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Les larrons corbeaux pornographes

Publié le 01 septembre 2009 par Desfraises
Elisabeth alias Babby est née dans un champ de livres au bord de la rivière Joie de Vivre. Ça n’est pas étonnant qu’elle ait semé chez d’autres la passion de lire.
J’étais jeune quand nos chemins se sont croisés. Mes parents m’envoyaient au centre de loisirs qu’elle dirigeait. Je me souviens d’une punition particulièrement injuste qu’elle m’avait infligée. J’étais le toutou qui suivait les caïds dans leurs jeux interdits. Un jour, hissé sur la branche d’un prunier, j’entends les copains avec qui je me bâfrais de prunes qui détalent. La directrice surprend le couillon qui n’a pas eu le temps de prendre les jambes à son cou. Le couillon, c’était moi et j’ai payé pour les autres. J’ai balayé tout le centre, rageant contre cette ¤*¤#^*¤*#^¤ qui allait devenir une amie. 25 ans que ça dure. C’est elle qui m’a donné le goût de la littérature. Dans sa tête ont fleuri mille projets, dont une troupe de théâtre que j’ai intégrée, L’Atelier des Mômes. Elle, l’Olive, Patricia, Laurence et d’autres animateurs, nous faisions régulièrement les branquignols.
L’idée de mon vrai-faux mariage est née dans ce centre de loisirs.
Un autre jour d’été, nous avons marié les gamins entre eux. Devant une foule de parents ébaubis, nous avons célébré en grande pompe des unions enfantines, rigolardes et un poil limite. Personnellement, je portais pour cacher ma nudité un carton accroché à mes épaules par de la corde. On maria même un couple de chiens qui foulèrent la jonchée pour recevoir la bénédiction du vrai-faux maire, joué par un gosse, fier comme un pape.
J’ignore si c’est Babby qui a eu une mauvaise influence sur moi, ou moi une mauvaise influence sur elle. En tout cas, nous paraphions d’une même signature les conneries que nous organisions et les beaux projets qui embarquèrent des centaines de mômes et d’adultes.
Dans la série des couillonnades, il y eut cette lettre que nous avions envoyée à une habitante du village. Une emmerdeuse, irascible propriétaire d’un teckel hystérique, que nous avions décidé d’emmerder. Autour de la table, nous étions 5 ou 6 larrons, affairés à rédiger une déclaration d’amour fou, méchamment lubrique, destinée à l’emmerdeuse et signée par l’un de nos malheureux collègues qui ignorait tout de la machination. L’enveloppe scellée et postée, plus moyen de revenir en arrière. La suite ? Un scandale avec pour protagonistes le dindon de la farce, les parents du dindon, l’emmerdeuse, le teckel et les larrons corbeaux pornographes qui se tordaient de rire.
Aujourd’hui, Babby est une maman et une épouse comblée, résidant au 13, rue de la Cuisse folle 13440 Tavachy-pas-sur-Yvette. Elle est la maîtresse de Niouk.
Toute ressemblance avec des personnes existant ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être fortuite.
P.S. au fait, *j*o*y*e*u*x* *a*n*n*i*v*e*r*s*a*i*r*e* *E*l*i*s*a*b*e*t*h*
(Réédition du 15/09/08)

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