Mes vacances normando-parisiennes (3) : ballade à Fécamp

Par Eric Bernardin

Dès potron-minet, j'ai quitté Rouen non sans avoir remercié mon hôte de son accueil, et je suis parti en direction de Fécamp. Je vais retrouver là-bas Jean-Jacques Isaac dont j'ai déjà parlé ici à plusieurs reprises. Dire qu'il est caviste serait pour le moins réducteur. Il fait de nombreux cours de dégustation dans tout le département, organise des soirées dans des restaurants autour des accords mets & vins, emmène en mini-bus des passionnés dans les vignobles français et européens. Et tout cela avec une passion communicative !

Lors de mes vacances enfantines, mes parents nous traînaient dans toutes les églises qui se trouvaient à leur portée. Cela m'a profondément traumatisé et donné naissance à un TOC dont je ne guérirai sans doute jamais. Il faut qu'à mon tour je visite les monuments religieux sous peine d'une frustration intense. Dieu merci, je n'ai pas d'enfant : la malédiction s'arrêtera à ma mort.

J'ai donc deux églises au programme. D'abord l'église abbatiale de la Sainte Trinité (déjà sur les deux photos précédentes). Un sacré monument qui devait être encore plus impressionnant autrefois lorsque c'était une abbaye à part entière avec cloître, murailles, etc... Les annexes qui n'ont pas été détruites sont occupées aujourd'hui par la mairie de Fécamp.

L'intérieur est lumineux et d'une grande élégance. Dur de croire que ces tonnes de pierre puissent donner l'impression d'une telle légèreté. Tout le long de l'abside se trouvent des petites chapelles consacrées chacune à un saint. Extraits choisis.

Je ressors de la première église agréablement surpris et poursuit mon marathon ecclésiatique. Direction l'église Saint-Etienne. Extérieurement, elle a l'air sympathique avec son clocher façon "gothique flamboyant" (en fait refait au XIXème siècle).

Intérieurement, elle s'avérera sombre et pas franchement jouasse. Aucune lumière artificielle n'est utilisée pour la mettre en valeur. C'est bien dommage. Je descends ensuite au port qui se trouve à quelques dizaines de mètre. C'est avant tout un port de plaisance, l'activité de la pêche étant presque abandonnée au profit de Boulogne (sauf à la saison de la Saint-Jacques, très présente sur les côtes).

 

Parmi tous ces bateaux, j'en ai repéré un plus beau que les autres, dont Jean Jacques me parlera plus tard : la "tante fine". Cet ancien langoustier a été retapé par une association alors qu'il était voué à a destruction. Il sert aujourd"hui à des projets de réinsertion pour des handicapés, des prisonniers, etc. Il a également participé à la Cutty Sark dans la catégorie "petit voilier" et a remporté la course. Pas moins.

Je remonte ensuite un tout petit peu dans la ville pour voir un monument à côté duquel Montmartre est un chef d'oeuvre de sobriété : la Palais Bénédictine, qui comme son nom l'indique est lieu de fabrication de la célèbre Bénédictine. Il a été construit à la fin du XIXème siècle.

Je fais ensuite un petit tour dans un café équipé du wi-fi pour lire mes mails et faire un peu de blogging. Et il est rapidement l'heure de retrouver Jean-Jacques dans le restau qu'a repris son fils il y a quelques mois : le Maritime. J'arrive un peu en avance, mais je me décide de rentrer, car la pluie s'est mise de la partie.

L'ambiance est ... maritime. Il n'y a pas tromperie sur le nom. Et les menus le sont tout autant. Ce qui ne nous empêchera pas d'y manger le lendemain ... une entrecôte avec des frites ! Jean Jacques arrive, une bouteille à la main que je reconnais à plusieurs mètre de distance : du René Mosse ! Il me fait déménager de quelques mètres dans son petit coin favori et nous nous penchons sur le menu. Le serveur nous conseille le plat du jour : un filet de turbot. Et en attendant nous sert une assiette de crevettes.

Elles vont bien avec l'Anjou 2005 de René Mosse, à la fois charnu et pourvu d'une belle acidité. Je le trouve tout de même moins intéressant que le 2007 bu il y un bon mois à Saint Jean de Monts, vraiment très bien.

Et voilà le turbot. Vu l'épaisseur du filet, le poisson devait être assez impressionnant. Les tomates et les poivrons bien assaisonnés vont bien avec, au détriment du vin qui ne s'y retrouve plus du tout. Dans l'absolu, il aurait fallu ouvrir un rouge. Mais nous avons décidé de faire avec...

Nous finissons sur un dessert bien normand à base de pomme et de crème afin de se marier avec une vendanges dorées du domaine d'Escausses. Le mariage s'avère très sympathique avec ce liquoreux pas trop riche.

 

Et pour finir, un p'tit café !

Le temps s'est remis au beau. Idéal pour se promener sur les jetées du port, au bruit des mouettes. La suite du programme consiste à monter en haut de la colline ci-dessus. Le panorama est intéressant, la petite église (chic!) sympa et il y a aussi quelques blockhaus.

C'est vrai que vu d'en haut, c'est vraiment sympa. Jean-Jacques me raconte qu'enfant il montait souvent cette colline à vélo pour aller chercher du lait à la ferme, devenue aujourd'hui un hôtel. Ca faisait une sacré côte ! Et à côté de cette ferme, la chapelle Notre Dame du Salut.

Celle-ci est dédiée aux marins qui viennent y prier avant de partir en mer. Et qui y revenaient à leur retour de Terre-Neuve pour la remercier d'être toujours vivants. Dans les deux cas, ils pouvaient laisser sur place un ex-voto, sous forme de tableau ou de maquette de leur bateau.

Il existait autrefois un prieuré

dont nous pouvons voir aujourd'hui de jolies ruines.

Nous nous approchons alors du bord de la falaise

où il reste des survivances du fameux mur de l'Atlantique.

En redescendant la côte, Jean-Jacques fait des détours dans les chemins privés qui mènent à des maisons à très haut standing. C'est fou ce que l'on peut faire contruire lorsqu'on a de l'argent ! L'imagination n'a plus de limite !

Nous allons ensuite faire un tour au magasin de Jean-Jacques. Pour l'instant, il est relativement confidentiel, car situé dans une petite zone artisanale sur la route du Havre. Pour avoir travaillé durant 18 ans dans une cave située en face du port, il connaît la clientèle touristique de passage. Ce n'est plus ce qu'il recherche maintenant. Ne vient donc ici qu'une clientèle qui a su le dénicher, et qui ne se décourage pas de la présentation minimaliste de la cave. Le choix n'est pas immense, mais il n'y a que des petites merveilles soigneusement choisies.

La situation devrait changer sous peu car le plus gros hypermarché de la région devrait s'implanter à proximité. Déjà, Jean-Jacques pense à toutes les améliorations qu'ils pourraient apporter au magasin afin de le transformer en un vrai lieu d'initiation au vin.

Nous profitons de notre passage à la cave pour choisir des bouteilles pour le beau repas prévu ce soir.

Il nous restait un peu de temps à tuer avant de partir au château de Sassetot. Jean-Jacques m'emmène donc au village d'Yport, situé à quelques kilomètres au sud de Fécamp. L'ambiance y est très agréable, car beaucoup moins fréquenté que Fécamp ou Etretat.

Bon, c'est pas tout, mais le temps passe. Nous nous dirigeons donc vers Sassetot pour une soirée pas ordinaire... (à suivre)

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