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Martin Hirsch, caution sociale de Nicolas Sarkozy

Publié le 06 juillet 2009 par Hmoreigne

 Effet kiss cool pour le RSA . Après nous avoir vanté l’avancée sociale qu’est supposé constituer le RSA, les services de communication tentent de redonner du souffle au nouveau dispositif en vantant les  premiers versements qui débutent cette semaine pour quelque quelques 1,3 million de foyers. Un cautère sur une jambe de bois habilement servi par un Martin Hirsch, caution sociale du très libéral gouvernement de Nicolas Sarkozy.

Plus le temps avance et plus on cherche la filiation  spirituelle de Martin Hirsch avec l’abbé Pierre. Jusqu’à la fin de ses jours, même le béret mité, le vieil homme aura conservé une rare capacité à s’indigner et à refuser l’inacceptable. Ce feu sacré ne semble pas partagé par un Martin Hirsch toujours posé et souriant qui avouait encore ce matin sur France Inter être bien dans ses baskets au sein du gouvernement Fillon. L’abbé combattait. Son successeur s’accommode. Une nouvelle forme de charité où l’Etat joue les dames patronnesses, histoire d’acheter la paix sociale et de se donner bonne conscience.

Face à la crise la solution s’appellerait RSA. A la question des salaires insuffisants et du développement du temps partiel, le Haut Commissaire aux Solidarités, façon élégante de présenter un secrétariat d’état à la pauvreté et à la précarité, propose des revenus sociaux complémentaires. Un habillage subtil qui couvre une régression terrible : l’acceptation du retour du travailleur pauvre du XIX éme siècle.

Travailleurs pauvres” étant une expression trop parlante, on préfère décrire le RSA comme un dispositif qui remplace le RMI et l’Allocation parent isolé (API), et qui s’adresse également aux “travailleurs modestes“.

L’objectif de M. Hirsch est, à terme, d’étendre le RSA à 3,1 millions de foyers. Selon les données officielles,  aujourd’hui, environ 7,9 millions de personnes vivent  en dessous du seuil de pauvreté (880 euros).

Dans ses prévisions de juin, l’OCDE a estimé que la mise en place du RSA n’aura qu’un impact limité sur l’emploi des travailleurs peu qualifiés. Pour la CGT, “le RSA, loin de résoudre les situations de la pauvreté dans notre pays, est l’alibi pour un contrôle toujours plus rigoureux des pauvres et des modestes“.

Une poignée d’élus, notamment dans le Lyonnais, partent en guerre contre le successeur du RMI. Soit sur la forme du fait d’un transfert de charges soit sur le fond à l’exemple de Michèle Picard, maire (PCF) de Vénissieux qui reproche au dispositif d’institutionnaliser la précarité et la pauvreté : Je ne me bats pas pour que les gens gagnent 100 ou 200 euros de plus par mois ; je me bats pour que les gens aient un travail à temps complet, rémunéré correctement, avec des horaires adaptés. Le RSA, c’est du saupoudrage, alors que le gouvernement n’a pas hésité à verser des milliards aux banques et à faire des cadeaux fiscaux. Le quotidien que nous voyons, ce sont des personnes qui n’arrivent pas à manger, qui ne peuvent pas se faire soigner. On a besoin d’un plan d’aide sociale. Que l’on arrête de faire la politique dans les salons !

La mesure portée par Martin Hirsch s’inscrit complètement dans l’approche économique libérale de Nicolas Sarkozy qui vise à multiplier les exonérations fiscales ou sociales par les entreprises mais, qui implique de fait une compensation du manque à gagner par la collectivité dans un contexte où pourtant tous les comptes publics sont dans le rouge.

Etonnamment, les allocataires potentiels semblent bouder le dispositif. En Seine-et-Marne, les services du département et de la Caisse d’allocations familiales (CAF) avaient estimé à environ 26 000 le nombre de travailleurs pauvres qui pouvaient prétendre à ce complément de salaire. A ce jour, ils sont seulement 3 262 à avoir déposé leur dossier.

Sans s’avancer dans des conclusions hâtives, ces réticences sont peut être, en partie, à mettre sur un réflexe de dignité sociale de la part de travailleurs qui refusent de percevoir une prime à la pauvreté.

Le problème finalement du RSA c’est d’être bancal. De jouer sur la solidarité nationale en bradant la notion de travail et de salaire décent. Comme si, crise et mondialisation obligent, il fallait être prêt à accepter tous les sacrifices.


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