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C + I + G +(X – M), vous vous souvenez ?

Publié le 24 août 2009 par Jeangagnon

Vendredi, 21 août 2009

C’est l’équation qui permet de déterminer la valeur (ou la taille) de l’économie, soit le PIB (Produit intérieur brut). Il s’agit simplement de faire la somme des dépenses de consommation (C), des dépenses en investissements des entreprises (I), des dépenses des gouvernements (G) et de la balance du secteur extérieur, c’est-à-dire la valeur des exportations (X) moins celle des importations (M).

C’est ce qui détermine la santé de l’économie. Quant la somme est supérieure à celle de l’année précédente, c’est que l’on a bénéficié d’une croissance économique, soit un enrichissement général. Mais lorsque cette somme est inférieure, c’est que nous sommes en récession, donc que nous nous appauvrissons.

Pourquoi revenir sur cette équation la plus connue de la science économique ? Simplement parce qu’elle peut nous aider à comprendre le constat que vient de faire l’économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI), Olivier Blanchard.

Depuis quelques semaines, les médias rapportent les propos de nombreux économistes qui proclament tous que la récession est terminée et que la reprise s’amorce. L’économiste du FMI pense également que la récession est terminée, mais il croit surtout que la reprise, compte tenu que la récession fut très atypique, sera complexe, lente et douloureuse.

La récession

Revenons d’abord sur la récession. Elle fut violente comme pas une depuis la grande dépression des années 30. Durant les deux premiers trimestres de l’année 2009, le PIB s’est contracté de plus de 6 % comparativement aux mêmes trimestres de l’année précédente.

La raison est que le C et le I dans l’équation se sont écroulés. Les consommateurs américains, par exemple, se sont mis à épargner plus de 5 % de leurs revenus personnels, alors que le taux d’épargne avoisinait plutôt zéro depuis plusieurs années. Quant aux entreprises, ils ont cessé tout investissement, et se sont contentées de liquider leurs inventaires.

Si la récession semble maintenant être terminée, comme bien des économistes le prétendent, c’est que le G dans l’équation est en train d’augmenter dramatiquement. On a qu’à penser au programme de dépenses de près de 800 milliards de l’administration Obama.

Mais ne nous berçons pas d’illusion, prévient Olivier Blanchard. “ Plusieurs éléments de notre système économique ont été brisés “, dit-il. Plusieurs entreprises qui auraient tenu le coup lors d’une récession normale n’ont pas pu résister cette fois-ci et ont fait faillite. Dans plusieurs pays industrialisés, le système financier est devenu dysfonctionnel, et il faudra beaucoup de temps pour le remettre sur pied. Pendant ce temps, l’intermédiation financière, c’est-à-dire le transfert des ressources financières vers les différents agents économiques pouvant les utiliser efficacement, est en grande partie paralysée.

Chez les pays émergents, les entrées de capitaux, dont ils sont si dépendants, se sont évaporées et prendront de nombreuses années à revenir à leur niveau d’antan.

De plus, l’augmentation rapide et sans précédente du G aura comme effet de créer des déficits énormes chez les gouvernements. Les conséquences seront des hausses d’impôts et de taux d’intérêt à long terme, deux facteurs qui freineront la croissance économique future.

Rôle du consommateur dans le système économique

Il est clair que pour retrouver une croissance soutenue, il faudra que les consommateurs recommencent à jouer leur rôle si essentiel dans le système économique que nous connaissons, c’est-à-dire utiliser leurs épargnes pour augmenter le C de l’équation. Mais le feront-ils ? On peut en douter sérieusement.

La crise que nous traversons semble avoir eu raison de deux croyances populaires. D’abord, celle que le prix des maisons ne peut que monter. Mais aussi, celle qui dit que l’on peut compter sur un rendement annualisé moyen de 6 % et plus des marchés boursiers. Ces deux facteurs assuraient l’enrichissement des individus et faisaient en sorte que l’épargne n’était pas nécessaire. 

C’est tout ça qui a changé. La croissance économique américaine sera supérieure à 4 % au troisième trimestre parce que les compagnies regarnissent leurs inventaires et que les gouvernements dépensent sans retenue. Mais attention, ne vous laisser pas berner, car ça ne durera pas. On devra vraisemblablement se contenter pendant quelques années d’une croissance économique au mieux de 1 à 2 %, à peine la moitié de celle à laquelle nous nous étions habitués.


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