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Mais j'aime pas Goldman, hein

Publié le 27 août 2009 par Francisbf

S'il y a bien une chose dont j'aurais du mal à me passer, c'est de marcher. Ca me prend comme ça. Généralement, sans élément déclencheur, y'a pas de préparatifs compliqués, si j'ai des chaussures et que l'envie s'en fait sentir, j'attrape mon blouson et je sors. Parfois avec une destination vague, rarement la même, aller à la Vache Noire ce soir, le mois dernier à la Tour Eiffel, quand j'étais à Rennes aller au centre-ville ou à la gare, le long du Léguer pendant un stage, le long de la mer pendant un autre... Et je marche. J'avale le bitume, je piétine les galets qui roulent sous mes pieds, j'écrase l'herbe rase, avec parfois un oeil pour le paysage, le plus souvent le regard braqué sur mes pieds. Des fois jusqu'au but fixé, des fois moins loin, des fois plus.

Une fois arrivé, souvent, je fais demi-tour et je rentre de suite, parfois je m'allonge, je sors un bouquin, je pose mes lunettes, je tente de dormir malgré les insectes. Globalement, mes randonnées ne servent à rien. Juste à marcher. Aucune pensée d'exercice physique là-derrière, si je veux faire du sport, je m'achète une Wii. Et je m'y refuse.

En fait, je ne sais pas trop pourquoi je marche. Souvent, c'est pour ne pas avoir à supporter les récriminations culinaires de mes colocs, mais pas forcément. Juste j'aime bien. Surtout le soir. Je pars tard, et je rentre au crépuscule, parfois plus tard. Des fois, je pars alors qu'il fait déjà nuit. Ca donne le temps de respirer (oui, même à Paris), de ne pas penser, et d'être moi-même, sans avoir à jouer le copain, le cousin, le frère, le con du net, n'être rien qu'un marcheur, vide. Personne. Perdu, et retrouvé (c'est beau comme du Marc Lévy, j'ai des pulsions comme ça des fois, un petit paragraphe de cliché pour midinette, pardonnez-moi). Perdu au sens propre, des fois.

J'aime bien quand je ne rencontre personne. Ce qui arrive souvent, vu que je pars tard, et parfois dans des coins paumés (oui, du côté du Sillon de Talbert, à 21 heures, y'a personne même en été, et encore moins dans la campagne lozérienne à minuit). Ca m'évite de lancer la boîte à fantasmes dans laquelle je fais preuve de super connaissances en krav-maga parce que tout passant est un agresseur potentiel quasi-ninja. C'est agréable sur le moment, les fantasmes de super-héros, mais après, j'ai honte d'avoir un cerveau formaté TF1. Je préfère donc avoir juste le vent, les nuages, les vagues (oui, là, tout de suite, la Bretagne me manque un peu. Un peu grave).

Avancer sans réfléchir, c'est bien, mais c'est pas facile. Au bout de quelques minutes, on se rend compte qu'on a fait le vide, et paf, les idées s'enclenchent, en général une idée, toute seule, qui tourne en rond en se répétant sur plusieurs tons. Pas très productif, pas même de quoi faire une note de blog, souvent. En fait, en règle générale. Sauf si je pars pour ça (ce qui est très rare, ouf. C'est arrivé il y a quelques jours, en rentrant de Paris à pied pour contrer la grève de RER, et en me disant que ça servirait à quelque chose de marcher, mais c'est rare rare rare).

Je ne fais pas du tout ça comme exercice physique, et pourtant, j'aime bien quand je le ressens comme ça. Quand mon t-shirt est collé à mon dos par la sueur, quand mes pieds râlent, quand mes genoux se mettent à ne plus vouloir se plier, et que je continue, moins vite, mais régulièrement. En lâchant entre mes dents serrées des petits râles de douleur, pour la forme, ça fait cow-boy blessé, j'aime bien.

Puis je rentre, et la magie disparaît, le monde réapparaît, Michael Jackson est mort, internet est passionnant, il faut penser à l'avenir et toutes ces sortes de choses.

Zut.

Bon, au moins, cette note de blog m'aura fait réaliser quelque chose : c'est quand même tout seul que je me sens le mieux.

Par moments.

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