouements inexpliqués depuis plus de quatre semaines, une difficulté à déglutir, des nausées et des vomissements, une plaie qui ne guérit pas en trois semaines, une diarrhée ou de la constipation depuis six semaines ou plus.
  • Une rétractation ou un écoulement du mamelon.
  • Des maux de tête récidivants et violents.
  • Une fatigue extrême.
  • Une perte de poids rapide, inexpliquée.

Personnes à risque

  • Certaines familles sont touchées plus fréquemment par le cancer. Il y aurait, dans ces familles, des gènes de prédisposition au cancer, transmis d'une génération à l'autre. Cela peut être le cas pour les cancers du sein, de l'ovaire et du côlon. Même chez les personnes dont le bagage génétique prédispose au cancer, le risque d'en être atteint un jour dépend aussi et en grande partie du mode de vie et de l'environnement.
  • Les personnes qui ont déjà eu un cancer.
  • Les personnes âgées de 50 ans ou plus. En vieillissant, le risque de cancer s'accentue, car les mécanismes de défense sont moins efficaces et la durée d'exposition aux facteurs de risque augmente.

Facteurs de risque

La recherche scientifique a permis de découvrir des facteurs de risque pour la plupart des cancers. Certains de ces facteurs accroissent considérablement le risque de développer un type particulier de cancer, tandis que d'autres ont une influence plus ténue.

Généralité du cancer
 

Les deux principaux facteurs de risque

  • Le tabagisme. Les produits cancérogènes contenus dans la fumée de cigarette ne s'attaquent pas seulement aux poumons, ils sont également impliqués dans le risque de cancers de la bouche, du larynx, du col de l'utérus, du sein, de l'estomac, de la vessie et plusieurs autres. Le tabagisme est responsable de 30 % des décès liés au cancer. Voir la fiche Cancer du poumon.
  • Une mauvaise alimentation. Le régime alimentaire occidental comprend souvent trop de calories, trop de protéines animales, trop de gras, trop de sel et trop de sucre, et insuffisamment de fruits et de légumes ainsi que de céréales à grains entiers. D'après l'Organisation mondiale de la Santé, les facteurs alimentaires sont responsables de 30 % des cancers en Occident, et d'environ 20 % dans les pays en développement.

D'autres facteurs de risque importants

  • L'obésité et l'embonpoint. Conséquence de la sédentarité et de la mauvaise alimentation, le surplus de poids serait un facteur de risque très important pour plusieurs cancers, dont ceux de l'oesophage, du côlon, du sein, de l'endomètre et du rein. Voir notre fiche Obésité.
  • La sédentarité. En plus de causer un excès de poids, la sédentarité empêcherait le bon fonctionnement de certains mécanismes indispensables au maintien de la santé. La bonne forme physique réduit le risque de cancer du côlon ainsi que du cancer du sein.
  • L'exposition à des produits chimiques cancérogènes. Elle causerait 4 % des cas de cancer dans les pays industrialisés. Il s'agit, entre autres, des produits chimiques auxquels on peut être exposé dans un milieu de travail (l'arsenic, l'amiante, le benzène, etc.), de certains produits de nettoyage, des solvants à peinture, du radon terrestre qui s'infiltre dans le sous-sol des maisons et des pesticides répandus sur les terrains (une cause reconnue de leucémie chez les enfants).
  • L'exposition à des substances radioactives.
  • Une infection chronique. Certains microbes, surtout des virus, peuvent causer des cancers. Ils seraient responsables de 18 % de tous les cas de cancer dans le monde, surtout dans les pays en développement (environ 5 % dans les pays industrialisés). À titre d'exemple, mentionnons le papillomavirus (cancer du col de l'utérus), les virus de l'hépatite B et C (cancer du foie), la douve du foie (cancer des voies biliaires), l'Helicobacter pylori (cancer de l'estomac) et le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) (sarcome de Kaposi et lymphome).
  • La consommation d'alcool. Les recherches ont démontré un lien entre la consommation d'alcool (même lorsque celle-ci est modérée) et plusieurs types de cancer : du sein, du côlon et du rectum, de l'oesophage, du larynx, du foie, de la bouche et du pharynx. Plus la quantité d'alcool consommée est importante, plus le risque de cancer s'élève, peu importe le type d'alcool (vin, bière ou spiritueux).
  • L'exposition exagérée au soleil. Les rayons ultraviolets (UV), à haute dose, peuvent causer un cancer de la peau à long terme.

Les facteurs psychologiques

Les facteurs psychologiques jouent un rôle plus controversé dans l'apparition du cancer. En se basant sur une panoplie d'études, des scientifiques ont tenté de cerner une personnalité plus susceptible d'être atteinte de la maladie. Baptisée personnalité de type C, elle décrit les gens qui ont tendance à refouler constamment ce qu'ils ressentent et à se résigner facilement. Sur la base de tests de personnalité, certaines recherches ont pu prédire jusqu'à 40 % des cancers devant apparaître 15 ans plus tard. Par contre, d'autres études n'ont pas réussi à déterminer un lien clair entre le type de personnalité et l'apparition du cancer.

Quant au stress et à la dépression, ces facteurs sont reconnus comme influençant à la baisse la vigueur du système immunitaire. Cependant, il est très difficile de circonscrire la part de ces facteurs dans la formation du cancer, une maladie qui se développe sur plusieurs années. Les personnes dépressives atteintes du cancer peuvent avoir tendance à rapporter plus d'événements négatifs que la moyenne, ce qui peut fausser les résultats des études. Certains auteurs croient tout de même que la combinaison d'une personnalité de type C et d'un stress chronique majore le risque de cancer. Cela serait particulièrement le cas pour les personnes qui ressentent un sentiment d'impuissance durant une longue période de temps.

Des comportements autodestructeurs, comme une mauvaise alimentation et la sédentarité, peuvent être le signe d'une mauvaise écoute de soi. Ne pas consulter un médecin à temps revient aussi à ne pas écouter ses signaux internes.

Prévention du cancer

  • Le cancer est la première cause de mortalité prématurée en Occident.
  • Au Canada, une personne sur trois sera touchée par le cancer au cours de sa vie.
  • Les deux tiers des cancers seraient provoqués par des facteurs liés au mode de vie. Tout laisse croire que bien manger, cesser de fumer, faire de l’exercice et gérer son stress peut contribuer à prévenir le cancer.

Mesures de dépistage

Pour certains types de cancers, un dépistage précoce améliore de manière notable les chances de survie. C’est le cas pour les cancers du sein, du côlon et du col de l’utérus. Consulter les fiches spécifiques à ces formes de cancer pour en savoir davantage.

Remarque. Si l’on soupçonne une prédisposition familiale, il est maintenant possible, pour certains types de cancers, de procéder à un dépistage génétique. On envisage ce test seulement lorsque plusieurs membres de la famille immédiate sont atteints ou ont été atteints d’un même type de cancer. Si le test confirme une prédisposition génétique, des mesures préventives spécifiques peuvent alors être entreprises pour diminuer le risque de développer la maladie. Cependant, une telle démarche demande un soutien spécial, car les résultats ont des retombées importantes sur toute la famille.

Mesures préventives de base

Bien entendu, la lutte contre le cancer ne requiert pas seulement des actions individuelles, mais aussi collectives : réduire les émissions de gaz à effets de serre, aménager les villes afin de favoriser l’activité physique, etc.

Les mesures suivantes décrivent ce que vous pouvez faire pour réduire votre risque de cancer. Les bonnes habitudes de vie seraient presque aussi efficaces pour prévenir la survenue d’un cancer qu’elles le sont pour prévenir les troubles cardiaques.

Ne pas fumer ou cesser de fumer. Plusieurs types de cancers sont liés au tabagisme. Voir notre fiche Tabagisme.

Adopter autant que possible une alimentation anticancer. En se basant essentiellement sur les résultats d’études épidémiologiques, d’études sur des animaux et d’études in vitro, des chercheurs et des médecins ont émis des recommandations afin d’encourager la consommation d’aliments qui aident l’organisme à lutter contre le cancer. Ces mesures pourraient aussi prévenir le cancer, selon de nombreuses études. On croit également que la rémission d’un cancer pourrait être favorisée.

  • Des fruits et des légumes variés et frais. D’après les données disponibles, ces aliments en particulier ont démontré des vertus anticancer :
    - les crucifères (brocoli, chou, chou-fleur, etc.);
    - les alliacées (oignon, ail, échalote, poireau, ciboulette, ciboule);
    - les légumes vert foncé;
    - les tomates;
    - les agrumes;
    - les petits fruits (bleuets, framboises, fraises, canneberges, etc.).
    Les jus de légumes, de fruits pressés et les soupes peuvent aider à en consommer suffisamment.
  • Un apport suffisant et équilibré en acides gras essentiels. Privilégier les oméga-3, que l’on retrouve dans les poissons gras et leur huile, les graines de lin, les noix, l’huile de canola (colza), etc. Limiter les gras hydrogénés (gras trans) contenus notamment dans les margarines hydrogénées, les pâtisseries, la pâte à pizza et les biscuits industriels, ainsi que les gras saturés contenus dans la graisse de porc et de boeuf, le beurre, la crème, etc. Voir notre dossier Gras: guerre et paix.
  • Du soya (haricots, miso, sauce de soya, tofu, lait de soya, grains verts de soya ou edamame).
  • Du curcuma. Idéalement, consommer le curcuma avec du poivre, qui accroît considérablement l’absorption du curcuma par l’organisme.
  • Du thé vert.

Éliminer ou éviter le plus souvent possible

  • les excès de calories;
  • les sucres raffinés et les farines blanches;
  • les plats préparés en industrie;
  • la viande rouge;
  • les aliments marinés, en conserve, fumés, frits ou transformés, qui contiennent beaucoup de sel et de produits cancérogènes;
  • la charcuterie (jambon, bacon, saucisse, etc.), qui contient des nitrites, potentiellement cancérogènes;
  • la viande cuite à la flamme (barbecue). Le gras qui s’écoule de la viande et s’enflamme produit des hydrocarbures aromatiques, des produits qui adhèrent à la surface des morceaux de viande et qui peuvent être cancérogènes. Il semble que le fait de laisser macérer la viande dans une marinade contenant un élément acide (comme du jus de citron) réduise la formation de ces toxines.

Pour en savoir plus, consulter la Diète spéciale: cancer conçue par la nutritionniste Hélène Baribeau, ainsi que le livret Les réflexes anticancer au quotidien du Dr David Servan-Schreiber.

Privilégier une alimentation biologique. Certains experts recommandent aux personnes atteintes de cancer de consommer des aliments biologiques. D’après eux, les fruits, les légumes et les céréales à grains entiers issus de l’agriculture biologique auraient une meilleure valeur nutritive que leur équivalent issu de l’agriculture traditionnelle. Cependant, cela reste à démontrer. Pour en savoir plus, lire notre article Bio: mieux pour la santé?

Se maintenir actif physiquement. La pratique régulière d’activité physique permet de réduire le risque de cancer du côlon et de cancer du sein, et sans doute d’autres cancers, comme ceux de la prostate et de l’ovaire. Les bienfaits sur la santé générale sont multiples. Un minimum de 30 à 45 minutes d'activité physique par jour est recommandé.

Limiter sa consommation d’alcool. À la lumière des études les plus récentes, aucune consommation régulière d’alcool ne semble être sécuritaire68,69. Afin de réduire le risque de cancer, la Société canadienne du cancer conseille aux femmes de limiter leur consommation d’alcool à moins d’un verre par jour, et aux hommes à moins de deux verres par jour.

Se protéger des infections transmises sexuellement. Le cancer du col de l’utérus est plus fréquent chez les femmes qui ont eu des relations sexuelles non protégées avec plusieurs partenaires. Elles sont en effet plus à risque d’être porteuse du virus du papillome humain (VPH) qui peut entraîner le cancer du col de l’utérus.

Ne pas s’exposer au soleil pendant des périodes prolongées sans une protection adéquate. Il est important de protéger sa peau durant les heures de fort ensoleillement afin d’éviter les coups de soleil et prévenir le cancer de la peau, surtout pour les personnes à la peau claire. Pour plus de détails, voir notre dossier Soleil et cancer: la controverse se poursuit.

Réduire au maximum l’exposition à des substances cancérogènes. Au travail et à la maison, éviter de s'exposer à des substances cancérogènes connues (les herbicides et les pesticides, les radiations, les produits chimiques nocifs, etc.). Respecter les mesures de sécurité apposées sur les produits. Mentionnons que la Société canadienne du cancer encourage l’interdiction des pesticides chimiques sur le gazon et dans les jardins, puisqu’ils pourraient s’avérer nocifs. Elle met aussi en garde contre le bois traité, qui contient de l’arsenic et du chrome, deux substances cancérogènes reconnues.

Veiller à son bien-être psychologique. À cet égard, toute démarche visant à mieux réagir aux stresseurs ou à sortir d’un sentiment d’impuissance persistant, s’il y a lieu, doit être considérée : prise de conscience de l’origine du mal-être, méditation, activité physique modérée, respiration profonde, etc. Au besoin, une démarche en psychothérapie peut s’avérer utile. Consulter notre dossier Le stress et l’anxiété et notre fiche Psychothérapie. En cas de souvenirs et de charge émotionnelle liés à une expérience traumatique, le Dr David Servan-Schreiber, psychiatre français, recommande l’approche de l’EMDR (l’intégration neuro-émotionnelle par les mouvements oculaires). Plusieurs études ont démontré son efficacité à soulager le syndrome de stress post-traumatique.

Autres mesures pour prévenir l’apparition de la maladie

  • À la lumière des résultats de diverses études, la Société canadienne du cancer recommande aux Canadiens, depuis 2007, de prendre un supplément de 25 µg (1 000 UI) par jour de vitamine D en automne et en hiver17. L’organisme suggère aux personnes présentant des risques plus élevés de carence en vitamine D - ce qui inclut les personnes âgées, les personnes dont la pigmentation de la peau est foncée et les personnes qui s’exposent rarement au soleil - d’en faire autant durant toute l’année. Selon les études, un tel apport en vitamine D réduit les risques des cancers de la prostate, du sein et colorectal. Pour en savoir plus, consulter la fiche Vitamine D.
  • Chez les personnes à haut risque de cancer, et seulement chez celles-ci, certains médicaments sont parfois donnés en prévention. Par exemple, le finastéride pour prévenir le cancer de la prostate et le tamoxifène pour prévenir le cancer du sein.

 

Mesures pour prévenir l’aggravation et les récidives

  • Les mesures préventives décrites précédemment aident aussi à ralentir l’évolution du cancer et à prévenir les récidives. Selon le Dr David Servan-Schreiber18, ces mesures sont aussi extrêmement importantes pour les personnes atteintes de cancer, en complément des traitements médicaux, mais demeurent malheureusement sous-utilisées.
  • Divers traitements, comme la chimiothérapie, l’hormonothérapie, la radiothérapie ou l’immunothérapie, sont généralement proposés afin de prévenir la réapparition du cancer.

Traitements médicaux du cancer

Le traitement du cancer dépend de plusieurs facteurs : du type de cancer, de sa taille et de sa localisation, de l’évolution de la maladie et de l’état de santé de la personne. Il s’échelonne habituellement sur plusieurs mois. Ensuite, un suivi régulier est offert, en raison de la possibilité de rechute. Malheureusement, bien souvent, le traitement est entrepris au moment où le cancer est déjà à un stade avancé, ce qui réduit les chances de guérison.

Selon le degré d’évolution du cancer, trois approches thérapeutiques sont possibles :

  • Un traitement curatif, qui vise à guérir le cancer.
  • Un traitement adjuvant, qui est donné en parallèle au traitement principal, afin d’améliorer les chances de guérison (par exemple, l’hormonothérapie administrée avant ou après la chirurgie pour un cancer de la prostate).
  • Un traitement palliatif, qui vise à soulager les symptômes ou à prolonger la durée de vie, lorsque les chances de guérison sont très faibles.

Traiter un cancer représente tout un défi : tuer les cellules malades tout en préservant les cellules saines. La radiothérapie, par exemple, détruit aussi les cellules saines à proximité de la tumeur. Quant aux traitements de chimiothérapie, certains d’entre eux vont toucher tout l'organisme, et plus particulièrement les cellules à développement rapide, comme celles du cuir chevelu, du tube digestif et du sang. Dans ce cas, les effets indésirables peuvent être importants : une réduction des fonctions immunitaires, de l’anémie, des problèmes digestifs et une perte de cheveux. Des chercheurs sont à pied d’oeuvre afin de mettre au point des médicaments qui s’attaquent uniquement aux cellules cancéreuses.

Types de traitements médicaux possibles

Chirurgie. Si possible, on extrait la tumeur par chirurgie et on complète le traitement par de la radiothérapie et de la chimiothérapie pour éliminer les cellules cancéreuses qui restent. Il s’agit du plus ancien traitement contre le cancer et sans doute du plus efficace lorsque la tumeur est encore circonscrite à une région du corps, c’est-à-dire qu’elle ne s’est pas infiltrée dans les tissus voisins.

Radiothérapie. Utilisant différentes sources de rayons ionisants, selon le type de tumeur, ce traitement est souvent requis après une chirurgie. Il vise à détruire des cellules cancéreuses qui pourraient subsister et à prévenir les récurrences locales. Les rayons tuent aussi les cellules normales. Les rayons ionisants sont émis soit par un appareil de radiothérapie, soit par des substances radioactives introduites dans le corps du patient à proximité de la tumeur (la curiethérapie). Au Canada et aux États-Unis, environ la moitié des patients atteints de cancer reçoit de la radiothérapie.

Chimiothérapie. La chimiothérapie consiste à administrer, par injection ou sous forme de comprimés, des agents chimiques cytotoxiques. Il en existe plusieurs, qui possèdent différents mécanismes d’action et différents effets indésirables. Son usage dépend de la malignité de la tumeur, de son origine et de son stade d'évolution. Elle est souvent utilisée lorsque la tumeur réapparaît et lorsqu’il y a des métastases. La chimiothérapie est parfois indiquée avant une chirurgie pour réduire la taille de la tumeur et faciliter son ablation.

Hormonothérapie. L’hormonothérapie peut aider à contrôler et à guérir le cancer du sein ou de la prostate, qui sont parfois hormonodépendants. Elle vise souvent à réduire le taux de certaines hormones dans le corps (par exemple, les oestrogènes), ou à empêcher la tumeur d’utiliser ces hormones pour croître.

Immunothérapie. Parmi les principales substances chimiques actives dans le système immunitaire, il y a les cytokines - dont font partie les interférons et les interleukines. Chez les patients dont le système immunitaire est déjà fort et chez qui le cancer est encore à un stade peu avancé, on peut injecter des cytokines pour relancer la fonction immunitaire de l'organisme. Par ailleurs, de nouveaux traitements d’immunothérapie sont en cours d’élaboration. Ils consistent à produire un « vaccin » qui stimule l’activité du système immunitaire du patient contre sa tumeur.

L'angiogenèse tumorale est le phénomène par lequel de nouveaux vaisseaux sanguins se forment autour d'une tumeur. La formation de ces vaisseaux est stimulée par des substances que sécrètent les cellules cancéreuses. Comme ces vaisseaux permettent à la tumeur de se nourrir, plusieurs médicaments de chimiothérapie et d’hormonothérapie visent à enrayer le phénomène d'angiogenèse de façon à « affamer » la tumeur.

Soutien psychologique et social

Le travail psychologique peut aider la personne atteinte de cancer à avoir une meilleure qualité de vie en lui permettant de garder un contrôle sur les autres dimensions de sa vie. De plus, elle aide à sortir du sentiment d’impuissance qui peut contribuer à la progression de la tumeur. L’aide peut prendre toutes sortes de formes : la consultation d’un psychologue, d’un psychothérapeute, d’un psychiatre, d’un travailleur social, d’une infirmière, d’un groupe de soutien, des proches, d’autres patients sur Internet, etc.

Des recherches dirigées par Alastair Cunningham, à l’Université de Toronto, ainsi que par David Spiegel, à l’Université de Stanford, démontrent que la participation à une psychothérapie de groupe diminue généralement le stress, procure une plus grande appréciation de la vie et aide à y donner un sens19-26. Selon d’autres recherches, toutefois préliminaires et controversées, la durée de vie20,27-29 pourrait s’allonger chez certaines personnes atteintes de cancer qui font, avec un grand engagement personnel, une telle démarche en psychothérapie.

Les spécialistes mettent toutefois en garde contre l’équation simpliste selon laquelle la maladie est attribuable à un conflit psychologique qui, une fois cerné, mènera à la guérison.

Les fondations et les sociétés dédiées aux personnes atteintes d’un cancer offrent plusieurs services de soutien. Consulter la section Sites d’intérêt.

L'opinion de notre médecin

Si vous êtes atteint d'un cancer, il est probable que vous soyez ou serez « bombardé » de recommandations de toutes sortes venant de votre entourage. Vos propres recherches vous feront découvrir plusieurs « traitements miracles » et plusieurs thérapeutes vous promettront la guérison. Comment choisir parmi tous ces moyens proposés?

Toutes les promesses de guérison devraient vous mettre en garde. Au mieux, il s'agit de naïveté et de manque d'esprit critique. Au pire, il s'agit d'exploitation frauduleuse.

Des recherches sur les personnes ayant guéri d’un cancer jugé incurable ont révélé qu'il n'y a pas de recette universelle, pas de produit miracle. Chacun doit se bâtir un plan de santé individuel, basé sur ses propres croyances, son intuition, ses connaissances de soi et du cancer. Bien se connaître est indispensable avant d'utiliser son intuition dans des moments aussi émotivement difficiles.

Des guérisons remarquables existent bel et bien. Elles ont en commun une approche globale, à plusieurs facettes et individualisée. L'amour, la prière, la spiritualité et les approches psychocorporelles sont peu documentés scientifiquement, mais elles sont souvent utilisées dans un plan global de santé. Tous les moyens ci-dessus devraient mériter votre attention. Médecine classique et médecines complémentaires ne s'opposent pas; elles se complètent au sein de la médecine intégrée telle que proposée sur ce site.

Je vous souhaite beaucoup de plaisir à explorer tout le potentiel de votre vie.

 

Dr Paul Lépine, M.D., D.O

Bonne journée,

marie claude

ref: Msn.sante


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