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Quel rôle pour les surveillants ?

Publié le 24 août 2009 par Soseducation

Dans le Petit Nicolas, le Bouillon n’a quasiment jamais besoin de punir. Il lui suffit généralement de dire à un élève agité : « Regardez-moi bien dans les yeux »… Qu’adviendrait-il de lui aujourd’hui dans une école de Seine-Saint-Denis ?

La mission des surveillants a été progressivement vidée de son contenu, et il serait urgent que de vrais professionnels de la discipline interviennent dans nos écoles pour rétablir le bon ordre des couloirs et des cours de récréation, le silence des salles d’étude et de permanence, et contrôler les absences et retards des élèves.

Le corps des surveillants, créé sous Guizot dès les origines de l’école publique, a été rebaptisé corps des « maîtres d’internat et surveillants d’externat » en 1937.

Mais dès 1965, on commence à exiger d’eux qu’ils cessent de s’occuper exclusivement de surveiller les élèves et de maintenir le bon ordre dans les écoles, pour se consacrer à des « missions socio-éducatives » (jamais définies précisément).

Malgré les échecs, qui aggravent la pagaille autour de mai 68, cette réforme est prolongée en 1970 avec la création des conseillers d’éducation (CE) et conseillers principaux d’éducation (CPE).

La confusion devient alors totale. Les attributions des surveillants, qui avaient été définies de manière si claire à l’origine, et qui répondaient à un besoin si naturel dès lors qu’on réunit en un même lieu plusieurs centaines d’enfants, sont profondément modifiées. On leur demande d’organiser des « tâches pédagogiques », des « animations éducatives » et d’assurer la « sécurité physique et morale des élèves ». Autrement dit, la discipline n’a plus de légitimité que quand elle consiste à garantir la sécurité des enfants…

La réforme est parachevée en 1982 : le corps des conseillers et conseillers principaux d’éducation est détaché des personnels de direction pour être rapproché de celui des enseignants. En 1989, il est unifié sous le sigle CPE.

Le CPE d’aujourd’hui est censé « collaborer avec les professeurs pour connaître le travail, les résultats et le comportement en classe des élèves », ainsi que faire de « l’animation éducative auprès de ces derniers autour de leurs résultats, leur travail et leur attitude, collectivement ou individuellement. » Ses missions de surveillance sont, sur le papier, passées au second plan (heureusement, dans la pratique, elles restent souvent prépondérantes).

L’ambiguïté autour de sa mission, pourtant vitale au bon fonctionnement d’une école, a permis que l’indiscipline et la violence prennent des proportions ahurissantes : durant l’année scolaire 2005-2006, le ministère de l’Éducation nationale a recensé 82 000 actes de violence grave dans les établissements scolaires. Et si la violence à l’école a toujours existé, c’est seulement au cours des quatre dernières décennies qu’elle est passée du chahut à une violence anomique, comme le démontrait une étude réalisée par l’historien Philippe Conrad pour l’Institut de recherche indépendant pour l’éducation (IRIÉ).

Sur le plan disciplinaire, la circulaire du 13 juillet 2000 a achevé de le priver de tout pouvoir. Lors de l’exclusion ponctuelle d’un cours par exemple, le CPE ne peut plus que se contenter de recevoir l’élève exclu et d’en référer au principal ou au proviseur.

Pour rétablir la discipline dans les écoles, chaque établissement devrait être doté de surveillants professionnels.

Dans les écoles primaires, le surveillant devrait superviser l’arrivée des élèves et leur entrée en classe le matin et au début de l’après-midi, les récréations, la cantine et la sortie des classes.

Dans les petites écoles (moins de cinq classes), ce rôle peut néanmoins être confié à tour de rôle aux professeurs, surtout aux moments où ils sont de toute façon présents.

Dans les collèges et lycées, une organisation plus complexe serait nécessaire, un « surveillant général » encadrant plusieurs surveillants, selon la taille de l’établissement.

Mais dans tous les cas, leurs missions doivent être redéfinies de manière simple et concise : veiller sur tous les élèves en-dehors des classes, et punir chaque fois que nécessaire.

Bien entendu, les bonnes âmes s’en offusqueront. Mais la priorité de SOS Éducation est que les enfants bénéficient d’une bonne ambiance de travail à l’école, et soient protégés des abus des plus forts. Les adultes n’ont pas le droit, au nom de l’idéologie, de leur refuser cela.


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