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Boniment et bonimenteur

Publié le 23 juin 2009 par Lafeste

Le boniment

BONIMENT (Théâtre). Leboniment était l’amorce faite à la foule, le petit discours, toujours le même et toujours renouvelé, que l’aboyeur faisait jadis à la porte des petits théâtres pour attirer le public, l’enjôler par des promesses et l’inviter à entrer par un éloge pompeux du spectacle qu’il l’engageait à voir. Dans les foires et dans les fêtes populaires, à la porte des baraques de bateleurs et de saltimbanques, lorsque la parade est finie, le pitre fait encore le boniment, en énumérant et en détaillant au public, avec une emphase comique, les merveilles qui l’attendent s’il se décide à ouvrir sa bourse et à franchir l’entrée de ce temple de toutes les jouissances.

Source : grande Encyclopédie

DJ

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photo credit: mrhayata

Le bonimenteur au Moyen-Age

“Au moyen-Age, les saltimbanques étaient parfois représentés par des jongleurs, menant on laisse des ours, des singes, et débitant sur les places publiques des drogues merveilleuses. Ils attiraient les passants par des boniments semblables à ceux de nos camelots forains.

Le type du jongleur, au XIIIe siècle, est Rutebeuf, auteur du premier boniment que nous connaissions: Le Dit de l’Herberie, pastiche des parades que débitaient les marchands d’orviétan.

En voici le début :

Seigneur qui ci estes venu,

Petit et grant, joue et chenu,

II vos est trop bien avenu !

Sachiez de voir,

Je ne vos vuel pas desovoir :

Bien le porrez aparsouvoir

Ainz que m’en voize.

Asceiz vos ! Ne faites noise,

Si escouteiz, c’il ne vos poize.

Je suis uns mire…

Suit l’énumération des pays éloignés ou fictifs, jusqu’aux confins du monde, d’où le jongleur a rapporté des pierres précieuses qui ressuscitent de la mort et des herbes merveilleuses qui guérissent instantanément la fièvre, la goutte, la pierre, la surdité :

Et ce voz saveiz homme sort,

Faites le venir à ma cort :

Ja iert touz sainz.

Rutebeuf nous a laissé un autre boniment en prose qui mérite d’être cité comme le plus ancien modèle du genre :

Belc gent, je ne suis pas de ces povres preecheors ne de ces povres herbiers qui vont par devint ces mostiers… Or, estez les chaperons, tendez les oreilles, regardez mes herbes… Ces herbes vos

ne les mangerez pas… Vos me les métrez trois jors dormir en bon vin blanc; se vos n’avez blanc, si prenez vermeil; se vos n’avez vermeil, prenez chastain; se vos n’avez chastain, prenez de la bêle

yaue clere ; quar tel a un puis devant son huis, qui n’a pas un tonel de vin dans son celier… Et je vos di par la passion… que vos serez gariz de diverses maladies et divers mehainz, de totes fièvres quartaines, de tôtes gotes sans palazinc, de l’engeleure du cors, de la vaine du cul s’ele vos débat ; quar se mes pères et ma mère estoient au péril de la mort, il me demandoient la meillor herbe que je lor peusse doner, je lor doneroie ceste. En tel manière vens je mes herbes et mes oignemenz ; qui voldra si en preingne, qui ne voldra si les lest.”

Source : Titre : Le langage parisien au XIXe siècle : facteurs sociaux, contingents linguistiques, faits sémantiques, influences littéraires / L. Sainéan

Auteur : Sainean, Lazare (1859-1934)

Éditeur : E. de Boccard (Paris)

Date d’édition : 1920


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