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S. Thomas d'Aquin, Commentaire sur Jean 6 (22)

Publié le 24 août 2009 par Walterman

OR JÉSUS, SACHANT EN LUI-MÊME QUE SES DISCIPLES MURMURAIENT À CE SUJET, LEUR DIT: "CELA VOUS SCANDALISE?

Il dénonce le scandale parce qu’ils avaient dit CETTE PAROLE EST DURE à voix basse pour ne pas être entendus de lui. Mais lui qui, par la puissance de sa divinité, connaissait ce qu’ils disaient, le dévoile: JESUS, SACHANT EN LUI-MEME ce qu’ils disaient en eux-mêmes, à savoir QUE SES DISCIPLES MURMURAIENT A CE SUJET n'avait pas besoin qu'on lui rendît témoignage au sujet de l’homme: il savait, lui, ce qu'il y a dans l’homme. Dieu scrute les coeurs et les reins: Il LEUR DIT: "CELA VOUS SCANDALISE? comme s’il disait: vous ne devez pas en être scandalisés. Ou bien on peut lire dans ces paroles un désir d’apaiser, comme s’il disait: Je sais que vous êtes scandalisés — Il sera pour nous, ceux qui croient au Christ, une cause de sanction, mais une pierre où l’on achoppe, un rocher où l’on trébuche (petra scandali), pour les deux maisons d’Israël, c’est-à-dire pour les disciples qui murmurent et pour les foules.

Mais puisque les docteurs doivent éviter le scandale de ceux qui les écoutent, pourquoi le Seigneur leur propose-t-il des vérités de foi telles qu’ils soient scandalisés et se retirent?

Je réponds en disant que la nécessité de la doctrine exigeait que le Seigneur leur proposât de telles choses. Ils le pressaient vivement, en effet, de leur procurer une nourriture corporelle alors qu’il était venu pour conduire au désir de la nourriture spirituelle. Voilà pourquoi il était nécessaire qu’il leur proposât l’enseignement sur la nourriture spirituelle. Leur scandale n’était cependant pas causé par une faille de l’enseignement du Christ, mais par leur incrédulité. Si, en effet, étant soumis à la chair, ils ne comprenaient pas les paroles du Seigneur, ils pouvaient l’interroger comme les Apôtres le firent ailleurs. C’est à dessein, selon Augustin, que le Seigneur permit cela, pour donner à ceux qui enseignent bien une cause de patience et de consolation face aux détracteurs de leurs paroles, puisque même les disciples ont osé dénigrer les paroles du Christ.

Le scandale avait été occasionné par la personne qui avait parlé et par les paroles qu’elle avait dites, comme le dit Chrysostome. C’est pourquoi le Christ écarte l’occasion du scandale d’abord quant à sa personne, puis quant à ses paroles.


SI DONC VOUS VOYIEZ LE FILS DE L'HOMME MON TANT OÙ IL ÉTAIT AUPARAVANT?

L’occasion du scandale fut qu’ils avaient entendu le Seigneur s’attribuer ce qui appartient à Dieu. Donc, parce qu’ils le tenaient pour le fils de Joseph, ils étaient scandalisés par ses propos. Afin d’écarter cette occasion de scandale, le Seigneur leur montre plus ouvertement sa divinité. Il dit en ce sens: "Vous êtes troublés par ce que j’ai dit de moi: SI DONC VOUS VOYIEZ LE FILS DE L’HOMME MONTANT OÙ IL ÉTAIT AUPARA VANT?" (ajoutons: "que diriez-vous?") comme s’il disait: Pourriez-vous nier que je suis descendu du ciel et que c’est moi qui donne la vie éternelle? Il avait fait de même avec Nathanaël; en effet, lorsque celui-ci lui eut dit: Tu es le roi d'Israël; il voulut l’élever à une connaissance plus parfaite en lui disant en ce sens: Tu verras des choses plus grandes que celles-ci. Ici aussi, il annonce quelque chose de plus grand à son sujet en disant: SI DONC VOUS VOYIEZ LE FILS DE L'HOMME MON TANT OÙ IL ÉTAIT AUPARAVANT? Or il est monté au ciel à la vue de ses disciples, ainsi que le rapporte les Actes. Si donc il est monté là où il était auparavant, c’est qu’auparavant il était au ciel: Personne n’est monté au ciel si ce n’est celui qui est descendu du ciel.

Mais soyons attentifs: même si dans le Christ la personne du Fils de Dieu et du Fils de l’homme est la même, la nature est cependant autre. C’est pourquoi quelque chose lui convient en raison de l’humanité — monter — qui ne lui convient pas en raison de la divinité, selon laquelle il n’est pas de lieu où il puisse monter puisqu’il est éternellement au sommet le plus élevé de toutes choses — dans le Père. Mais selon la nature humaine, il lui convient de monter là OÙIL ÉTAIT AUPARAVANT — au ciel où il n’était pas selon cette nature. Ceci est contraire à l’erreur de Valentin,
disant que le Christ avait pris un corps céleste. Ainsi donc, là où il était selon la divinité, il est monté, à la vue des Apôtres et par sa propre puissance, selon l’humanité: Je suis sorti du Père et je suis venu dans le monde; je quitte de nouveau le monde et je vais au Père.



Mais selon Augustin, ces paroles sont dites pour une autre raison. Il dit en effet que ceux-ci ont été scandalisés de ce que le Seigneur avait dit qu’il leur donnerait sa chair à manger: à l’éventualité, due à leur compréhension charnelle, de devoir la manger au sens littéral comme une chair d’animal, ils ont été scandalisés. Et c’est pourquoi, écartant cette interprétation, il dit: SI DONC VOUS VOYIEZ LE FILS DE L’HOMME MONTER avec son corps intact OU IL ETAIT AUPARAVANT, ajoutons: diriez-vous que je voulais vous donner ma chair à manger comme celle des animaux?



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