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La crise est plus un pretexte qu'une realité

Publié le 28 juin 2009 par Maaxtal

La SPA (Société Protectrice des Animaux) de Valence est un refuge animalier qui accueille en ce moment 70 chiens, une trentaine de chats et, depuis trois jours, deux lapins.

Selon Evelyne Petetin, trésorière de l'établissement, « il n'y a pas plus d'abandon chez nous en été que durant le reste de l'année. Nous souhaitons sensibiliser au maximum toutes les personnes : on ne prend pas d'animal si on ne peut pas s'en occuper ! »

Lors d'un "abandon direct", c'est-à-dire quand le maître apporte son animal au refuge, ce dernier passe chez le vétérinaire, est identifié par puce électronique, vacciné, stérilisé, puis mis à l'adoption. Toutes ces opérations se font aux frais de l'association.

Quand c'est la fourrière qui en récupère un, elle le garde pendant huit jours ouvrables. Si personne ne s'est manifesté (dans un cas sur deux), il est identifié puis mis à l'adoption à la SPA.

Les causes de l'abandon sont généralement le divorce et le déménagement

« La SPA de Valence compte trois employés à temps partiel et une trentaine de bénévoles », explique la trésorière. « Nous ne fonctionnons qu'avec les dons et les frais d'abandons. La seule subvention nous vient du conseil général de la Drôme d'un montant de 4 400 € par an. Quant à l'association "30 millions d'amis", elle nous aide en payant les factures du vétérinaire et la nourriture. »

 

Les raisons les plus souvent invoquées lors des abandons directs sont le divorce et le déménagement (le nouvel appartement n'est plus adapté). Une troisième moins invoquée est l'allergie, « mais rarement les départs en vacances ». Cependant, la fourrière retrouve certains animaux sur les aires d'autoroute.

Chose étonnante, le Refuge de Valence se vide entièrement ou presque de ses chats chaque janvier.

Côté chiffres, en 2008, le refuge valentinois a accueilli 253 chiens et 162 chats issus de la fourrière et 63 chiens et 93 chats issus des abandons directs. En contrepartie, elle a fait adopter 342 chiens et 227 chats (le chiffre de chiens sortants est plus important du fait de l'adoption de chiens arrivés avant 2009).

L'abandon est un acte de maltraitance puni par la loi

« L'acte d'abandon est considéré comme un acte de maltraitance et il est puni par la loi.

Malheureusement, ces maîtres ne sont pas inquiétés », déplore Mme Petetin

Au refuge SPA de Pierrelatte, "l'Etape de l'espoir", la responsable, Amandine Mourey, comptabilise « 62 adoptions de chiens depuis le début de l'année ». En moyenne, « ce sont 30 à 40 chiens qui sont candidats à l'adoption en permanence. Les animaux restent 6 à 7 mois » précise-t-elle.

Mais selon la responsable, la crise n'a pas, à proprement parler, changer ces chiffres. « Il y a eu un pic d'abandons vers mars-avril mais ce n'est pas pour l'argent... Il y en a eu un ou deux à cause de licenciements et quelques-uns pour des déménagements.

« Cependant, la crise est prise quelquefois comme prétexte. Quant aux vacances, c'est pour beaucoup un cliché. » La responsable souligne l'efficacité du site internet www.spa-tricastin.com, mis à jour quotidiennement pour expliquer également le bon niveau d'adoption.

Toutefois, au rayon des changements de l'année et donc des effets possibles de la crise, la directrice note que parmi les abandons : « il y a plus de chiens de race. »

Mais de préciser que lorsqu'on « prend un animal, on prévoit le budget (...). Certaines personnes n'ont pas les moyens de prendre un animal mais ils choisissent de nous amener de temps en temps des croquettes. » Sous couvert d'anonymat, il nous expose son activité d'enquêteur à la SPA (Société pour la Protection des Animaux) en Drôme-Ardèche. 

Quel est le rôle de l'enquêteur de la SPA ?

Tout d'abord, il faut savoir que toute l'équipe est constituée de bénévoles retraités car c'est une activité qui demande beaucoup de temps. Les enquêteurs de la SPA sont en fait des policiers animaliers. Nous intervenons sur des affaires de maltraitance, d'abandon et de vols des animaux domestiques et fermiers. Mais on n'est pas seulement là pour arrêter les personnes en infraction. On a des missions de trappage des chats errants dans les quartiers afin de les stériliser. Cela évite qu'il y ait une invasion des chats dans les rues. On paye les soins des animaux pour les personnes en incapacité financière. Nous sommes partenaires avec les cliniques des Alpes et de l'Arche à Valence. Elles proposent des prix remarquables. Souvent, des associations ou des particuliers dénoncent des cas de maltraitance. On part alors sur le terrain en équipe de trois. Je travaille le plus souvent avec deux autres enquêteurs et mon épouse. On enquête, on prend des photographies des lieux et des animaux. Pour être sûr, il y a toujours un examen chez un vétérinaire. Ensuite, si le cas est vérifié, on fait un dépôt de plainte à la gendarmerie. Un rapport est alors envoyé au service juridique de Paris pour le jugement.

Qui vous donne le droit d'autorité sur les personnes en infraction ?

Ce droit nous vient du service juridique de Paris. Il nous fournit d'ailleurs une carte pour notre crédibilité. On peut la montrer aux particuliers qui auraient des doutes sur le sérieux de notre activité. Les enquêteurs collaborent également avec les gendarmeries, les policiers et le procureur de la République. On ne peut pas faire n'importe quoi parce qu'on est surveillé par le service juridique de Paris qui a le pouvoir de nous retirer notre carte d'enquêteur.

Pourquoi êtes-vous devenu enquêteur bénévole ?

Je fais ça parce qu'on défend des bêtes qui ne peuvent le faire seules. Je suis enquêteur depuis deux ans. C'est un mauvais job, mentalement parlant, dans la mesure où nous sommes exposés à des représailles et où l'on reçoit beaucoup de menaces de la part des personnes qui ont été verbalisées pour faute envers les animaux mais c'est une bonne action.


 

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