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Catch : Victory Road 2009

Publié le 27 août 2009 par Benjamin Mialot
Victory Road 2009

Victory Road 2009

A mes yeux, il existe deux façons de reprendre les affaires sur un blog. La première, c’est de jouer au chercheur d’or qui vient de découvrir une miette du précieux métal après avoir passé cinq mois à faire ses besoins dans des buissons et qui, incapable de réfréner son envie de partager cette trouvaille, se dit quand même que son euphorie et son orgueil vont dissiper son aura de pionnier. Cette option, je pense l’avoir brillamment illustrée avant-hier avec The Design Inspiration, même si vous vous êtes bien gardés de saluer mon geste (à moins que vous n’ayez tous été victimes d’un syndrome de Stendhal). La deuxième, plus amusante, est de rempiler sur un billet incendiaire et propre aux figures de style les plus couillues, ce que je m’apprête à faire, au moins pour la partie de l’incendie. Car très franchement, cette cuvée 2009 de Victory Road était purement et simplement minable, la TNA étant parvenue à accoucher d’un sérieux prétendant au titre de pire pay-per-view de l’année. Je ne sais pas ce que la référence du journalisme en slip, Dave Meltzer, en a pensé, mais s’il ne s’est pas crevé les yeux avec sa télécommande, il mérite qu’on lui offre une casquette John Cena.

Il suffit d’un peu de reverse engineering pour lister les tares de cet évènement dont l’affiche promotionnelle fut sans doute le seul élément regardable : un booking invraisemblable et peu inspiré à base d’arbitres corrompus, distraits ou hors-services, des résultats que même Madame Soleil aurait pu prévoir, des ratages aussi navrants qu’hilarants, une absence totale et honteuse de la X Division au profit d’un catfight d’un inintérêt sportif à vous faire réévaluer les combats de boue de Fort Boyard, des athlètes qui font le minimum syndical ou ne parviennent pas à compenser les faiblesses imposées par leur âge et, wait for it, Bobby Lashley. Non, il n’a pas catché ce soir là (et ça ne lui arrivera pas souvent vu qu’il veut briller en MMA), juste officialisé sa signature, ce qui est déjà un drame vu le charisme de planche de contreplaqué qui est le sien.

Impossible de doter ce fiasco d’une hiérarchie, on va donc suivre l’ordre de la soirée et commencer, pour une fois, par la division féminine. Pas pour vous vanter les mérites plastiques des Beautiful People ni pour saluer les qualités d’athlète de Tara (connue en tant que Victoria à la WWE) mais pour signaler une première incompréhension. Un premier flot d’incompréhensions même. Certes, l’arbitre sexuellement soudoyé par une des belligérantes, c’est assez inédit. Mais bon sang, quelle idée d’avoir filé la ceinture des Knockouts à Tara une semaine avant le show si c’est pour lui reprendre aussi sec ! Et qu’est-ce que c’est que cette fédération où, lorsqu’un arbitre est ouvertement soupçonné de corruption via un segment backstage, on le laisse prendre part à un combat ultérieur ? Qu’est-ce que c’est que cette fédération où, sous prétexte que le coup de sang vient d’en face, on le laisse attaquer un officiel en guise de représailles sans le sanctionner ? Plus que jamais, la vérité est ailleurs, sûrement dans une des poches du blouson de Vince “Fire me” Russo ou dans la housse de raquette de Jim Cornette.

Une pyramide humaine, ça ne s'improvise pas

Une pyramide humaine, ça ne s'improvise pas

Passons donc à Matt Morgan et Christopher Daniels. Concernant le premier, je tiens à dire qu’il m’est de plus en plus sympathique, son statut de “force de la nature prête à tout pour rejoindre la Main Event Mafia mais attention, faudrait quand même pas trop le prendre pour un con” lui allant à ravir. Morgan n’est sans doute pas le poids lourd le plus captivant sur le ring, mais son physique hors-normes et sa façon de le vendre en font un prétendant crédible aux plus hautes distinctions. Malheureusement, on ne peut pas en dire autant de Daniels qui, en plus de se présenter avec une blessure au genou, n’est vraiment plus à la hauteur des affrontements mémorables qu’il livrait il y a sept ans de cela. Et pourtant, ces deux-là ont signé l’une des rares joutes potables de ce non-évènement. Il en va de même pour Abyss et le Dr. Stevie, dont la feud a de la tenue à défaut d’avoir de l’importance. Hormis quelques prises bien senties, on retiendra surtout le fait qu’Abyss commence à se détacher de son personnage de gros nounours schizo pour redevenir le dangereux colosse qu’il était par le passé, en témoigne le retour de sa tenue de cuir et l’absence de résistance quasi-totale du pauvre Stevie. En revanche, si les idées type fausse électrocution au tazer pouvaient rester dans les cerveaux malades de leurs auteurs, ce ne serait pas un mal.

Arrivent Team 3D et la British Invasion et on se dit que ça y est, c’est à cet instant que tout va partir en sucette. Déjà, les deux équipes sont en lice pour les ceintures IWGP. Pourquoi pas, mais dans ce cas, il aurait été bienvenue de faire plus grand cas de ce titre japonais lorsqu’il était à la taille des époustouflants Motor City Machine Guns. Et puis c’est bien beau de vouloir chauffer l’audience en déballant tout son attirail, mais le faire sans franchir les limites du bon sens, c’est mieux. Genre sans sortir une table au cours d’un match sans stipulation particulière pour ensuite ne pas s’en servir, et ce même si le type à la chemise rayée ne s’en offusque pas le moins du monde. Quant à la partie physique de ce ménage à quatre, elle ne restera pas dans les annales, pas plus que celle proposée par Beer Money Inc. et la Main Event Mafia, Roode et Storm ayant visiblement été bridés pour donner du relief aux quinquas rouillés d’en face. Leur rencontre a été d’autant plus regrettable qu’elle a vu une équipe fabuleusement bien rodée se faire déposséder de son titre par deux types sans autre histoire commune autre que celle d’avoir été largement reconnus en tag team au cours de leurs carrières respectives, soit au sein de Harlem Heat pour Booker T. et au sein des Steiner Brothers pour Scott Steiner. Sans parler du dénouement de la chose, catastrophique : aveuglé par un jet de bière qui ne lui était même pas adressé (!), le vieux Earl Hebner rate le pinfall de Beer Money avant de remonter sur le ring plus vite que James Storm (!!) pour celui de la MEM. Bien entendu, Botchmania ne s’y est pas trompé.

Catch : Victory Road 2009

"Hulk smash !"

Ha, si j’en crois la photo ci-dessus, bien plus marquante que le duel auquel elle correspond, je viens de faire une entorse à mon programme digne de celle que provoquerait un Ankle Lock s’il était réellement appliqué. Avant la débâcle des buveurs de bière, j’aurais dû vous parler de Kevin Nash et A.J. Styles, mais on s’en fout, vu l’incohérence de ce Victory Road, on va pas lui faire l’honneur d’une review bien articulée. Alors, que retenir de cette dispute du Legends Championship ? Que ça aurait pu être pire et, surtout, que Nash a de longues jambes et qu’A.J. Styles mérite vraiment mieux que cette position d’intermittent du bump qu’il occupe. Au regard des exploits dont il s’est fendu à la TNA depuis ses débuts, Styles devrait en effet truster le haut de la carte depuis belle lurette. Las, il ne va pas régner sur la compagnie de sitôt si on continue de l’offrir en pâture à des quasi-retraités, comme ce fut le cas avec Nash : un squash de deux minutes à iMPACT et dix minutes de résistance au pay-per-view, circulez, y a rien à voir. Et prière de ne pas vous arrêter devant Sting et Samoa Joe, sauf pour le magnifique botch du premier en fin de match, incapable de vendre le Muscle Buster de son cadet, pour la révélation sans tambours ni trompettes de l’identité du manager de Joe (Tazz, figure de la ECW originelle qui a vraiment donné tout ce qu’il avait en félicitant son poulain quelques secondes) ou s’il vous prenait l’envie de réaliser une étude sur les mérites comparés de Joe avant sa gimmick de la Nation of Violence et après. Un indice chez vous : Francis Cabrel.

On termine sur un main event tout ce qu’il y a de plus banal, à savoir la sanctification de Kurt Angle par sa victoire sur Mick Foley. L’un pèse tellement lourd dans le fonctionnement de la compagnie qu’on le fait gagner même s’il est blessé, l’autre a beau se tenir encore à peu près correctement entre les cordes, il serait plus avisé de réserver sa chaussette à ses jeux sexuels et de laisser sa place aux jeunes talents qui se tournent les pouces à Orlando. Sans quoi, la TNA va se retrouver dans la même position que Raw, c’est-à-dire sans nouvelles superstars crédibles alors que celles en place s’essoufflent de plus en plus. Oh mais attendez, à cause de ce monopole de la Main Event Mafia, c’est déjà comme ça. Pas étonnant, dès lors, que ce requin mégalo d’Hulk Hogan se dise intéressé par un baroud d’honneur chez Jeff Jarrett. Sur ce, comme je ressemble à un Portugais en froid avec Mère Nature, je vais me raser. On se retrouve un de ces quatre pour Hard Justice.

Catch : Victory Road 2009

"Kurt ! Laisse-moi remettre ma chaussette, je t'en prie !"


Victory Road 2009 – 19/09/2009 – TNA iMPACT! Zone, Orlando, Floride
  • Angelina Love Vs. Tara (c) (TNA Women’s Knockout Championship)
  • Christopher Daniels Vs. Matt Morgan
  • Abyss Vs. Dr. Stevie (No Disqualification Match)
  • The British Invasion Vs. Team 3D (IWGP Tag Team Championship)
  • Jenna Moresca Vs. Sharmell
  • Kevin Nash Vs. A.J. Styles (c) (Legends Championship)
  • Beer Money Inc. Vs. The Main Event Mafia (TNA World Tag Team Championship)
  • Samoa Joe Vs. Sting
  • Kurt Angle Vs. Mick Foley (TNA World Heavyweight Championship)

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