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Le trader, lampiste d’un système financier qui ne veut pas changer

Publié le 27 août 2009 par Hmoreigne

 Storytelling quand tu nous tiens. Le poids des mots face au choc des bonus et des parachutes dorés. En situation de crise, il faut toujours un coupable pour calmer les aigreurs de l’opinion. Et voilà donc ces maudits traders mis au ban de la société, condamnés à attendre un peu avant de percevoir leurs substantielles commissions.

Le secteur en est-il devenu subitement plus vertueux ? Evidemment non. Pied de nez à l’écran de fumée, le Crédit Agricole a annoncé un bénéfice de 201 millions d’euros au deuxième trimestre. Un bénéfice net multiplié par 2,6 par rapport au 2e trimestre 2008. Ces résultats démontrent “la capacité bénéficiaire” du groupe “avec encore un impact de la crise”, a déclaré à l’AFP Georges Pauget, le directeur général de la banque.

De sa dernière réunion avec les banquiers français, Nicolas Sarkozy se targue d’avoir arraché un système de bonus-malus. Pas de révolution sous le soleil doré de la planète finance. Le versement des bonus sera seulement “en partie différé pour tenir compte des résultats” avec l’entrée en vigueur d’un “malus” retenu sur la partie variable du salaire d’un trader qui aurait accumulé des pertes.

En guise de geste de bonne volonté BNP Paribas, l’établissement financier par lequel le sscandale est arrivé, a promis de réduire de moitié, à 500 millions d’euros, la provision pour ses opérateurs de marché au premier semestre, hors rémunération différée.

Les banques françaises ont toutefois émis un sérieux bémol en indiquant que ce système de malus, n’était viable pour les établissements français que si la norme était adoptée au niveau international. Dans ce sens, Nicolas Sarkozy, appellera le G20 à s’aligner sur la position française.

La partie est effectivement loin d’être gagnée. Le dernier G20 qui devait marquer un tournant dans l’encadrement de l’hyperfinance n’avait finalement débouché sur rien ou pas grand-chose. Nicolas Sarkozy arrivera-t-il à imposer au sommet de Pittsburg ce que l’Administration Obama n’arrive pas à imposer aux banques américaines ? On peut être légitimement sceptique.

Il faudra autre chose qu’un simple rappel oral à la morale ou la rédaction d’un code de bonne conduite pour corriger un système devenu fou. Avec amnésie et démagogie, les Etats s’exonèrent de toute responsabilité dans la situation actuelle. Il ne dépend pourtant que d’eux de poser des règles correctrices.

Dans ce grand jeu de dupes, les bonus ne sont qu’un épiphénomène, totalement marginal, qui cache le fait qu’au motif de la mobilité des patrimoines et des dirigeants le secteur de l’hyperfinance ne veut en rien changer ses habitudes d’avant crise. La concurrence entre places financières conduit chaque pays à minorer les contraintes susceptibles d’être imposées à son système financier.

Illustration concrète, de plus en plus de financiers britanniques quittent Londres, reine pendant longtemps du dumping fiscal, pour la Suisse afin d’éviter les hausses d’impôts. Le quotidien helvétique Le Temps décrit le phénomène . Instructif, pour des migrations qui n’ont rien d’anecdotiques.

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