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Indigènes (petite histoire de la Seconde Guerre mondiale)

Publié le 26 juillet 2009 par Melusine
Il était récemment question ici de colonialisme, à tort à mon sens ( Dialogue avec nos lecteurs ). Mais en voici un cas d'école : la visite officielle du Gringo en Afrique et l'accueil toujours folklorique et tellement spontané que les potentats locaux lui concoctent. "Quelle joie de vivre, ces Africains !", et autres phrases-clichés toutes faites. Cela se passe durant la Seconde Guerre mondiale, dans un village du Rwanda. La rencontre du puritanisme baptiste, témoin de Jéhovah en plus, avec l'espièglerie des femmes autochtones, j'imagine la tête du général... Tordant ! Et puis, bien fait ! La morale de l'histoire ? On peut en tirer de toutes sortes sur la diversité culturelle. J'en retiendrai une en forme de lapalissade : L'étranger n'est pas chez lui chez les autres !
* Une visite au Rwanda
Le général Eisenhower s'apprêtait à aller passer ses troupes en revue au Rwanda. Le gouverneur local tenait à ce que toutes les femmes africaines se tiennent sur le bord de la route de terre battue lorsque le général passerait dans sa jeep et poussent des cris de bienvenue en agitant les bras. Le seul problème, c'est que les femmes indigènes ne portaient pour tout vêtement qu'un collier de perles de couleur et, quelquefois, une mince lanière de cuir autour de la taille.
Impossible, donc. Le gouverneur appela le chef de la tribu et lui exposa l'affaire. "Tout ira bien", dit l'homme. Si le gouverneur pouvait fournir quelques dizaines de blouses et de jupes, il se faisait fort de veiller à ce que les femmes s'en revêtent pour cet événement. Le gouverneur et les missionnaires procurèrent les vêtements.
Le jour de la grande parade, néanmoins, on découvrit, quelques minutes à peine avant que la jeep d'Eisenhower ne fît son apparition sur la route, que les femmes africaines portaient les jupes, mais pas les blouses, qu'elles avaient laissées chez elles, car elles ne leur plaisaient pas. Et elles étaient là, bien rangées des deux côtés de la route, en jupe mais les seins nus, et pas de sous-vêtements, pas un fil de plus sur elles.
En entendant cela, le gouverneur faillit avoir une attaque. Il tança le chef de tribu, qui lui certifia avoir parlé avec la déléguée des femmes et avoir reçu d'elle l'assurance que celles-ci étaient d'accord pour se couvrir les seins à l'arrivée du général.
- Tu en es sûr ? hurla le gouverneur.
- Parfaitement sûr.
Il était trop tard pour discuter. On ne peut donc qu'imaginer la réaction du général Eisenhower quand, à l'arrivée de sa jeep, les femmes aux seins nus soulevèrent l'une après l'autre leur jupe dans un geste gracieux pour s'en couvrir le visage.
(Extrait de C.P. Estès, Femmes qui courent avec les loups, 1992)

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