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géométries de Vincent Mauger

Publié le 25 juillet 2009 par Lironjeremy
géométries de Vincent Mauger Toute représentation renvoie au monde et l’extrapole. Toute représentation est une ellipse et une éclipse du monde lequel se donne furtivement en se retirant sur son excédance aveuglante. « N’en reste que le dessin défait de son modèle ; suspendu dans le vide de la pensée, il dit ». D’une certaine manière la voie était ouverte depuis l’époque baroque qui voyait soudainement l’espace s’éclore et pousser ses limites dans des vertiges courbes. Le monde n’est plus immobile, ramassé sur lui-même en un monument immuable mais il se développe, se fuie, comme si c’était l’espace lui-même qui recelait cette dimension d’altérité. Il dit encore : « Le monde est terra incognita. » Les mathématiques sont, à leur façon, rêveuses et fournissent des vérités, des géométries par-dessus le mystère.« Font l’effet d’envelopper le vide. » Elles font avec leur manière le relevé exact en fait de l’imaginaire, du déport du réel vers ce vaste lieu d’extrapolations et de mouvements infinis. A vrai dire, un monde nouveau qui double le premier. Bientôt monde autonome, extrapolation, ellipse disant son déploiement possible par-delà l’entendement. On traverse une forêt de tasseaux dressant des points qui, reliés entre eux, dessinent un relief virtuel à la manière des représentations filaires des grandes chaines de montagnes. A chaque pas l’ensemble se presse ou se déploie dans l’œil, emmêle formidablement la perspective. « Je pense au vieux Lacan qui faisait des nœuds. » Il ajoute : « on se sent pris dans un système élégant se déployant dans le vide ». Et tandis qu’on arpentait l’espace dépaysé on évoquait des livres : cette nouvelle de Borges dans laquelle il est question d’une carte si adéquate au royaume qu’elle représente qu’elle le recouvre exactement. Un jour viendra où les représentations auront remplacé le monde, « on ira dans des forêts de signes ». Comme dans le livre de Bioy-Casares. Je ne sais plus l’enchainement qui le fit me raconter cette histoire d’un Tiran qui tente d’empêcher l’existence du hasard en capturant une météorite, il avait lu quelque part que « les étoiles filantes, les météores et aérolithes sont la représentation du hasard dans l’univers » et cherchait à manifester la force de son pouvoir en chassant le hasard : « arracher au chaos de l’improbable la constellation probe. » Bref, tout cela nous inclinait à des rêveries cosmologiques où se mêlaient histoire et fiction. On traversait l’installation comme une image. Il me demanda : « Une représentation du monde est-elle habitable ? » Quand je me retournais une dernière fois avant de passer la porte j’eu l’impression fugace que tout cela bougeait. Que, pareil aux mouvements des montagnes ceux-ci étaient très lents.

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