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De Chateauvieux, "né dans un sac de sucre"

Publié le 01 septembre 2009 par Laurelen
Jacques de Chateauvieux se livre sans retenue dans cet entretien à La Tribune. Le tycoon réunionnais y estime notamment que "dans cette crise, le plus frappant c'est la disproportion entre le grand nombre de personnes qui en souffrent et le très petit nombre de ceux qui en sont à l'origine". Et que "ce qui s'est passé est un appel à la modération et à l'humilité. Ce n'est pas parce qu'on est très fort en maths que l'on est un demi-dieu!". Et pan dans les dents des traders fous ! Pas question pour autant que l'Etat vienne fourrer son nez dans les affaires des financiers : "ce n'est pas à l'Etat de dire ce qui est raisonnable ou pas en terme de rémunération. C'est à chacun, à chaque individu, de décider. Si on croit en l'homme, il faut prendre le risque de la liberté. Et s'il y a des excès, l'Etat doit fixer les limites, corriger et faire en sorte que cela serve d'exemple", énonce doctement Jacques de Chateauvieux.
Interrogé sur son manque de "patriotisme économique" vis-à-vis de la Réunion, l'homme d'affaires sort un peu de sa réserve de bon aloi : "qu'est-ce que ça veut dire le patriotisme économique? Soyons de bons chefs d'entreprises, pour nos clients, pour nos salariés, pour nos actionnaires. Ayons le souci de faire de grandes choses. Ne ménageons pas notre peine. Soyons humbles devant la réalité mais déterminés à s'améliorer en permanence et nous aurons fait œuvre d'utilité".
"Est-ce que vous êtes toujours un entrepreneur réunionnais?", lui demande ensuite le journaliste. Réponse de Jacquou : "Bien sûr que oui, je suis réunionnais! Je suis né dans un sac de sucre! D'ailleurs quand j'ai été nommé président du conseil de surveillance d'Axa, il y eu un enthousiasme, une fierté de beaucoup de Réunionnais. Est-ce que j'aurais dû continuer à faire du sucre, être maire de mon village, passer mes soirées à déguster du rhum face à mon allée de cocotiers qui donne sur la mer, au lieu d'être à des heures d'avion et de diriger un entreprise internationale? Je respecte les deux choix. Ce ne sont pas les mêmes rythmes, cela n'exprime pas la même dynamique."
Et de conclure par cette envolée lyrique : "La Réunion est vraiment une terre d'exemple, c'est une terre de peuplement et pas de colonisation. Chacun y est venu avec sa culture, sa religion. La seule distinction qui est faite, c'est entre les Réunionnais et les Zoreilles [un Français de métropole, NDLR]. Je suis en quelque sorte tombé dans la multiculturalité et la diversité quand j'étais petit et ça m'a énormément servi dans mon travail à l'international."
Bon, maintenant, on comprend mieux les manières un peu sirupeuses de Jacques de Chateauvieux : quand on est né dans un sac de sucre...

François GILLET


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