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Pour vivre heureux, vivons dans un enclos doré

Publié le 08 octobre 2007 par Frednetick

 Imaginons une rieuse petite rue américaine, une de celles qui traversent les quartiers où les femmes désepérées cachent sous les dehors de la convenance les noirceurs d’une âme tourmentée. Le gazon est bien tondu, les ruelles éclairées et les voisins avenants. Le week-end, les barbecues parfument de leurs éfluves les jardins tandis que les rires des enfants…. Oops, non pas d’enfants.

 Comment ça pas d’enfants? Ben oui pas d’enfants, c’est comme ça, vu que l’âge minimum pour habiter Leisure world il faut avoir plus de 55 ans, point barre.

 Mais on ne peut pas empêcher quelqu’un de s’installer? Ahhh mon bon monsieur, vous réflechissez encore sur la base d’une organisation territoriale normale, il vous faut changer votre kaleidoscope, il est tout cassé.

 Car dans une gated community ne rentrent que ceux que l’on veut bien admettre. La gated community c’est la fin de l’unité territoriale, c’est la fin de l’impôt, c’est la fin des voisins chiants et des mômes pleurnichards, la gated community c’est l’avenir.

 Aux Etats-unis certaines communities ont ainsi obtenu le droit de ne plus payer l’impôt fédéral, d’autres ont trouvé des moyens renouvelés pour éviter d’avoir à côtoyer des noirs et des latinos.

 Un golf, un leisure center, vraiement les gated communities ne manquent de rien, et leurs populations, parfois nombreuses (10.000 à Canyon Lake, CA qui en plus s’est vu octroyé une charte municipale par l’état de Californie, la classe) sont choyées.

 Parfois d’origine privée ( La Corona Land Company est à l’origine de Canyon lake) ells dispensent à leurs “membres” tous les services que l’on peut attendre lorsque l’on paye 1.000 à 1.500 $ de frais annuels de copropriété.

 Un accord avec la police de Riverside pour la mise à disposition d’un officier 24/24, un autre avec le fire department de Riverside toujours, un service pour les chiens etc…

 La “ville” perçoit une taxe de business, fait appliquer la “loi” par une Special Enforcement team, dispose d’un journal, le friday flyer et de toutes les commodités.

 Un endroit où il fait bon vivre.

 La question que soulève immanquablement ce phénomène est celui de la ségrégation. Qu’en est-il vraiement?

  un tiers d’entre elles (33 %) sont des “ghettos de luxe” pour les plus riches ; la majeure partie (49 %) est destinée aux classes moyennes et moyennes supérieures en quête d’un mode de vie associant résidence individuelle, loisirs (golfs, piscine, etc.) et protection de l’investissement immobilier ; et 18 % visent des clientèles plus modestes : minorités asiatique, hispanique ou noire

  Renaud Le Goix in Revue Urbanisme n°337

 Le caractère ségrégationniste se révèle pleinement dans la structure même des habitants, beaucoup plus homogènes d’un point de vue éthnique et social. Les diverses obligations qui pèsent sur les membres, les conditions d’accès et la pratique entraînent une concentration bien plus importante que dans les quartiers contigus “non fermés”.

A l’heure où les études menées aux EU et en France sur l’utilité de la mixité sociale dans la réussité scolaire des enfants, ces gated communities, qui ne sont ni plus ni moins que des copropriétés version XXL et version “je mets des murs autour de ma maison”, ne font rien pour faire avancer la socialisation.

L’entre soi qui prend le pas sur le vivre ensemble, c’est un peu de l’esprit de la nation qui s’étiole à mesure que les portes se ferment sur les quartiers protégés.

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