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Histoire afghane

Publié le 20 août 2009 par Dangelsteph

Histoire afghane Où va l’Afghanistan ? Vers une journée d’élections, dans les provinces et pour élire son président. Cela se passe ce 20 août. Mais ce n’est pas une réponse valable. Ces élections ne sont qu’une péripétie, où va vraiment l’Afghanistan ? Quelle histoire est en cours d’écriture dans ce pays qui fait rêver et qui inquiète en même temps ?

Une bonne histoire, pourrait-on être tenté de dire. Après tout, ce sont des élections, plutôt démocratiques, du moins beaucoup plus que dans certains autres pays dont l’expérience de la démocratie est pourtant plus ancienne.

Mais là encore, l’essentiel n’est pas là.


Il suffit, d'après les journalistes sur place, de parcourir les rues de Kaboul, la capitale, et d’interroger les habitants sur la signification que le mot démocratie a pour eux. Les plus âgés disent qu’ils n’en savent rien, que ce mot n’évoque rien pour eux. D’autres, plus jeunes, observent que cette démocratie correspond à une augmentation de l’insécurité, et à une licence des mœurs qui, s’ils ne la réprouvent pas ouvertement, les gêne, car elle ne colle pas avec leurs traditions, même celles qui sont antérieures à l’époque talibane.

Plus de liberté, pour un peuple qui avait connu la chape de plomb des talibans, cela aurait pourtant dû être ressenti comme un élément positif, car c’est là un attribut essentiel de la démocratie occidentale.

Dans le même temps, on parle d’une voie possible vers un dialogue pour un apaisement politique avec ceux que l’on appelle en Afghanistan, les talibans modérés. Sauf que du côté des talibans, on souligne à l’envi que les talibans modérés, cela n’existe pas. Ce serait donc une fiction.


Hamid Karzaï lui-même, et cela a été précisé depuis plusieurs années, n’a que peu de pouvoir en dehors du cercle restreint de la capitale et de quelques territoires, moyennant accords avec les seigneurs locaux. Pas très démocratique.


On a tendance à attribuer cela à l’importance des chefs de guerre locaux.

En réalité, le problème le plus important de l’Afghanistan réside dans la méthode.

On a voulu plaquer sur ce pays aux traditions, spécificités et fonctionnement très particulier, des recettes types, éprouvées mais adaptées à nos sociétés occidentales.

Un fait tout simple : l’organisation de l’Afghanistan repose sur un système tribal et de pouvoirs locaux, villageois même. Il ne s’agit pas là des fameux chefs de guerre, mais de chefs de village, de tribus… Pas forcément talibans, ou fondamentalistes. Comment, alors, un président élu, même démocratiquement pourrait-il avoir une légitimité ?


Mixer le respect de ces traditions avec une dose de démocratie peut permettre aux Afghans d’écrire leur propre histoire, tout en donnant un rôle d’acteur aux Occidentaux.


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