Magazine

À l’enfant que jamais je n’aurai

Publié le 17 août 2009 par Tourments
Il y a bien longtemps déjà, je te tenais dans mes bras. Petite enfant aux yeux bleus si brillants, tu me comblais de tes gazouillis et de ton amour inconditionnel semblant infini. J’apprenais au même rythme que toi, petite enfant qui découvrait le monde à un rythme effarant. Que de plaisir d’entendre tes premiers mots, d’assister à tes premiers pas, de célébrer tes réussites, tu as grandis malheureusement trop vite. Sept ans de ta vie ai-je partagé, avant de devoir m’envoler. J’ai perdu plus d’une décennie à te chercher, avant de pouvoir enfin revenir dans ta vie. Tu as bien changée tu sais, devenue froide et distante, petite enfant aux yeux bleus si brillants. Je ne te reconnais plus, toi qui n’as jamais été mon enfant.
Il y a bien longtemps déjà qu’en septembre tu es né. Petit homme insécure et fragile, semblant toujours seul sur son île. Sous mon aile je t’ai pris, lorsque personne ne s’emblait en avoir envie. Rejeton rejeté par ses proches éloignés, mouton noir dès le départ, je ne voulais que te protéger. Par-delà les limites, je t’ai aimé, petit homme insécure et fragile, mon cœur tu as volé. Du haut de tes trois pommes, mon monde tu as changé, jusqu’au jour où nous avons eut à nous séparer. J’ai perdu plus d’une décennie à te chercher, avant de pouvoir enfin revenir dans ta vie. Tu as bien changé tu sais, devenu enragé et révolté. Je te comprends que trop, même si ma présence ne change maintenant plus rien à tes yeux pleins d’eau. Je ne te reconnais plus, toi qui n’as jamais été mon enfant.
Il y a si longtemps déjà, en moi je t’ai porté. Dans une période si trouble, qu’à jamais j’en suis marquée. Te chérir et te garder, je l’ai tenté. En moi, tu n’as su demeuré. Peut-être entrevoyais-tu déjà le monde, à quel point il est méchant et immonde. Peut-être un ange as-tu décidé de devenir, de rester. Je t’ai perdu il y a plus d’une décennie, mais dans mon cœur encore, tu survis. Petit enfant jamais devenu que j’ai porté, sur mon âme, ta trace tu as laissée.
Il y a déjà trop longtemps, j’ai décidé de ne pas avoir d’enfant. Ceux que j’ai aimé qui n’étaient pas miens, sont maintenant si loin. Celui que j’ai porté, au paradis il est resté. La vie m’a fait comprendre que nous ne choisissons pas nos enfants, mais que c’est eux qui nous choisissent. La vie m’a fait comprendre que j’ai eut des enfants passagers, éphémères comme une fleur de printemps. La vie m’a fait comprendre qu’eux seuls ont été, ma chair et mon sang, l’espace d’un long instant…
Photobucket

Retour à La Une de Logo Paperblog