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Dominique de Villepin et la peur collective d'imaginer

Publié le 30 juin 2009 par Exprimeo
Le parcours de l'ancien Premier Ministre est à la croisée des chemins. Ses prochains choix seront décisifs. La France s'approche de l'Etat absolu. Tout dépendrait de l'Etat qui entonne la relance, qui lance l'emprunt, qui restructure la nouvelle retraite ... La majorité présidentielle avait promis le "mieux d'Etat" qui, dans les déclarations présidentielles de mai 2007, s'écrivait en fait "le moins d'Etat" et voici qu'avec la crise le retour d'Etat frappe. Ce changement est brutal et total. Il intervient dans la passivité. Cette crise aurait-elle assagi un peuple qui passait pour l'un des plus remunants du monde ? Est-ce une anésthésie passagère ou une nouvelle donne durable ? Ce qui est surprenant c'est la peur collective d'imaginer. Une acceptation moutonnière s'est installée. Même les "scrutins défouloirs" ne joueraient plus leur rôle... Il y a de la grogne mais il n'y aurait plus de volonté profonde de changer fondamentalement les choses ? De la réponse à cette question dépend le probable avenir politique de Dominique de Villepin. Si la grogne reflète un rapport politique stable de blocs à quelques mouvements marginaux près, le chemin de Dominique de Villepin est proche de l'impasse. Il représentera un pourcentage marginal lors d'élections majeures comme hier d'autres candidats de tempérament et souvent de qualité aussi ont déjà pu le faire. Si la grogne cache un rapport instable des forces politiques, l'enjeu est autre. Si les Français ont gardé une fibre contestataire, il y a alors un chemin sérieux. Pour l'emprunter, Dominique de Villepin doit à la fois incarner une rupture et une avancée. Il doit rompre avec son passé et réconcilier avec un avenir. Pour concilier ces deux impératifs de changements, il doit d'abord incarner l'audace d'imaginer du neuf. Le neuf, c'est d'identifier une nouvelle gouvernance qui libère et qui responsabilise. C'est une nouvelle gouvernance généralisée qui reconnaisse des acteurs à part entière dans la quasi-totalité des domaines dont le pouvoir politique. Cette gouvernance est à inventer, à découvrir et elle portera alors en elle le message qu'il faut aller vers d'autres hommes et femmes que ceux qui composent le pouvoir actuel. Le choix de Dominique de Villepin en dira long sur son tempérament. L'audience donnée à son choix en dira long sur la mentalité dominante actuelle des Français. Deux beaux rendez-vous à observer avec attention.

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