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Jiro Tanigushi, L’Homme Qui Dessine

Publié le 25 août 2009 par Lagrandedepression

Jiro Tanigushi est un auteur de manga, de Gekiga plus précisément. Ce terme contient l’idée de drame (geki) et par analogie phonétique l’idée de violence, de force, d’intensité. Le Gekiga est un genre destiné bien évidemment à un public adulte (ne pas confondre avec les hentai, bande de petits cochons).

Dans les années 1990, Jiro Tanigushi se focalise sur les thèmes de la vie quotidienne, et sur les relations entre êtres humains, mais aussi entre les hommes et la nature, avec L’Homme qui marche et Terre de rêves. Suivront L’Orme du Caucase, Le Journal de mon père et Quartier Lointain, édités en France dans la collection Écritures de l’éditeur Casterman.

Jiro Tanigushi, L’Homme Qui Dessine

« Si j’ai envie de raconter des petits riens de la vie quotidienne, c’est parce que j’attache de l’importance à l’expression des balancements, des incertitudes que les gens vivent au quotidien, de leurs sentiments profonds dans les relations avec les autres. [...] Dans la vie quotidienne, on ne voit pas souvent des gens hurler ou pleurer en se roulant par terre. Si mes mangas ont quelque chose d’asiatique, c’est peut-être parce que je m’attache à rendre au plus près la réalité quotidienne des sentiments des personnages. Si on y pénètre en profondeur, une histoire peut apparaitre même dans les plus petits et les plus banals évènements du quotidien. »

Son dessin est assez proche du style occidental, limite du franco belge. Jiro Taniguchi dit d’ailleurs avoir peu d’inspiration parmi les auteurs japonais, et est même plus influencé par des auteurs européens, tel que Jean Giraud, avec qui il a publié “Icare”, ou François Schuiten, proche comme lui de La Nouvelle Manga, mouvement initié par Frédéric Boilet, le promoteur du manga d’auteur en France. D’ailleurs il fera des pieds et des mains pour sortir deux titres, “La Montagne Magique “et  “Mon Année” (qui sortira en novembre 2009) dans le format « bande dessinée » auquel nous sommes habitués (Qui n’a pas une bonne vieille BD Casterman ou Dupuis chez lui ?)

Dans une récente interview donnée au Figaro (07/08/09), Jiro s’épanche au détour de deux questions sur le thème de la mélancolie, voilà ce qu’il répond :

Votre remède pour dissoudre la Tristesse ?
J’attends que vienne l’oubli

Etes-vous d’accord avec Victor Hugo pour dire que la « mélancolie, c’est le bonheur d’être triste » ?
Oui, je pense pouvoir comprendre cette pensée. Mis à part la tristesse provoquée par les grandes tragédies de la vie, comme la mort d’un proche, je crois que la petite tristesse des choses quotidiennes est quelque chose d’intéressant. La mélancolie est pour moi un état créatif.

C’est sans doute une des raisons pour lesquelles les mangas de Jiro Tanigushi ne ressemblent à aucun autre manga, ni à aucun autre roman graphique. Il faut lire “L’Homme Qui Marche”, BD sans texte ou presque où l’on suit un homme découvrant la beauté du monde, pour se rendre compte du ton mélancolique et fataliste. Comme la majorité des titres de Tanigushi.

Enfin, une de ses œuvres, “Quartier Lointain” est en cours d’adaptation au cinéma, par Sam Garbarski, et l’action se déroulerait en France. Air, groupe que Jiro Tanigushi apprécie particulièrement, devrait en composer la musique.

Jiro Tanigushi, L’Homme Qui Dessine

Air avait composé ‘Alone in Kyoto’ un morceau pour la BO de Lost in Translation de Sofia Coppola en 2003.

Air - Alone in Kyoto
http://www.lagrandedepression.com/wp-content/uploads/music/Aloneinkyoto.mp3


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