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Graine de cuistre

Publié le 07 septembre 2009 par H16

En 2005, Jean-Paul Brighelli avait pondu un livre, la Fabrique du crétin (dont je parle ici), dressant un constat sans appel sur l’Edulcoration Nationale : catastrophe en cours, elle ne revenait, finalement, qu’à produire des élèves au niveau toujours plus bas. Et il faut bien noter que plus ça va, et plus les diplômes proposés « explorent le monde des possibles », pour le dire pudiquement (comme, par exemple, la Licence de Clown à Lyon), montrant que le but initial, former des adultes pour une vie utile à la société, a été depuis longtemps oublié.

L’actualité permet cependant de trouver un vrai débouché à certains élèves, et notamment aux plus cuistres d’entre eux…

Et c’est Libération, spécialiste des vrais combats de demain,  qui nous fait découvrir le grand gagnant 2009 de la Grève Academy : Tristan Sadeghi.

Son nom ne vous dit rien ?

Il s’agit pourtant du probable remplaçant de Julliard dans les trajectoires météoritiques issues de mouvements lycéens puis étudiants pilotés par la gauche et le syndicalisme franchouille partant de rien pour aller aux plus hautes sphères des piques-assiettes élus.

Notre insupportable lycéen s’était illustré, il y a quelques mois, en pleurnichant bruyamment sur son sort caliméresque qui avait mis en émoi la France entière (surtout celle qui fait des blogs) : le povtichou avait manqué l’exclusion de son lycée parce qu’ayant organisé son blocage pendant l’année, son proviseur entendait (quel culot !) lui faire signer un engagement à ne pas recommencer cette année.

Franchement, où va-t-on ? Si, maintenant, les proviseurs de lycées entendent obtenir le calme studieux nécessaire à l’enseignement dans leurs établissements, c’est le début d’une descente aux enfers. On commence comme ça, et on poursuit ensuite sur des exigences d’orthographe ou même de niveau général, pour terminer – horreur ! – par l’absence de politisation de l’enseignement, une année toute entière sans grève et un diplôme qui vaut quelque chose !

Intenable !

sadeghi

Au final, l’engagement de notre Tristan, douille (i.e. partie creuse et cylindrique de certains instruments) d’une gauche arquée sur son immobilisme en matière d’éducation, il ne l’a bien évidemment pas signé, et il l’a même utilisé pour montrer au reste du monde que l’état était contre lui, snif snif snif.

Depuis, le lycéen s’est mis d’accord avec le proviseur sur un accord purement oral, accord qu’il ne manquera pas d’oublier dès lors qu’une occasion médiatique se présentera.

D’ailleurs, il a déjà commencé à perturber ses petits camarades (pas ceux de lutte, ceux de classe) en faisant une rentrée remarquée dans son lycée et en proclamant à qui voulait l’entendre qu’il avait créé un nouveau syndicat étudiant, jugeant les autres trop mous.

A la lecture des articles du Figaro et de Libération, on apprend ainsi que le petit syndicaliste des bacs à sable a déjà réussi à se faire récupérer par le syndicat SUD, après avoir été gentiment sponsorisé par Mélenchon, vieux stalinien aigri dont les gesticulations contre-productives pour l’extrême-gauche sont bien le seul intérêt politique.

Et pour les besoins du nouveau syndicat lycéen, le représentant de SUD tente  la création d’une légende : «Tristan est le symbole de la répression», explique sans rire Florian Khanh.

Voilà : Tristan n’est plus une douille, mais un symbole !

C’est surtout le symbole que l’EdNat a réussi, au travers des mouvements et soubresauts qui la traversent maintenant deux fois par an, à créer une filière toute particulière : le diplôme de syndicalisme, qui permet à de jeunes têtards qui n’ont jamais payé d’impôts, autres que la TVA sur leurs iPods et abonnements de GSM, de venir gémir sur les petites misères qu’ils endureraient supposément pendant leur formation tous frais payés et d’obtenir l’oreille attentive de médias beaucoup trop complaisants.

Intéressante formation qui aboutit à produire les futures élites de nos mouvement syndicaux pour les meilleurs (comprenez : les plus agités) et des chômeurs par milliers pour tous les autres.  Ici, Sadeghi prépare donc son diplôme de syndicaliste qui ouvre bien plus de portes qu’un bac ou le diplôme d’état d’une Sorbonne en décrépitude. Ses camarades de lutte seront vite oubliés : à l’instar d’un Julliard et, avant lui, des autres bigornaux accrochés à leurs rentes comme Thibault ou Chérèque, il suivra un parcours déjà bien tracé et finira sous les lambris d’un cabinet ministériel ou régional quelconque ou dans les bureaux confortables d’un responsable politique encore plus quelconque.

C’est maintenant évident : l’Ecole de la République ne produit plus guère avec succès que des polytechnicoïdes pachydermiques énarquisés à la NKM ou, à l’autre bout du spectre, des branleurs réformophobes polymorphes à la Sadeghi.

Je me demande ce que va donner le cru 2009-2010 de la Grève Academy.

….

Je ne peux que vous encourager à relire quelques articles qui permettent de constater, au fil du temps, la dégradation palpable de l’ambiance générale au sein de l’Education en France :

  • où l’on découvre que le CPE, personne n’en veut sauf 4 personnes et encore
  • les aventures de Julliard, frétillant crétin passé du syndicalisme lycéen à étudiant puis … politique
  • où l’on se rend compte que tout ceci était prévisible depuis un moment …

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