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La semaine très politique de Pierre Marie VIDAL

Publié le 27 septembre 2007 par Bruno Mouilloud

Chaque semaine sur PoliticoWeb vous retrouverez la chronique de Pierre-Marie VIDAL, rédacteur en chef, du site Profession Politique.


Le dispositif du gouvernement sur les heures supplémentaires risque de ne pas produire les effets escomptés. Si Matignon et le patronat s’accordent sur l’idée de travailler plus pour gagner plus, les uns pensent au pouvoir d’achat, les autres à leurs marges.

Le 1er octobre, entre en vigueur l’une des mesures phares du désormais célèbre slogan élyséen “travailler plus pour gagner plus”. Pressés de s’exécuter, les services de Bercy en redoutent tellement les effets sur les finances publiques que le décret d’application semble avoir été mis au monde dans la douleur. Un tel danger paraît pourtant bien improbable au regard de l’attractivité de la mesure. Pas ou peu d’incidence sur le coût du travail pour l’employeur, et, pour les principaux intéressés - sachant que la majorité d’entre eux sont peu ou pas fiscalisés -, un avantage limité, de fait, à la seule réduction des charges sociales. Dernière hypothèque de taille sur les résultats du dispositif : les entreprises disposent-elles d’heures supplémentaires en quantité significative pour produire les effets escomptés par le gouvernement sur la consommation et sur la croissance ?

Le dispositif pourrait bien échouer - avant même de trouver sa vitesse de croisière - sur l’écueil d’un malentendu chronique entre le gouvernement et le patronat. Quand l’un et l’autre s’accordent sur l’idée de travailler plus pour gagner plus, les uns pensent au pouvoir d’achat des Français, les autres pensent à leurs marges. En d’autres termes, le gouvernement comme le patronat rêvent à nouveau d’un dispositif de contournement des 35 heures, mais n’ont pas trouvé de consensus sur le dispositif de sortie acceptable tant en termes économiques que politiques. À six mois des municipales, l’exercice est en effet risqué.

Alors - parce que l’on n’ose pas franchir le pas de l’abrogation - on détricote, on grignote. Après les premières lois Fillon sur les heures supplémentaires, cet énième cheval de Troie aura-t-il sournoisement raison du dogme ? C’est tout l’espoir inavoué du gouvernement.

Décidément une semaine très politique.


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