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Travail le dimanche : la droite revient à la charge !

Publié le 13 juillet 2009 par Pierreregnault

J’ai soumis un vœu au dernier conseil municipal qui dénonce l’urgence déclarée par le gouvernement sur la proposition de loi qui vise « à adapter les dérogations » au repos dominical. Il a été adopté par les élus de gauche….On sait trop ce que les verbes « adapter » et « réformer » veulent dire désormais dans la bouche du Président Sarkozy… cela veut dire démanteler et déréguler.


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Pierre Regnault

 

Un mot, lui, ne change pas c’est « l’entêtement ». Cet entêtement confine à l’obsession pathologique : c’est la 5ème proposition de loi déposée sur le sujet depuis mai 2004 et toujours « à la hussarde ». La dernière présentée en décembre 2008 à l’Assemblée Nationale, a même dû être retirée devant l’hostilité marquée des syndicats, des organisations de commerçants, mais aussi des élus locaux y compris de la majorité présidentielle.

Ce texte est spécieux : présenté comme une adaptation technique, il porte en filigrane l’extension et la banalisation du travail dominical. Et si le nombre de communes concernées par cette proposition de loi est important, celui des salariés concernés est énorme.

Il est donc parfaitement inadmissible que ce soit en plein mois de juillet qu’on demande aux députés de prendre cette décision. Il faut au contraire retirer cette proposition de loi et renvoyer la question du travail dominical à l’examen des partenaires sociaux et des collectivités locales, premiers concernés.

Car ce texte est une ineptie :

- Le repos dominical est une question de santé publique, confirmée encore actuellement par une récente étude de l’agence européenne pour les conditions de travail,

- L’étude du CREDOC sur l’impact économique d’une telle mesure conclut que les créations d’emploi (minimes) dans la grande distribution seront largement contrebalancées par des pertes dans le commerce traditionnel et de proximité,

- L’ouverture des commerces le dimanche ne permettra pas d’augmenter le volume d’achats, il reportera « l’acte d’achat » du client et n’apportera rien au faible pouvoir d’achat des Français.

- L’efficacité des mesures inscrites dans la proposition de loi pour assurer la réalité du volontariat des salariés, dans un contexte de relation de subordination salariés/employeurs n’est pas établie,

- Enfin, ce texte risque de renforcer la concurrence déjà exacerbée existant entre les territoires, entre ceux qui seront ouverts le dimanche et ceux qui ne le seront pas.

Notre Président, qui cite tantôt Jaurès, tantôt Blum, ne devrait pas oublier que cette « avancée » sociale du repos dominical a été acquise de dure lutte : la loi du 13 juillet 1906, dite loi Sarrien, a été votée pour instituer le repos dominical, qui avait été supprimé en 1880.

Elle répondait à une revendication forte, après les grandes grèves et les manifestations violentes qui ont suivi le « coup de grisou » meurtrier des mineurs de Courrières, le 13 mars 1906, où périrent 1099 mineurs, la pire catastrophe jamais connue en France !Le jour où la loi est votée, le Capitaine Dreyfus est réintégré dans son grade et le Parlement vote le transfert des cendres de Zola au Panthéon.

C’est aussi cela qu’il faut avoir à l’esprit quand on parle du travail du dimanche. C’est aussi pour le temps libre, les loisirs ou leurs évènements familiaux, que le repos du dimanche doit être préservé.

Jacques Attali expliquait qu’il existait entre le tout libéral et tout collectif une 3ème voie, une « voie humaine » qui était basée sur une prise en compte du temps. Cette prise en compte du temps est la seule véritable distinction entre la Droite et la Gauche, suivant que le temps doit être compté et rentabilisé comme temps marchand, ou selon qu’il doit être pris comme temps de liberté et d’accomplissement de soi J’ai fait mon choix, celui de vivre pleinement mon temps et non d’en être l’esclave  



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