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Pourquoi le Parti socialiste est-il en crise ?

Publié le 02 août 2009 par Jpryf1
Pourquoi le Parti socialiste est-il en crise ?
La crise du parti socialiste, mais au-delà de la sociale démocratie est patente et il est inutile de revenir sur l’ensemble des signes de cette crise. Par contre il est nécessaire de se poser la question de savoir pourquoi l’on en est arrivé là. Certes les membres du parti portent une responsabilité mais les querelles entre les dirigeants ne sont en fait que la conséquence de la crise et pas la cause.
Ma thèse est que si les partis socialistes sont en crise c’est qu’en fait sur de nombreuses questions fondamentales de la société ils ont gagné la bataille contre la droite et que cette droite est venue sur leur terrain. Est-ce, pour autant la « fin de l’histoire » ? Bien sûr que non car il y aura toujours un combat entre les conservateurs et les progressistes et que la lutte pour le progrès social ne sera jamais fini. La difficulté est que la droite aussi, à sa manière veut le progrès et qu’il est difficile quelques fois de faire la différence.
Que la gauche ait gagnée le combat l’histoire et l’actualité le démontre.
Sans remonter trop loin, il suffit de rappeler que les combats pour la république et pour la laïcité ont été pendant longtemps un marqueur de l’opposition droite/gauche. N’oublions pas notre histoire et rappelons que la droite a longtemps été monarchiste et a combattu la laïcité. Les historiens pourront entrer dans le détail de cette lutte qui a été très dure. Ces combats sont maintenant derrière nous et la gauche a gagné ces deux combats fondamentaux. La droite est devenue républicaine et à quelques exceptions prés elle est laïque.
La gauche progressiste a également fait admettre à notre société le devoir de solidarité et la redistribution par l’impôt. Certes les choses sont loin d’être parfaites et des progrès peuvent et doivent être faits, mais c’est tout de même un grand succès d’avoir fait admettre le principe à la droite.
Sur le terrain des mœurs là encore, si l’on se tourne vers le passé on est obligé de constater que les combats de la gauche ont triomphés. Que l’on songe à l’évolution du droit des femmes, de la famille (divorce avortement, égalité des droits) il s’agit de combat portés par la gauche et la droite a toujours combattu ces évolutions. Elle a perdu ces combats.
Elle a perdu ces combats mais surtout elle a renoncé à les mener. Que l’on songe au cas emblématique du combat contre la peine de mort et plus récemment du combat pour le pacs. La droite, pour l’essentiel ne revient plus sur la suppression de la peine de mort ni sur le pacs qu’elle entend même améliorer.
Dés lors lorsque l’on dit que les partis socialistes sont affaiblis, cela est vrai mais néanmoins ils ont gagné de grands combats et c’est la droite qui les a perdus.
N’est-ce pas exactement ce qu’écrit Jean Daniel dans son blog du Nouvel Observateur :
« 3. Ce fond des choses, selon moi, c'est, qu'une grande partie du problème réside dans le fait que la droite elle-même a changé. Et qu'en fait, ce changement est plus important que les contradictions de la gauche. C'était l'avis de Raymond Aron. Depuis que la droite n'est plus arrimée à une nostalgie de l'Ancien Régime ; depuis que l'Eglise catholique de France a renoncé à toute autorité sur des conservateurs qui sont, entretemps, devenus libéraux ; depuis que le programme de la Résistance, avec à sa tête le général De Gaulle, a mis en pratique une vraie révolution avec la sécurité sociale et le vote des femmes ; depuis que l'adhésion à l'Europe a mis en sourdine le nationalisme chauvin consubstantiel à une mentalité de droite, oui, depuis tout cela, la droite a perdu son identité »
On ne peut que s’en réjouir mais, à partir de cette constatation, il est clair que le clivage droite/gauche (et je parle de la gauche réformiste) est difficile car il ne peut être que dans la nuance, dans le fait de faire encore progresser les mœurs et la solidarité, ce que la droite, venue sur les positions de la gauche prétendra vouloir également. Or les nuances n’ont jamais facilité le combat politique. C’est ce qui explique que des hommes de sensibilité de gauche aient pu se rapprocher de la droite et c’est ce qui explique aussi que certains membres du parti socialiste sont tentés par des positions extrêmes, dans le discours tout au moins, car c’est un moyen de rendre le clivage plus net. C’est une posture qui peut, par sa simplicité entraîner l’adhésion d’une partie des électeurs.
Le problème c’est que ces discours ne sont pas crédibles et sont contradictoires avec l’acceptation de l’économie de marché.
Ceux qui sont logiques avec eux-mêmes doivent aller vers une contestation du capitalisme et de l’économie de marché, mais ceux là, que proposent-ils à la place qui n’ait montré dans l’histoire au mieux son inefficacité économique au pire une terrible atteinte aux libertés ?
Il ne reste donc qu’une voie étroite aux réformistes mais cette voie existe. Elle consiste à présenter des projets clairs de progrès social dans le domaine de la solidarité, dans le domaine des mœurs et dans une analyse de l’évolution de nos sociétés face aux questions fondamentales pour l’avenir de la protection de la planète.
La difficulté c’est que dans ces nouveaux combats il n’y aura pas de conflit frontal avec la droite qui adhérera aux objectifs mais qui ne fera sans doute pas tout pour y parvenir. C’est donc sur les moyens qu’il pourra y avoir des différences. Il n’y aura rien là qui puisse enthousiasmer les foules, mais des différences existent, pour peu que la gauche réformiste fasse un certain nombre de changement dans ses réflexions. Voici dans une chronique du monde un exemple de ce qui pourrait changer.
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/07/17/le-malaise-social-democrate-entre-flux-financiers-et-flux-migratoires-mathieu-potte-bonneville-et-thomas-gerard_1219958_3232.html
Le paradoxe est donc que c’est parce qu’ils ont gagné les combats essentiels que les socialistes sont aujourd’hui en difficulté. Il faut se réjouir d’avoir gagné des combats et mettre en avant d’autres combats à gagner. Ils en restent de toute évidence. Puis-je donner quelques pistes de réflexion ?
-améliorer la démocratie en modifiant les institutions sur deux points au moins : permettre une représentation en partie proportionnelle et supprimer clairement le cumul des mandats.
-Faire enfin une reforme fiscale plus juste.
Voilà ce qu’écrit encore Jean Daniel pour lequel j’ai beaucoup d’admiration :
« Cette analyse me conduit à penser que la vie du Parti socialiste, si elle dépend de l'évolution des idées, n'est nullement menacée. Car toutes les idées que la droite trouve utile de dérober à la gauche, elle ne sait pas et ne peut pas les appliquer, au moins sur ce qui est devenu l'essentiel, du fait de son incapacité structurelle - sa dépendance à l'égard des grands groupes financiers - dès qu'il s'agit de maîtriser les dérives du capitalisme sauvage. Il n'est donc pas vrai que la gauche n'ait pas d'idées puisqu'on les lui prend. Mais il est vrai, en revanche, que si les socialistes le veulent, bien des textes de tous les courants prouvent qu'ils sont capables de rester fidèles à la mission héritée des grands partis ouvriers. Et qu'ils peuvent garder leur nom de socialistes. »
Il faut donc un leader qui puisse être clair sur le constat et qui puisse porter avec force des idées nouvelles que seul le Parti socialiste saura mettre en œuvre.
Lire le blog de Jean Daniel:
http://jean-daniel.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/07/29/ps-leve-toi-et-marche.html

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