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Busan

Publié le 10 août 2009 par Jean-Michel Frappier

Busan

Quand on reçoit la confirmation de l'auberge par courriel, on reste quelque peu perplexe.

Prenez la sortie numéro 3 de la station de métro Beomaegol. Traversez la rue et prenez à gauche, puis à droite à la pharmacie jusqu'à un pont vert. Sur le pont, recherchez une porte grillagée qui donne sur un escalier menant à un stationnement plus bas. Rejoignez l'immeuble 106. Composez le 1806 sur le clavier de l'entrée et empruntez l'ascenseur jusqu'au 18e étage.

Dans le parking peu éclairé, idéal comme repaire de psychopathes, on accélère le pas. Dans l'ascenseur, un hit pop coréen sirupeux sort des haut-parleurs, les néons crépitent et une famille coréenne avec des sacs d'épicerie plein les bras, visiblement surprise de notre présence, nous regarde d'un air curieux. Hello.......... aucune réponse. Il y a comme un petit malaise. Ils nous scrutent de haut en bas, la musique continue, qu'est-ce qu'on fout là, pourquoi on a réservé l'hôtel le moins cher de toute la ville sur internet. On aurait dû au moins apprendre à dire bonjour en coréen. Au 18e, l'ascenseur s'ouvre enfin. Devant nous, trois portes d'appartement, mais aucune enseigne pour le Blue Backpackers!

On reste là, confus, devant les trois portes. Enfin, l'une s'ouvre et une jeune femme, un mignon bébé dans les bras, nous accueille dans un français approximatif. Bonjour Jean-Michel, bonjour Elaine, comment allez-vous? Bienvenue chez moi!

Ce n'est pas un hôtel, mais plutôt un appartement où la propriétaire loue des chambres. Elle a des clients de partout à travers le monde et peut ainsi voyager à sa façon, découvrant les autres cultures et les langues étrangères, sa passion. L'endroit est vraiment accueillant, on peut relaxer dans les sofas du salon et discuter avec les autres voyageurs.

De retour dans l'élévateur, pour aller explorer la ville, les regards investigateurs sont de retour, mais cette fois on est prêt, annyong ha se yo! Tout le monde sourit et nous dit bonjour à leur tour. Quelques balancements du bassin au son de la kpop, un merci (gomap sum ni da) quand on nous tient la porte en sortant et ça y est, les visages froids se transforment en de larges sourires pour les jours suivants.

Avec près de 4 millions d'habitants et le cinquième port le plus occupé au monde, Busan grouille de vie. Les motos circulent sur les trottoirs, l'air est poussiéreux, le trafic anarchique, il y a un boucan constant, des gens partout, des échoppes de bouffe exotiques à chaque coin de rue, des odeurs ignobles et savoureuses qui se mélangent, des enseignes néons fluos qui aveuglent, c'est le retour de l'Asie chaotique que l'on aime tant!

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Le quartier piéton de Seomyeon est le repère des jeunes Coréens branchés. Les karaokés, les restaurants, les night-clubs et les salons de bubble tea se succèdent. Affamés, on entre dans un restaurant au hasard. Trois ou quatre tables avec des chaises en plastique, aucune déco sauf un petit chat électrique chromé or (Maneki Neko) qui nous fait signe de rentrer, pas de menu en anglais, à vrai dire pas de menu du tout. On n'a pas encore trop compris pourquoi, mais selon notre expérience en Asie, plus un restaurant est moche, plus on se régale et l'endroit ne fait pas exception.

Depuis le début de notre voyage, aucune autre gastronomie que celle de la Corée n'a été aussi inconnue. Qu'est-ce qu'on mange en Corée? Aucune idée. Notre première découverte, le Bibimap. Un bol de riz recouvert de plusieurs légumes inconnus, de trucs bizarres qui ressemblent à des nouilles, d'une sauce huileuse et d'un oeuf cru........ on est pas sûr!

Busan

Affamés, on plonge quand même rapidement dans notre assiette. La serveuse lève les yeux en l'air et s'approche de notre table. Sans nous dire un mot, elle ouvre un plat de plastique sur la table d'où elle sort une bonne poignée de chou mariné dans de la sauce rouge qu'elle rajoute à notre assiette. Un peu plus de sauce huileuse et elle mélange le tout vigoureusement avec une cuillère. Les bras croisés, sans émotion, elle nous regarde manger en attendant notre verdict. On jette un coup d'oeil à notre guide de conversation, merci c'est un vrai délice! (masisseosseumnida).............. Le silence total dans le restaurant, tous les clients se retournent, en laissent tomber leur baguette et nous fixent à leur tour. Est-ce que l'on aurait mal prononcé? On essaie une deuxième fois, MA SI SSEO SSEU MNI DA, toujours aucune réaction! Quand soudain dans un coin AAAAAAAAAAA!!!!! masisseosseumnida ça chuchote, ça rie puis ça répète en choeur masisseosseumnida, masisseosseumnida tout le monde semble comptant et la serveuse nous offre fièrement une autre portion de chou, du kimchi.

Busan

Bien rassasié, on rentre se coucher. Demain, on visite les temples de Beomeo-sa

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