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Tango thérapie

Publié le 21 août 2009 par Raymond Viger

Tango thérapie

Isabelle Burgun

(Agence Science-Presse) – Le tango, l’une des danses les plus sensuelles au monde, serait aussi un instrument de choix pour régler des problèmes de santé physique ou mentale. «Quand on danse le tango, on oublie ses problèmes. Et danser peut même aider à les résoudre», croit le médecin Frederico Trossero.

Le psychologue argentin a ainsi mis en place des ateliers de tangothérapie en Argentine. C’est là qu’il accueille des personnes avec des problèmes de dépendance et de santé mentale tels phobies, schizophrénie et attaques de panique, mais également des couples et des adolescents.

Activité physique, lien social, maîtrise de soi, sentiment de compétence. «Le tango peut nous apprendre beaucoup sur nous-mêmes et sur notre rapport à l’autre. C’est l’une des belles métaphores des rapports humains», relève France Joyal, organisatrice du colloque international «Tango, culture et santé» qui se tenait récemment à l’Université de Trois-Rivières et auteure du livre Tango, corps à corps culturel.

C’est pourquoi cet illustre pas de deux intéresse aujourd’hui de nombreux chercheurs à travers le monde. Sociologues, psychologues, anthropologues ou encore experts en géomatique — qui sont souvent aussi des danseurs de tango — y étudient la maîtrise de l’espace, l’esthétisme, le sens de l’équilibre, la communication ou encore les rapports de couples de manière tangible.

Danser pour guérir

Une personne timide aura tendance à éviter l’enlacement. L’obsessif, plus rigide, contrôlera ses mouvements. Celle atteinte de troubles obsessifs compulsifs voudra éviter de toucher le partenaire. «À l’aide d’exercices, nous leur apprenons — très lentement — à se familiariser au contact de l’autre et à habiter leur corps», explique Federico Trossero.

Cette classe de tango un peu spéciale comprend de la danse, mais également une thérapie de groupe. Cette coulisse permettra l’interprétation de ce qui se passe en classe grâce aux commentaires et aux prises de parole placés sous la gouverne d’un intervenant qualifié.

L’objectif principal vise le mieux-être des personnes avec elles-mêmes et les autres. «C’est le bercement du bébé. Un contact qui stimule la production d’un neurotransmetteur — ocytocine — à la fois calmant et favorisant l’attachement», explique le psychologue argentin. Il détaille d’ailleurs son expérience dans un livre, Tango terapia (Coquena Edicion, 2006).

Cette thérapie douce fait des émules: des ateliers d’initiation à la tangothérapie se donnent aujourd’hui à Paris et ailleurs. Une association internationale de tangothérapie a même été lancée en 2008. Le succès réside, comme les bonnes recettes, dans l’essence même de cette danse sociale empreinte de liberté et de tendresse.

Car faire quelques pas de danse étroitement enlacés procurerait beaucoup de bien au corps comme à l’âme. «C’est un gros câlin entre deux personnes qui marchent. Le tango combine de nombreux bienfaits sans que les gens s’en rendent compte», souligne même le psychologue François Terreault.

Sans compter que faire de l’activité physique régulière raffermit les muscles, améliore l’équilibre et s’avère bénéfique pour la santé mentale. Plein de bonnes raisons de commencer l’apprentissage du tango…

Pour en savoir plus

Colloque international « Tango, culture et santé » de l’Université de Trois-Rivières les 28 au 29 mai dernier 

Portail québécois du tango

Site du médecin Frederico Trossero

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