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Le veau d’or contre le seigneur

Publié le 05 octobre 2007 par Frednetick

Les lecteurs réguliers de ce blog savent tout l’attachement que je porte à la religion. Cet élan vers l’incertitude, cette espérance de transcendance, cet espoir d’un destin par un dieu balisé. Et pourtant, pourtant, c’est en citant la bible que je vais commencer, une fois n’est pas coutume.

Génèse 2.2 Dieu acheva au septième jour son oeuvre, qu’il avait faite: et il se reposa au septième jour de toute son oeuvre, qu’il avait faite

Génèse 2.3 Dieu bénit le septième jour, et il le sanctifia, parce qu’en ce jour il se reposa de toute son oeuvre qu’il avait créée en la faisant

Ne croyez pas que je prépare ma première communion ou que j’ai pu être “retourné” par les experts es torture de l’Opus Dei. Non rien de tout cela. Mais à la suite du Chafouin et de Seb , je m’en vais tâter du travail dominical.

Résumé en quelques mots cela pourrait donner une phrase dans le genre

N’ayant pas assez d’un veau d’or ils entreprirent de le gaver afin d’en faire une belle vache, bien grasse et productive

Depuis que le Taylorisme a fourni les outils de production de masse, nous sommes devenu des adeptes de la consommation de masse comme le psychopathe se prend à rêver de meutre de masse. Sublimation d’un instinct soigneusement accompagné et patiemment nourri.

L’ouverture des magasin le dimanche c’est l’imbrication de multiples propblématiques qui ont le bonheur de se rencontrer avec autant de subtilité que deux premières lignes par un beau samedi d’octobre sur un pré gallois.

D’un côté un camp de citoyens fièvreusement impatients. En général l’on compte dans leurs rangs des patrons d’hypermarchés et de galeries commerciales. On y trouve aussi quelques salariés n’ayant rien à faire le WE et les chantres de la croissance à tout prix. Enfin, venant grossir la masse, la foule de ceux pour qui la vie sociale se résume à une virée “aux courses”. Le Mall comme sortie culturo-familiale il fallait y penser, les américains l’ont fait il y a 20 ans.

Et pourtant cela se défend.

Travaillant durant la semaine, autant permettre à tous les salariés de satisfaire leur soif de sortie d’achat le diamnche. D’un point de vue économique, cela nous offre 1/7ème de consommation supplémentaire, presque 15% de gagné, c’est loin d’être négligeable. Cela offre de plus à ceux qui acceptent de ne pas glandouiller devant Téléfoot ou à la messe une augmentation de salaire bien venue en ces périodes de vaches (ahahahaah) maigres.

Toutefois, quelques réserves doivent être immédiatement soulevées. Tout d’abord, chaque badaud arpentant les allées scintillantes et aliciantes des magasins n’est pas un acheteur en puissance. La corrélatio mécanique n’existe pas. Certains aiment à flâner en intérieur sans toutefois céder à la tentation.

Ensuite il faut encore que celui qui se livre à ces bacchanales consuméristes dominicales ne le fasse pas au détriment de ses achats hebdomadaires. 1-1=0, c’est aussi simple que cela. Le bénéfice escompté dépend donc d’au moins deux facteurs difficilement mesurables et quantifiables bien que certains rapports récents tentent de façon assez irmaesque de mettre des chiffres sur ces interrogations. Sans compter les blocus et autres boycotts que ne manquerons pas d’organiser les opposants à cette mesure.

Habile transition pour évoquer les rétrogrades, les partisans de la sclérose et du renoncement, les apôtres de la vie en pagne, version Lost , Evangeline Lilly en moins. Qui sont-ils? Ceux qui prennent la bible au pied de la lettre, ceux qui ont connu les luttes de 36, ceux qui objectent que les aptrons qui laissent le choix c’est trrrèèèssss bisounours comme vision des choses… Quand on tient une grenade dégoupillée, l’intérêt premier est de ne pas la lâcher.

Mais aussi les lâcheurs que sont les petits commerçants, forcés de suivre pour ne pas mourir, eux qui brament déjà entre deux bouillons qu’ils ne s’en sortent pas.

Ceux enfin qui trouvent que le dieu consommation est un mangeur de planète. Celle de la culture, celle de la consommation raisonnée, celle de la vie familiale, celle du respect des autres.

Pour la satisfaction d’un certain nombre, c’est le symbole du repos dominical qui vole en éclat. Toujours plus de puissance pour ce monstre proteiforme qui se pare de ses plus beaux atours pour phagocyter une société et recracher une bouillie de consommateurs.

Travailler le dimanche, quel progrès.


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