Magazine Humeur

Revue de Pignouferies

Publié le 03 septembre 2009 par H16

C’est en prenant connaissance, ce matin, des derniers billets des Kiwis que je suis tombé, hilare, sur les aventures encore une fois rocambolesques de la Pudibonde du Poitou. Et cette fois-ci, entre ses gesticulations et le penchant naturel de la presse française pour partir en sucette dès que l’occasion se présente, nous disposons véritablement d’une magnifique illustration du n’importe quoi gluant (mais amusant) dans lequel s’ébroue cette Partie du Pays qui Pense.

Et pour ce nouveau chapitre des Pignouferies de Presse, on va pouvoir ratisser large avec du Bigaro, du Labération et de l’Agence Fausse Presse…

Pignouferies de Presse

Tout commence, comme d’habitude, par une ségolade de notre sémillante championne des échecs électoraux.

En gros, une organisation non gouvernementale met en place, en parallèle aux préparations par l’ONU du Sommet de Copenhague, la présentation d’un texte sur les énergies durables par des représentants élus de différentes régions du monde entier.

Ici, on a donc une simple 2CV, modèle standard, disons de couleur verte.

En traduction royale, l’engin prend des proportions assez stupéfiantes :

«Le responsable du programme des Nations Unies pour le Développement m’a demandé, et j’en suis très honorée, d’être la représentante mondiale au niveau des Nations unies pour la coopération décentralisée sur les énergies renouvelables. C’est à ce titre que le 21 septembre, je serai à l’ONU pour représenter ces régions du monde pour la préparation du Sommet de Copenhague.»

Et là, on passe à une version entièrement custom, d’un rouge flamboyant, moteur entièrement repensé et boosté à 20CV, paupières de phares et calicots agressifs sur les portières, klaxon 12 tons et prises d’air massives sur le capot. Minimum.

Et comme nous sommes dans les Pignouferies de Presse, voici ce que ça donne en version officielle :

«Ségolène Royal (PS) a déclaré mercredi à Poitiers que le programme des Nations unies pour le Développement (PNUD) l’avait « sollicitée » pour lui confier « une mission », sur fond de controverse sur la nature exacte de ses relations avec l’organisme international.»

Bon. C’est le PNUD, ou pas ? C’est une mission, ou pas ? Elle l’a déclaré, ou pas ? Côté Figolu, c’est clair : il s’agit d’un gros mensonge :

«Le Pnud précise que Royal n’est pas son ambassadrice. Contrairement à ce qu’affirme le site Désirs d’avenir, Ségolène Royal n’a jamais été nommée ambassadrice contre le réchauffement climatique par le programme des Nations unies pour le développement (Pnud).»

Ah ah ! Nous voilà sur une piste ! Ce n’est donc pas Ségo qui se serait affublée d’un titre d’ambassadrice. Ce serait Désirs d’Avenir. Cependant, quand on lit le petit texte correspondant, on voit bien que le titre d’ambassadrice n’y est tout simplement pas.

Zut et rezut. Alors que cette vérification semble pourtant à la portée du premier journaliste venu, elle n’a pas été faite par ceux du journal à droite de la gauche. Et pour les journalistes du journal à gauche de la gauche, il s’agit surtout de répéter ce qui a déjà été dit, démenti, confirmé et déformé par eux et les autres dans les articles précédents.

Un lecteur moyen qui tenterait de faire une revue de presse à ce moment ne sait plus exactement ce qu’il en est. Les questions initiales tiennent toujours : PNUD ou pas ? Mission ou pas ?

Heureusement, l’Agence qui Fait un peu Pitié vient dissiper le brouillard avec son défoliant opaque :

Ségolène Royal (PS) a réaffirmé mercredi que le PNUD l’avait « sollicitée » pour lui confier « une mission », tout en soupçonnant l’Elysée d’avoir suscité une polémique sur ses relations avec cet organisme.

« Je ne me suis jamais prétendue ambassadrice de quoi que ce soit. Je n’ai rien demandé. J’ai été chargée d’une mission » par le PNUD, a proclamé à nouveau la présidente de Poitou-Charentes, en marge de l’inauguration à Poitiers du lycée Kyoto, « premier lycée d’Europe de l’après-pétrole ».

Pov’Ségo. Elle n’avait rien demandé et la voilà mêlée à tout un tas de méchantes tracasseries. A peine avait-elle esquissé qu’elle était désignée comme la représentante mondiale au niveau des Nations unies, ce qui est nettement plus modeste, vous en conviendrez.

Mais non. La presse chipie et la méchante opposition continuent de lui chercher querelles. Et là, on touche au grandiose : puisque le terme « ambassadrice » n’était, finalement, présent nulle part si ce n’est dans la bouche de ceux qui la traitaient de menteuse, rabattons-nous sur le terme de « mission », dont le PNUD déclare qu’il a une connotation particulière et ne peut pas être employé  dans le cas (vasouillard) de Royal.

Uninvolved

On peut noter qu’il n’y aurait pas eu lieu de se trouver cette échappatoire si on n’avait pas bêtement relayé les âneries de l’autre andouille de Lefebvre, troll officiel de l’UMP, et qu’il suffisait de s’en tenir aux déclarations initiales du Dindon pour se rendre compte qu’encore une fois, son égo XXL lui jouait des tours.

Il semble qu’encore une fois, on ait pris le parti de faire du foin au lieu de passer sous silence les lubies d’une personne en plein naufrage intellectuel. Ce n’est pas forcément inhabile en ce que ça permet, finalement, de faire du papier.

Entre sÉGOlène dont la modestie n’est pas le point fort et la qualité générale de la presse qui n’a guère besoin de beaucoup d’éléments pour s’emballer et dont la nécessité à faire du scandale est plus prégnante au fur et à mesure que son lectorat fuit, il n’était pas étonnant qu’une affaire aussi banale se transforme en un véritable concours de ridicule…


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