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Patron d'un GenY

Publié le 27 juin 2009 par Claude
Patron d'un GenY

"Bref, peu importe! Des gens meurent et d’autres viennent au monde, mais la société perdure sans se laisser perturber par ces incidents aussi mineurs qu’insignifiants."
Extrait d'une allocution de M. Bernard Arcand prononcée devant l’Institut d’administration publique de Québec
J'ai dirigé une petite réunion à laquelle assistait un directeur d'opération, un représentant syndical et un jeune d'environ 17 ans qui effectue un stage. Au cours d'une discussion hors contexte, nous avons abordé la question du vieillissement de la main d'œuvre et de la difficulté appréhendée à les remplacer au moment de la retraite qui surviendra vraisemblablement au cours de 3 à 5 ans à venir.
L'un des participants disait que la génération Y était moins travaillante et qu'il en faudrait trois pour remplacer un Boomer sans compter qu'ils veulent travailler trois fois moins longtemps. À ce compte, ça prendra 9 Y pour 1 Boomer. En passant, l'autre participant n'était pas en désaccord, et je ne parle pas du Y qui assistait à la scène ni de moi! Décidément, j'avais vraiment sous-estimé l'efficacité de nos Boomers.
Difficulté avec l'autorité, infidèle, paresseux, pense tout connaître, veulent tout avoir immédiatement. Ce ne sont que quelques uns des clichés entourant les 17-30 ans. N'oublions pas qu'ils sont le fruit des boomers! Vous leur avez dit qu'ils pouvaient tout faire, tout réussir dans la vie et qu'il n'en tenait qu'à eux. Ils sont prêts, déterminés et ils le veulent maintenant.
Au delà de la caricature, qu'est-ce que les Boomers ne comprennent pas à la génération Y?
La conception du travail est l'un des premiers traits distinctifs. Pour les GenYs, le travail peut être partout, à tout moment. Il n'y a pas nécessairement de lieu, d'espace ou de temps dédié au travail. L'ère des communications instantanées, sans fil permet maintenant une approche différente du concept de travail. Le lieu du travail n'est pas obligatoirement le bureau. Par exemple, ce matin, j'étais chez PresseCafé, au Marché Central, de 7h30 à 9h45. J'avais rendez-vous au Ministère du Travail à 10h00. Ambiance décontractée, bon café, croissant musique d'ambiance. J'ai eu du plaisir et cette période de travail a été des plus productive. J'ai répondu à tout mes courriels (demandez à ceux qui les ont reçu, j'étais en feu), mis de l'ordre dans mon Outlook, planifié ma prochaine semaine. Il faut réviser notre compréhension du lieu de travail et du temps.
Nos modes de communication sont fort différents. J'ai un blog, un facebook, un Delicious, un Twitter, un LinkedIn et un Xing. J'utilise les textos, j'ai un Blackberry et j'utilise Skype pour parler à mes enfants quand je voyage. Je parle Web 2.0, webinaire, vidéoconférence et on me parle de fax et d'appels conférence..(c'est poche!) Pour rejoindre les jeunes, il faut utiliser leurs modes de communication et d'interaction. Nous sommes en retard.
Les modes d'apprentissage sont moins linéaires. Pour le Boomer traditionnel, l'apprentissage est d'abord magistral avant d'être pratique. Il assiste à une formation, lit un ouvrage et met ensuite en pratique. Le Y apprend au besoin (quand ça rush) et souhaite une mise en application plus direct de type essai/erreur. Il est du genre à poser constamment des questions. Plutôt que de se farcir un long et fastidieux apprentissage, il cherchera dans ses contacts et références, celui qui connaît le sujet. De l'action, de l'action et encore de l'action.
Les modes de communication ont aussi un effet sur la façon de se rencontrer. Les Boomers et les X, planifient et coordonnent leurs agendas respectifs. Le Y se pointe dans votre bureau sans préavis. Ça peut être déstabilisant, voire irritant. Pour le Y, planifier, peut vouloir dire attendre et c'est, à ses yeux, inefficace.
Le choc des générations est inévitable. Tentez de comprendre ces différence peut permettre une meilleure collaboration dans nos milieux de travail et qui sait, avoir une meilleure compréhension de nos propres enfants.
"...si tout va bien, notre société prend le risque, normalement et logiquement, de créer des chocs de générations à répétition. C’est le prix à payer pour stimuler le progrès constant." (op.cit.)

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