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Raisons et Révolution.

Publié le 25 août 2009 par Marx

   C’est curieux comme la notion de révolution est devenu synonyme de guerre et de massacre. Les révolutionnaires étant perçus comme des êtres violents est sanguinaires. C’est une image colportée par l’idéologie dominante, celle que la bourgeoisie offre et qui est gobée, y compris par ceux qui se prétendent de gauche. Au lieu de mener une bataille idéologique contre les idées issues des tenants du système, ils en acceptent les schémas jusqu’à la caricature. Le stalinisme confortera cette image en traitant les autres de contre révolutionnaires et en donnant une définition péjorative du réformisme, autrefois qualifié de « révisionnisme » par les socialistes. A ce titre « Berstein » n’est pas un réformiste, il est un révisionniste. En France, certains socialistes actuels, prétendent que le Congrès de Tours, celui de la scission, marque la séparation entre révolutionnaires et réformistes. C’est un peu plus complexe, d’autant que ce n’est pas la question qui est posée au congrès et ce n’est pas la réponse à la question , fut-elle posée ou sous entendue dans les 21 conditions d’adhésion à la IIIième Internationale Communiste . Le constat d’échec de  la II ième Internationale est reconnu y compris par la plupart des « gardiens de la vieille maison » (voir la Conférence de Berne de 1919  rapportée par Pierre Renaudel ).
   La révolution moderne, c’est la construction du socialisme et sa victoire sur le capitalisme. C’est le passage d’une société à une autre. L’avènement de la propriété et des premières divisions du travail, c’est un changement de société par rapport au communisme primitif. La société esclavagiste cède la place au féodalisme pour passer ensuite au capitalisme. Tous ces changements se font en connaissant des convulsions et toutes contiennent des antagonismes d’intérêts, jusqu’au moment ou une force antagoniste, elle même issue de la même société l’emporte sur l’autre. Issue et produite par le système du moment  et caractérise le suivant. Tous ces systèmes ont un point commun depuis la première division du travail, c’est l’exploitation. La Révolution, ce n’est pas simplement, la Révolution française et la Révolution russe de 1917, images qui hantent encore des esprits de droite et paradoxalement à gauche également.
   La révolution « moderne » ne se décrète pas, elle se prépare et se construit et ne peut se développer que dans certaines conditions, objectives et subjectives (Lénine). Il faut que le peuple le veuille face aux conditions de vie imposées par la classe dominante dans une situation de crise et de décomposition du système en place , et « refuse de vivre comme avant ». A ces conditions, il y en a une d’essentielle, c’est l’existence d’un puissant Parti révolutionnaire doté d’un programme de transformation sociale, capable de rassembler, d’orienter et de diriger les masses. Ou le Parti instrument d’émancipation des masses. Bien d’autres définitions existent, avec différentes stratégies et tactiques, des blanquistes, anarchistes , marxistes jusqu’aux léninistes.
   Pour l’essentiel les révolutions ne réussissent que dès lors qu’une société n’est plus et remplacée par une autre d’un autre type. C’est son système économique qui caractérise une société. Nous sommes dans une société capitaliste puisque tel est le système économique en place et peu importe la couleur du gouvernement en place. Celui-ci gère le système sans le diriger puisque le pouvoir réel est aux mains des capitalistes, c’est le système qui leur appartient au même titre que les biens puisque le pouvoir est lié à la fortune et à la puissance de l’argent et à ce qu’il permet. Le gouvernement gère la société civile, puisque les investissements sont liés aux profits avec l’effet inverse . En France , le compromis de la Résistance est une parenthèse qui est en train de se refermer et le moins d’Etat se confirme, sauf à conforter la fortune , toujours au détriment du travail.
   Lorsque les conditions de vie se dégradent à un point tel, les citoyens le font savoir. Ils manifestent plus ou moins bruyamment et plus ou moins violemment . Ils peuvent nombreux, très nombreux et selon les conditions et les mises en difficultés du système, la répression s’abat. La riposte à la violence d’Etat et de classe peut être aussi vigoureuse ( La violence des humbles n’a d’égal que celle qu’ils on subie, - Jean Jaurès). L’état d’insurrection, n’est pas la Révolution, bien que certains ultra minoritaires emploient cette stratégie. En France comme en Russie, le peuple fait connaître son mécontentement, très fortement et c’est la répression et puis la riposte face à des pouvoirs affaiblis ou discrédités et en crise. « La taupe travaille, creuse et puis soudain surgit au grand jour », l’organisation est là, elle encadre, elle guide,« l’avant garde éclairée » de Lénine, ou les groupes structurés, les « cercles républicains ». D’autres ont échoué, trahies ou sans véritable base organique. La plupart des tentatives insurrectionnelles ont échoué car la spontanéité des masses ne suffit pas.
   Si la violence des humbles n’a d’égal que celle qu’ils ont subie, pour Jaurès, admirateur de Robespierre, elle se déchaîne d’autant plus après avoir vécu des siècles d’oppression. Oppression et aliénation deviennent alors de terribles moteurs de la vengeance sociale à venir. Insurrection et révolution deviennent alors le seul moyen quand le reste est impuissant ou ne peut fonctionner. C’est le recours quand toutes autres formes ont été épuisées afin de desserrer le carcan social. La Révolution c’est quand le système antérieur d’oppression pour le plus grand nombre est mis à bas.
   Les tentatives de changement par les urnes, ou de révolution démocratique par la voie électorale, ont été les plus nombreuses mais réprimées tout aussi violemment par la bourgeoisie. Les simples aspirations au changement dans de nombreuses dictatures ont fini dans un bain de sang des travailleurs . Que dire du combat pour que soit reconnue la simple démocratie ; Hongrie, Tchécoslovaquie, Grèce, Portugal, Espagne, la liste est longue, trop longue. L’Afrique et Patrice Lumunba tué comme un chien. L’Amérique latine et ses dictateurs et sa bourgeoisie à faire vomir , mis en place et maintenus par le capitalisme et l’impérialisme américain. Ces indiens que l’ont tuait en battues organisées pour justifier leur non présence dans un rayon de dix kilomètres, dans les années cinquante à soixante ; afin de pouvoir défricher la forêt pour le compte de grands « latifundios » ou pour quelques grands groupes US. Ces indiens , ces paysans sans terre, comment ne pas comprendre leur détresse au point de prendre un fusil tendu avec quelques cartouches. Ce journalier andalou et tant d’autres, classés au rang de bêtes de somme, ils sont des millions et des millions de par le monde à subir de telles conditions. Alors une tête de roi qui tombe, un Tsar collé au mur par des hommes qu’ils ont relégué au rang de bêtes, ils ont une riposte de bêtes.
   Tiens cent balles et dégage. C’est en France, des ouvriers qu’ils licencient pour moins d’argent que celui qui sert d’argent de poche aux gosses des riches. Avec la même somme ils se payent vingt ou trente ouvriers dans des pays qui fonctionnent à la trique. Ils en rêvent de ces conditions pour les salariés français et ils y travaillent pour que leur rêve se réalise. Lorsqu’il sera réalisé leur rêve, que restera-t-il. A certes il y a pire qu’ici, c’est justement la raison pour laquelle on peut craindre la même chose. Nous ne sommes ni pires ni meilleurs que les autres, nous avons une autre histoire mais c’est d’autres qui  l’ont faite, la notre s’écrit tous les jours et au présent et ne paraîtra que plus tard.
   Nous avons encore les moyens de la réforme. Ils rétrécissent ces moyens au fur et à mesure que se développe la globalisation. Le socialisme est impossible à construire dans un seul pays . C’est tous ensemble que nous pourrons trouver une issue , c’est la raison de la création des internationales, c’est leur vocation, la révolution. Pour changer réellement il faudra bien considérer que l’écrasante majorité des salariés et des travailleurs de la planète vivent en situation de servage dominés par un capitalisme qui n’est autre que celui que nous voyons ici. Le capitalisme est global et il faut le considérer dans sa globalité, l’oublier coûtera cher aux générations futures et c’est de la responsabilité des générations présentes. Le prolétariat est global, l’oublier conduit aux mêmes conséquences . Si la France était le monde et bien oui, qui ne s’afficherait pas réformiste. La réforme n’a de valeur que si elle s’inscrit dans un processus révolutionnaire, pour Jaurès . Dans des conditions démocratiques et de droits, la réforme est un des moyens d’améliorer le sort du prolétariat, quand il n’y a plus de droits et que la bourgeoisie veut imposer sa dictature, il ne reste qu’un moyen la Révolution, pour Francisco largo Caballero. D’autres opposent même la Révolution à la guerre . « Plutôt la révolution que la guerre ! » répété de 1914 à 1940. Pour Jaurès, c’est le capitalisme qui est porteur de guerre et de barbarie, la révolution  c’est la Paix . C’est le prolétariat qui subit quotidiennement la violence de la bourgeoisie et à chaque grève et à chaque manifestation, elle veut nous faire croire le contraire, raconte Largo Caballero à Manuel Llaneza , leader des mineurs des Asturies.
   La Charte d’unification de 1905 précise que le Parti Socialiste est un Parti Révolutionnaire et il est constitué en tant que tel. Berstein le révisionniste fera des émules, tout en maintenant des positions de classe. La révolution, être révolutionnaire, tout a été dit et écrit et aucun des auteurs n’a appelé au crime ; en dehors de Blanqui et de quelques auteurs anarchistes, il n’y a aucune confusion entre insurrection et révolution, sauf à considérer la phase insurrectionnelle comme la révolution. L’assaut insurrectionnel contre la classe dominante, de manière consciente ou pas jalonne l’histoire des opprimés de tous les pays, qui peut blâmer la révolte des morts de faim. Ils n’ont pu être, ces assauts, la révolution, écrasés et emprisonnés pour un bout de pain. Ces victimes, les rebelles d’hier nous permettent de jouir aujourd’hui  de ce que nous avons et que nous sommes incapables de garder et de défendre avec le réformisme actuel . Depuis vingt ans ce réformisme là, perd partout et est incapable de gagner la moindre avancée pour les générations futures. Ceux qui se prétendaient révolutionnaires, n’ont certes pas fait la Révolution mais ils nous ont permis d’avoir ce que les réformistes d’aujourd’hui n’ont même pas la force de conserver et qui parfois l’ont offert à la bourgeoisie sans mener le premier combat. Ils sont tous réformistes et Sarkozy aussi, mais lui il fait les siennes .

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