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Le dissident russe Vladimir Boukovsky à l'Université d'Aix-en-Provence

Publié le 31 août 2009 par Francisrichard
Le dissident russe Vladimir Boukovsky à l'Université d'Aix-en-Provence Le 25 août 2009, Vladimir Boukovsky [photo ci-contre, prise par votre serviteur], le dissident russe, a pris la parole à l'issue de la deuxième journée de la 31ème Université d'été de la Nouvelle Economie (ici) [1], qui se déroule depuis 31 ans à l'Université Paul Cézanne d'Aix-en-Provence, à l'exception de l'interruption de l'an passé. 

Sa conférence avait pour thème : Comparaison entre l'Union européenne et l'URSS, thème qui a fait l'objet de son dernier ouvrage, paru il y a quatre ans aux éditions du Rocher (ici) et intitulé L'Union européenne, une nouvelle URSS ?.

Pour les jeunes internautes il faut rappeler que Vladimir Boukovsky, avant d'être échangé par l'URSS, à l'âge de 34 ans, en 1976, contre le communiste chilien Luis Corvalan, a séjourné au total 12 ans en camp, prison et asile psychiatrique soviétiques. Il s'est rendu célèbre dans le monde libre à la faveur de la sortie son livre, au titre évocateur, Une nouvelle maladie mentale en URSS : l'opposition, publié au Seuil en 1971.

Lors de son intervention Vladimir Boukovsky a souligné les similitudes qui existent entre l'Union européenne et l'Union soviétique. Toutes deux ont la caractéristique d'être dirigées par des personnes non élues, la Commission et le Politburo, d'être contrôlées par un parlement réduit à l'impuissance, le Parlement européen et le Soviet suprême, d'être administrées par des technocraties composées de centaines de milliers de personnes jouissant de gros salaires et de privilèges exorbitants.

Si l'URSS s'est constituée par la contrainte militaire, l'UE se constitue par la contrainte économique. C'est quand l'URSS a cessé de se développer qu'elle s'est écroulée. Il est vraisemblable qu'il en sera de même avec l'Union européenne qui ne cesse de s'élargir. Avec l'Union soviétique il s'agissait de créer la nationalité soviétique, abolissant les nations, traditions et coutumes du passé. Il semble que ce soit bien le même but recherché par l'Union européenne qui veut leur substituer la nationalité européenne.

La corruption régnait en URSS, du haut vers le bas. L'Union européenne n'a rien à lui envier. Le déni de démocratie qui caractérisait la défunte URSS se retrouve de même dans l'Union européenne qui ne tient compte que des votes populaires favorables et refuse de tenir compte des votes contraires. Elle fait voter encore et encore, jusqu'à ce que les peuples fassent enfin le bon choix, celui de leur esclavage programmé.

Le politiquement correct a remplacé le goulag : il n'est pas bon aujourd'hui comme hier d'être un dissident. Vous risquez de le payer cher, d'être puni, d'être baillonné. 32 crimes ont été inventés, répertoriés pour vous condamner. Vous n'avez plus le droit, par exemple, de vous exprimer librement sur des sujets devenus tabous tels que la race ou la sexualité et encore moins d'en faire des sujets de plaisanteries. C'est le commencement de la perte de liberté et celui du goulag. C'est ainsi que l'Autriche a été frappée d'ostracisme parce que son peuple avait élu le mauvais gouvernement, aux yeux des élites de l'Union européenne.

L'Union soviétique, après s'être écroulée, est devenu un champ de ruines et le théâtre de guerres ethniques. C'est ce qui attend l'Union européenne, qui, tôt ou tard, subira le même sort. Certes, à l'Est, le communisme s'est installé violemment, et, à l'Ouest, la social-démocratie s'installe graduellement. Mais au final le résultat est le même parce que le but recherché est le même : l'instauration du paradis sur terre, bon gré, mal gré, et surtout mal gré.

Cette similitude entre l'Union européenne et l'Union soviétique n'est pas le fruit du hasard. Cette convergence a été voulue, même si elle a finalement échoué avec la réunification de l'Allemagne, qui a remis en cause les plans de Gorbatchev et des gouvernements socio-démocrates qui le soutenaient. Cette réunification a été un réel désastre pour lui. Vladimir Boukovsky pense que cette convergence se poursuit entre Vladimir Poutine et l'UE, qui paraît bien indulgente à son égard...

Vladimir Boukovsky répond alors à des questions. Pour lui  la solution, pour se sortir de ce piège, est de revenir à un espace économique européen et de renoncer désormais à toute construction politique européenne. Pour ce qui concerne le réchauffement climatique, il pense que d'en faire un problème global permet de faire croire que la solution ne peut être que globale et qu'elle ne peut être mise en oeuvre que par un gouvernement global. Alors qu'en réalité le changement climatique est en corrélation avec l'activité solaire et n'a rien à voir avec l'activité humaine.  

La veille de cette intervention qui s'est achevée par des applaudissements nourris, Vladimir Boukovsky avait reçu, dans le jardin du Pavillon Vendôme, des mains de  Jules Susini, adjoint-délégué au maire d'Aix-en-Provence, la médaille de la ville, dessinée par Paul Cézanne. A chaque Université d'été de la Nouvelle Economie il est de tradition qu'un de ses invités reçoive ainsi cette distinction de la part de cette ville d'accueil. J'ai filmé pour les internautes ce moment historique au cours duquel Monsieur Susini, sous le coup de la chaleur et de l'émotion, a fait un lapsus qui lui sera pardonné en raison de sa grande gentillesse :


En tout cas ceux qui rêvent de construire le meilleur des mondes européen feraient bien d'écouter ce héros de la liberté justement récompensé à Aix, s'ils veulent éviter que leur rêve ne se transforme en un véritable cauchemar.

Francis Richard 

[1] Lors du dîner inaugural de cette année, l'invité d'honneur était le président tchèque Vaclav Claus. Dans son intervention ce dernier a remarqué que le titre de Nouvelle Economie n'était pas adéquat et qu'il lui faisait penser à l'économie keynésienne. Selon lui il vaudrait mieux parler d'économie éternelle. En fait ce titre de Nouvelle Economie est historique. Il avait été inventé par Jacques Garello, à une époque où l'on parlait des nouveaux philosophes et de la nouvelle cuisine, pour indiquer une rupture avec les idées économiques socialistes de l'époque.

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