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La crise économique fait reculer la démocratie politique.

Publié le 10 août 2009 par Alaindumait

Le 15 septembre dernier, on est passé au bord de l’écroulement du système financier mondial. En quelques mois on a su le rafistoler. Il s’est même remis à fonctionner. Mais, même bien opéré, il ne faudra plus jamais lui demander les mêmes performances qu’autrefois. La croissance revient, mais elle sera faible, insuffisante pour créer des emplois, et permettre le remboursement des montagnes de dettes publiques accumulées.

La planète économique est un peu dans la situation d’un homme qui a fait un accident cardiaque. Aujourd’hui, après beaucoup de repos et pas mal de massages, il est en passe de récupérer ses facultés. Presque, mais pas tout à fait…

On peut – comme la bourse le fait depuis trois mois – se réjouir de cette quasi-résurrection. On peut aussi considérer qu’on eut mieux fait de greffer un autre organe…

Le système financier dont nous parlons est cet ensemble constitué d’une part des banques et autres établissements financiers, et d’autre part des banques centrales. Ces dernières créent, au bénéfice des premiers, de la monnaie, autant que de besoins, avec comme simples contreparties des reconnaissances de créances à des termes variés (un jour, un mois, un an).

A leur tour les banques prêtent aux entreprises et aux particuliers, selon un multiple de leurs fonds propres. Tandis que les Etats et collectivités publiques ont recours, pour s’endetter, aux banques et à l’épargne publique, ainsi qu’au crédit direct des banques centrales, à titre «exceptionnel», comme depuis quelques mois…

Dans ce système, les patrons des principales banques centrales sont comme de nouveaux Midas, changeant en quasi-or de simples écritures. Et pour canaliser les flots de ce Pactole, ils comptent sur la manipulation des taux d’intérêt à court terme, principales armes de leur carquois.

De même que dans la mythologie grecque, Midas doit tout à Dionysos, de même nos banquiers centraux (dont aucun n’existait jusqu’au XIXème siècle…) doivent tout au pouvoir et aux hommes politiques. Ce sont eux qui les ont poussé aux excès de toutes les bulles des 30 dernières années, et ce sont eux, les mêmes, qui les ont mis en demeure de sauver le même système, avec des remèdes qui n’en sont pas, et qui ne feront que reculer la crise finale.

Le capitalisme, le plus puissant des moteurs économiques jamais inventé (d’ailleurs par personne, si ce n’est par la sagesse accumulée par l’humanité…) ne peut fonctionner durablement, sans échauffement, qu’avec le carburant qu’il génère naturellement, à savoir les fonds propres des entreprises qui ne sont rien d’autres que des profits accumulés au fil des années. Ce qui suppose que l’essentiel des profits soit effectivement laissé aux entreprises, et à leurs propriétaires personnes physiques.

Le capitalisme est incompatible avec une fiscalité confiscatoire. Surtout quand, de surcroît, elle s’accompagne d’un endettement public qui ajoute la confiscation de l’épargne à celle des revenus.

L’histoire financière, depuis un siècle, se résume au vol de l’argent privé par les hommes de la sphère publique et, concomitamment, à la substitution de la monnaie ex nihilo à la monnaie vraie, la seule qui ait été reconnue universellement et éternellement comme telle, à savoir l’or.

Il y avait, il y aura toujours une alternative au présent système monétaire bâti sur le modèle de la pyramide de Ponzi (version Madoff) : c’est le bon vieux système capitaliste, avec la libre accumulation de l’épargne qu’elle permet  et qui le renforce chaque jour. C’est le seul système solide et durable, juste et moderne.

Depuis le XVIIIème siècle, beaucoup de bons auteurs ont définitivement démontré la relation qu’il y a entre la prospérité durable des nations et la liberté des individus, reposant sur un état de droit. Le système politique représentatif en découle, qui exige que l’exécutif soit attentivement contrôlé par le Parlement, agissant par délégation du peuple souverain.

Or, depuis longtemps, nous ne sommes plus dans un système représentatif. En fait, les technostructures des partis choisissent nos représentants, et ceux-ci, quand ils ne sont pas dans l’opposition, obéissent davantage à l’exécutif qu’aux électeurs.

La crise accentue cette dérive. En France, l’augmentation sans limite de la dette publique échappe à tout contrôle, sauf a posteriori. Il s’agit pourtant d’un forme de prélèvement, qui devrait constitutionnellement relever du contrôle parlementaire.

On a dit que cette crise financière était aussi un crise de société. C’est plutôt la façon de l’analyser et d’y faire face qui nous enfonce dans la régression.


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