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Après Nîmes

Publié le 23 août 2009 par Jfa

A la fin des années 90, quand les Verts avaient frôlé les 10% puis s’étaient déchirés dans les mois qui suivirent, je me suis dit, socialiste à l’époque, qu’ils avaient gâché une occasion historique. C’était l’époque du jospinisme triomphant, avec sa période ouverte et dynamique jusqu’en fin 99 suivi d’un immobilisme craintif les années suivantes, et le résultat que l’on vit en 2002.

Bien que l’histoire ne se répète pas deux fois, Europe-Ecologie, forte de son succès aux Européennes dans le contexte d’une gauche affaiblie et en miettes et d’un PS moribond, saura-elle saisir, cette fois pour de bon, cette nouvelle occasion historique de devenir le moteur de la gauche française, une gauche ouverte sur les défis de son époque ? 

Cela dépend, outre de propositions réalistes et progressives mais radicales dans les domaines qui sont classiquement et prioritairement les siens, vu l’urgence énergétique et climatique, l’épuisement annoncé pour la fin du siècle de beaucoup de matières premières, la dégradation des biens communs que sont l’air et l’eau (cf. les nitrates en Bretagne en restant chez nous),…, en proposant un nouveau progrès à défaut de croissance et de nouveaux comportements,… de sa capacité à investir les questions sociales et les régulations nationales, européennes et  internationales à mettre en oeuvre pour inverser la vertigineuse montée des inégalités avec, dans les pays développés, l’appauvrissement des plus pauvres. Les thèses du développement durable en ouvrent les pistes.

Mais cela ne sera pas suffisant si les mois qui suivent ne permettent pas une organisation militante efficace. Ce point, sur lequel seul MédiaPart a mis l’accent,  constitue, à mon avis l’autre condition pour que ce mouvement se développe, puisant certes dans le mouvement associatif sa formidable dynamique, mais aussi se dotant de modalités organisationelles efficaces pour gérer un afflux militant, sans pour autant tomber dans la “professionnalisation” clientéliste des élus qui à conduit le PS à ce qu’il est.

Europe Ecologie ne fera que disputer les bobos et une partie des classes moyennes au PS, (laissant la droite, avec ses démagogies sécuritaires et son appareil médiatique de propagande, faire le plein chez les vieux et les plus démunis) si elle ne gagne pas sur ces deux tableaux: un contenu qui prend aussi à bras le corps le problème de la redistribution et une organisation militante efficace qui ne se “guérinise” pas, en tombant sous la coupe exclusive des élus.

Je pense que le score de cette liste aux Européennes s’explique d’abord par un déplacement des voix votant auparavant socialiste dans le contexte d’un très fort taux d’abstention. Fixer ces voix, en gagner d’autres dans toutes les couches du salariat, notamment les plus populaires, est essentiel pour reconstruire une opposition crédible et espérer battre la droite bonapartiste en 2012.

Les Journées de Nîmes ont-elles permis d’avancer sur ces deux points ? Nous le saurons vite dans les semaines qui viennent, notamment si la constitution des listes d’Europe Ecologie aux Régionales ne sombre pas dans les combats d’égo, si l’afflux militant prévisible voit évoluer l’organisation et si les réactions aux différentes offensives gouvernementales sont à la hauteur des enjeux.

- “Selon Viavoice, 64% des Français, 76% des sympathisants de gauche et 78% des sympathisants PS sont pour des alliances PS-Europe Ecologie”. Reuters/Le Monde. A Nice, cela n’en prend pas le chemin avec la rupture de l’accord départemental par le PS dans le 6ème canton.

- Les balades numériques de “Du bleu dans mes nuages“ et celle d’Olivier.

- “Des micro-sillons cérébraux dictent les hallucinations auditives”. Le Monde.


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