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L'homme orchestre

Publié le 17 août 2009 par Veroniquer

producer Je reviens sur la définition de ce métier après quelques échanges avec les uns ou les autres (dont Christophe Lefevre, que je remercie ici).

Pourquoi?

Parce que assez peu de gens connaissent les compétences d'un producteur et ses savoirs faire.

Parce que, cela peut être utile à ceux qui souhaiteraient s'engager dans cette voie.

Parce que cela peut m'être utile pour démontrer les compétences que je peux exporter dans d'autres domaines.

Parce qu'il s'agit d'une profession qui doit repenser ses fonctionnements et s'intéresser au monde connecté d'aujourd'hui.

Et, non, un producteur n'est pas un homme avec un gros cigare! Sauf s'il s'appelle Georges Lucas et est producteur indépendant de blockbusters (et encore, fumet-t-il d'abord?)

Un producteur (télévision) est celui qui initie, finance, assure et accompagne la fabrication, le suivi et la garantie de bonne fin d'une programme.

Ce qui veut dire, beaucoup de choses:

- Initier: c'est à la fois être créatif, curieux, à l'écoute, suivre et connaître les tendances, anticiper, connaître parfaitement les programmes des différentes chaînes de télévision (ses clients, sur son territoire et à l'étranger), avoir ses propres opinions et savoir argumenter, être persévérant et tenace tout en sachant s'adapter. Un producteur peut initier (concepts) et/ou accueillir les projets des auteurs et des réalisateurs qui souhaitent collaborer avec lui. Il est régulièrement amené à écrire, y compris en ne signant pas de son nom: aide apportée à un auteur et/ou un réalisateur sur la conception du projet, sur les textes de commentaires. Toujours en concertation, dans l'ajustement et l'échange.

- Financer: il doit vendre le projet - une fois qu'il est suffisamment travaillé - à un ou plusieurs diffuseurs (français et/ou internationaux suivant les cas de figure). Il doit trouver toutes les possibilités de compléments de financements (autres diffuseurs, institutions, partenariats, etc). Il assure également le suivi de l'élaboration des devis et plans de financements ainsi que l'établissement et la négociation des contrats (tous ceux afférents à la production: auteurs, réalisateurs, télévisions, tous les partenaires d'un projet, archives, musiques, etc).

A noter: plus le travail est précis avant de présenter un projet, meilleures sont ses chances. Certains pensent qu'il suffit d'une "idée" et de quelques lignes pour faire un projet. D'autres ne comprennent pas la nécessité de décrire la forme (comment savoir à quoi va ressembler un film avant qu'il n'existe?). C'est pourtant primordial.

Évidemment: toutes les exceptions existent!

- Assurer (en s'entourant des bonnes personnes) et accompagner la fabrication: écriture, repérage, tournage, montage (image et son), visionnage, en collaboration avec le réalisateur et les équipes. En liaison aussi avec tous les partenaires du film. Ce qui suppose une connaissance et une maîtrise technique et artistique.

Ceci prend deux lignes à écrire, mais représente des heures (et des heures!) de - dans le désordre - discussions, visionnages, échanges de point de vue (sur le fond et la forme), diplomatie, fermeté, écoute, attention, conflits, résolutions de conflits, disponibilité, créativité, investissement...

Une fois un film terminé et livré, les choses ne s'arrêtent pas là:

- Promotion du film: communication autour du film, organisation de projections, inscriptions à des manifestations et/ou festivals, relations avec la presse, etc.

- Rendus des comptes: pour soi et pour l'ensemble des partenaires et institutions.

- Commercialisation: suivi de ce qui est engagé, et/ou nouveaux engagements (distribution par exemple).

En résumé, un producteur est un homme orchestre (une femme, en l'occurrence!), qui doit posséder aussi un solide réseau, être innovant (mais sans en faire une obligation), persévérant et stratège, à l'écoute et - je pense - passionné aussi (mais jamais au détriment d'un talent) et rigoureux, dans un milieu dans lequel la concurrence est rude et où il faut aussi savoir prendre des risques.

D'autres vous donneront des définitions différentes bien-sûr, des portraits plus "glamours" ou plus faciles, voir, des caricatures. Ici, comme partout: tous les goûts sont dans la nature...

Un producteur aujourd'hui devrait aussi s'attacher à repenser les modes de production et les formes, et s'intéresser à ce qui se passe dans le monde numérique et celui de la téléphonie mobile, pour trouver des passerelles, des réflexions, des moyens de communication et quelques contenus spécifiques et adaptés.

Photo: Slyadnyev Oleksandr - copyright photoXpress


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