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Vidéosurveillance : le rapport qui ne prouve rien

Publié le 22 août 2009 par Juan

Grosse manchette à la une du Figaro.fr, samedi 22 août : "Vidéosurveillance : le rapport qui prouve son efficacité". Le journal s'est procuré un "rapport confidentiel" de l'Inspection générale de l'Administration (IGA), de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) et de l'Inspection technique de la gendarmerie nationale (ITGN) sur les résultats de l'installation de caméras de surveillance en France. Brice Hortefeux a annoncé cette semaine vouloir en tripler le nombre dans les trois ans.
Cette étude tombe à point nommé: le Parti Socialiste venait de critiquer les plans du ministre. "Aucune étude scientifique ne démontre l'efficacité de la vidéo surveillance pour lutter contre la délinquance", a expliqué mardi le secrétaire national du PS chargé de la sécurité, Jean-Jacques Urvoas.
Le Figaro aurait-il été tuyauté par le ministre de l'Intérieur ?

«L'analyse des statistiques de la délinquance montre un impact significatif de la vidéoprotection en matière de prévention puisque le nombre de faits constatés baisse plus rapidement dans les villes équipées que dans celles où aucun dispositif n'est installé».
L'étude a porté sur une zone couvrant 5 millions de personnes, et 63 brigades de gendarmerie, " un territoire équipé de plus de dix caméras et sur le tiers des 146 circonscriptions de police dotées de moyens de vidéoprotection, d'Enghien-les-Bains (12 000 habitants) à Lyon (480 000 habitants) en passant par Nice, Montpellier, Tourcoing, Mulhouse et tant d'autres communes, grandes ou petites." Le Figaro prend toutes les précautions pour légitimer cette enquête : les auteurs sont "irréprochables"; la période d'analyse a été très longue (neuf ans, de 2000 à 2008). Le résultat est à la hauteur des espérances du ministre. Les auteurs concluent :
1. qu'il faut beaucoup de caméras installées pour qu'elles soient efficaces
2. que leur présence ne déplace pas vers les zones non couvertes («l'effet plumeau, c'est-à-dire un déplacement de la délinquance vers les zones non couvertes, ne semble pas avéré»)
3. que la videosurveillance n'aide pas véritablement à élucider davantage de crimes et délits...
Comment cette étude pourrait elle être fiable ?
"Personne, y compris au ministère de l'Intérieur, n'est capable de déterminer le nombre exact de caméras de surveillance sur la voie publique [...] certaines sont illégales" a rappelé le président de la Commission nationale informatique et liberté (Cnil), Alex Türk.
La promesse d'Hortefeux a de toute façon peu de chance d'être tenu. En 2007 déjà, Michèle Aliot-Marie avait promis 60 000 caméras de surveillance installées d'ici 2009. En 2009, Brice Hortefeux promet les mêmes 60 000 pour ... 2011.

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