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Avis de grand calme à La Rochelle

Publié le 30 août 2009 par Philippe Thomas

Le PS n’est plus ce qu’il était. Faut-il s’en plaindre ? Traditionnelle mise en route militante et surtout médiatique, son université d’été n’aura sans doute  jamais semblé aussi sage et studieuse. Des ateliers de haut niveau et bondés (comme tous les ans) mais pas de barnum médiatique ni de petites phrases sur le parvis de l’encan. «Possible qu’il y ait eu une consigne de silence en haut et que finalement, la discrétion arrange tout le monde », m’expliquera un camarade bien introduit… Surtout pas de vagues. Cette université d’été socialiste aura été à l’aune des coefficients de la marée, remarquablement bas ce week-end. Peu de petites phrases, donc. Moins de monde que l’an dernier peut-être mais plus de convivialité avec notamment le retour du grand banquet du samedi soir.


C’est pourquoi, au terme d’un gros quart d’heure d’attente ce samedi après-midi, mon tableau de chasse restait désespérément pauvre en éléphants. La Rochelle n’est plus le Festival de Cannes des petites vacheries médiatiques. C’est plutôt Avignon avec un « off » aussi important que le festival « in ». Catégorie dinosaures, j’ai croisé Louis Mexandeau hélant joyeusement un camarade eurodéputé, Pierre Mauroy cornaqué par Jean-Michel Rosenfeld, Jean-Pierre Chevènement portant d’épaisses lunettes noires et lui-aussi piloté par une petite garde rapprochée. Catégorie éléphanteaux, j’ai reconnu Razzy Hammadi causant à son téléphone, Jean-Christophe Cambadélis gominé et bronzé, Gérard Filoche petitement entouré après la signature de son énième bouquin, Sandrine Mazetier, élue députée contre le médiatique Jean-Marie Cavada, Henri Weber l’eurodéputé cher aux Limousins et la sportive Safia Otokoré, en quête d’implantation entre Bourgogne et Yvelines.


En matière d’éléphants, je n’ai guère aperçu que Rebsamen entre téléphone et conciliabules et surtout Fabius, impeccable dans son costume sombre, la tête légèrement penchée et les yeux mi-clos, l’index posé sur le menton. Fabius avait l’air très attentif au boniment d’un prodigieux emmerdeur particulièrement remonté contre le patronat en Normandie. Fabius opina du chef à plusieurs reprises avant de conclure qu’il n’était évidemment pas du tout sur la même ligne que le MEDEF. L’autre manifesta alors les signes de la plus vive béatitude sous l’onction des bonnes paroles fabiusiennes. Sur ce, Fabius s’éclipsa. Il faut être prodigieusement patient pour réussir en politique.


Quelques rares caméras quêtaient le quidam à défaut du VIP, ce samedi. J’ai un copain comme ça qui passera peut-être sur France 5 mais il n’est pas sûr « d’avoir dit ce qu’il fallait dire ». La bousculade médiatique sera seulement pour la grand messe de dimanche matin. Mais au final, le PS ne se sera pas fait de religion sur grand chose, à part le maintien de son université d’été à La Rochelle. Martine Aubry a bien parlé, l’opération de communication a été rondement menée. Les militants voteront en octobre sur les primaires et tout le monde est réconcilié. Point.


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